LA BASTIDE ROUGE
FRECHETTE
Xiagaras grondants, blondes C!ali!brnics.
Ça commence bien.
LECONTE DE IJSLE
Grands aigles fatigues de planer dans les nnes.
FR '^.GUETTE Quand l'aigle, fatigué de planer dans la nue.
Ceci n'est pas trop mal, non plus.
CREMAZIE
Il est sous le soleil une terre bénie. FRECHETTE
Il est sons le soleil une terre bénie.
Très bien ! très bien I C'est frappant de ressemblance, et surtout c'est très bonnête.
VICTOR HUGO
Avec de vieux fusils- sonnant sur leur épaule.
FRECHETTE Avec de vieux fusils gelés sur leurs épaules.
Vous avouerez, M. Frécliette, cpio des fusils gelésne valent pas des fusils sonnants.
Aussi, est-ce dommage que vous ayez fdit un cbangement rpii accuse une intention criminelle.
CREMAZIE
Il est sons le soleil une terre bénie.
104 DEUX COPAIXS
J'ai transcrit de nouveau le dernier vers pour savoir si c'est le même que vous avouez avoir pris inconsciemment à Crémazie.
Si ce n'est pas ce vers, ça doit être le suivant :
CPvEMAZIE
J'ai longtemps ])i-omi'né ma course \agal)onde.
FRECHETTE Où l'avait 2iromené sa course vagal)onde.
A moins que ça ne soit l'antre :
CREMAZIE
Peuples, inclinez-vous ! c'est la France qui passe.
A genoux, opprimés 1 c'est la France qui passe.
VICTOR lIIGo Cit abîme où frissonne un tremlilemcnt larouclie.
FRECHETTE Où vil>re je ne sais quel tremblement larouclie.
Je parierais, moi, que c'est le dernier vers que le lauréat reconnaît avoir iiihté de A-^ictor Hugo, ou bien c'est celui qu'on va lire :
VICTOR HUc;o
On ne sait quel aspect farouche et menaçant.
FRECHETTE Je ne sais quel aspect larouclie d:; héros.
LA r.ASTlDE 1!0U<;K 105
Xon, M. Frécliette n'admettra point qu'il a volé son dernier vers à Victor Hugo, puisqu'il a remplacé f.t iiieiuiçtii'it par île héros.
VICTOR HUGO
Courbe ta large épaule et ton dos de granit.
FRECHETTE
Courbe sa large ét)auIo
Sous l'arche aux piliers de granit.
VICTOR HUOO
Qui dit : il faut monter pour venir jusqu'à moi.
FRECHETTE Et puis il faut monter pour aller jusiu'à toi.
J'aimerais bien voir M. Frécliette se décider, une
bonne fois, à nous dire lequel des vers il a pris à
Victor Hugo.
VICTOU IIU(.()
Qui t'arrache à ton piédestal.
FRECHETTE
Arrachée à ton piédestal.
M. Frécliette ne se décidera donc jamais à faire son choix et à nous dire quel vers il a involontai.re- )ncnt pris à son fétiche.
VICTOR HUGO Risquez-vous hardiment.
FRECHETTE
Risquez-vous hardiment.
lOG DEUX COPAINS
Risquez-vous donc hardiment à faire votre clioix^ M. Fréchette.
VICTOR HUGO
Ivre d'oml)rc et d'imuu usité.
FKECHETTE (}m vole ivre d'immensité.
VICTOR HUGO Qui fit voler an vent les tours de la Bastille.
FRECHEITE Toi qui jettes au vent les tours de la Bastille.
Choisissez, M, Frécliettc : il est encore temps
VICTOR HUGO
Da]is les urnes de la clarté.
Boire aux urnes de clarté.
VICTOR HUGO
L'été, quand il a plu, le cliamp est plus venneil, Et le ciel fait hnWex plu h fraU au beau soleil Son azur lavé par la pluie.
FRECHETTE
La tempête a toujours son lendemain vermeil. La pelouse a des tons plus verts après l'averse, Et l'azur vif oti nul nuage ne se berce Ne sait pas refléter les rayons du soleil.
LE FRERK ACHILLE
Et toi, beau Canada, (iiiand.}e lis ton l)istoin>. Ou que le souvenir rappelle à ma mémoire
L\ BASTIDK ROUCE 107
Ce que Dieu t'a donné De sang pur et fécond, do vertus jnaguaninics, Je ni'ccrie, admirant tes dévoûmtnts suljlinus : " Terre de mes aïeux, tu fus prédestiné."
FRECHETTE
Et toi, de ces héros généreuse patrie,
Sol canadien que j'aime avoj idolâtrie,
Dans l'accomplissement de tous ces grands travaux,
Qttand je pèse la part (jre le ciel t'a donnée,
Les yeux sur l'avenir, terre prédedinée,
J'ai foi dans tes destins nouveaux.