‹ Deux copainsChapitre 17 sur 27 · BERTHET · texte numérisé non relu

BERTHET

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1 — Viir le Loini'fii.

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cVétrangC3 idées. A votre phiee, jeanc homme, savez-vous ce que je ferais ? J'irais trouver Z/rt^«.'f/-(/. je lui demauderais une explieatii^n franche et précise en présence de ces dames.

FEECIIEÏTE

Alors pourquoi vous a-t-elle appelé ? Les amoureux ont d'étranges idées. A votre place, jeune homme, savez-vous ce (lue je ferais ? J'irai* trouver .7o/i/i, je lui demanderais une explication franche et précise en présence de ces daines.

Je le répète avec le hnirétit. la rencontre en littérature est une curiosité.

La réminiscence involontaire trop répétée constitue un manque d'originalité ; le démarquage, lui, est un vol calculé et constitue le plagiat, c'est-à-dire le brigandage littéraire, une des choses les plus honteuses qui soient.

C'est très vrai ; et, pour ne citer rpi'un exemple, quand M. Frécliette démarqua ré[»ître à Lamartine pour faire celle (j^u'il adres.sait de Chicago à M. Lemay, il fit une des choses les plus déhonorantes dont puisse se rendre coupable le dernier écrivassier.

Que dire donc de son Cddieux décalqué du Cii'lieux de M. Taché ?

Or, voyons ce qu'on me reproche. Un vers c^u'on dit emprunté à Lcconte de Lisle, un vera que j'ai écrit en 1SG2, (juand le peintre Falardeau a visitéQuéhec pourla première fois après son départ i)Our l'Europe. A cette époque. Leconte de Lisle avait publié des vers, si l'on veut, mais il était encore relativement inconnu même en France. Ce n'est qu'en 1875 on 1870 qu'on a entendu prononcer son nom pour la première lois au Canada.

LA r. ASTI DE RuUllK 0-3

M. Frécliette proLend que Leeonte de Lisle était relativement inconnu, en 18G2, même en France.

Pour prouver cpie Leeonte de Lisle était parfaitement connu des Parisiens, non seulement en 1862, mais dix ans auparavant, je transcris les lignes suivantes, publiées dans le Monde Poétique de 1884, sous la signature du poète Louis Tiercelin :

Le premier volume de Leeonte de Lisle, imprimé chez Dacloux, parut en 180:2, sous le titre de Poèmes Antiques. Un second volume, Poèmes et Poésies, fut édité,peu de temps après, par Taride, le prédécesseur, sous les galeries de l'Odéon, des éditeurs Marpon et Flammarion.

Larousse dit la même chose. On y peut lire, de plus, que les Poèmes et Poésies furent refondus. On peut aussi constater, en lisant la première édition de ce volume et les Poèin es Barbuirs du même auteur, publiés en 1862, qu'une grande partie de ce dernier volume — qui contient le vers que M. Fréchette a volé pour le glisser dans sa pièce au clievalier Falardeau, — -provient des Poèmes et Poésies édités en 1854.

Oui, quoi qu'en dise M. Frécliette, on connaissait en France Leeonte de Lisle non seulement en 1862, non seulement en 1852, mais bien des années plus tôt, puisqu'il est avéré qu'un poète n'édite ses vers en volume que longtemps après qu'il en a publié des spécimens dans les différents journaux et revues de son pays.

DEUX cor.vi.vs

Au fait, comment un écrivain pourrait-il espérer écouler ses livres s'il n'avait au préalable donné des preuves de son talent?

Et puis, en supposant que Leconte de Lisle ne tût pas généralement connu des Canadiens en 1862, est-ce que M. Fréchette, un homme du métier, devait nécessairement ignorer les vers de ce grand poète ?

Mais est-co cpi'il y a beaucoup de Canadiens qui connaissent Yann Nibor et Salvinien J^apointe ?

Ce qui n'empêche que M. Fréchette sait par cœur des vers du matelot-poète de la Bretagne et du cordonnier-poète de Paris, dont les moindres productions valent tout ce que le huiréat a publié.

D'ailleurs, M. Fréchette a d'autant moins raison d'essayer de faire croire qu'il ignorait Leconte de Lisle en 1862, qu'à cette époque le futur lauréat fréquentait Crémazie, qui était libraire et se faisait expédier par les grands éditeurs de France toutes les primeurs des poètes du jour.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à M. Fréchette, et laissons-le mentir tout son soûl.

On me reproclic aussi quatre moh que j'aurais volés à. >riiu' (le (lirar.lin. Or, ciuan»! ces quatre mots de moi furent I ubliés, ilau? le Journal de (^ ui bec, 'f étuis encore au collôgc, et ceux qui ont t'ait leurs études dans notre pays savent si les collégiens ont l'habitude de se plonger dans les œuvres de Mme de Girardin pour y cliorclier matière à plagiat.

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