BARBIER
Quinze ans, cUepa.^sa, fumante, à toute l)ride, Sur le ventre des nations.
FRECHETTE
Car ce hailhni troué, que tant de gloire inonde, A passé, mon enfant, sur le rentre du monde.
LA J^.ASTIDE KOrOE 109
LAMAKTINE
Et que les bras croisés sur sa large pnitrine.
FKECHETÏE Lui, les deux bras croisés sur sa vaste poitrine.
THEOPHILE GAUTIER Où vont, tristes jouets du ie)nps, nos dcstinîes.
FRECHETTE O ie)ups I courant fatal où vont nos Jcslinèes.
CHAPMAX Nous sommes sur les bords du Saguenay sauvage.
FRECHETTE Xous sommes sur le bord du Saint-Laurcut sauvage.
î^oiis allons voir maintenant comme M. Fréchette aurait été bien avancé s'il eût prouvé qu'il n'avait pas volé l'hémisticlie de Ileredia, dont il nous a entretenu tout à l'heure, et ce que je citerai, comme dit Jules Lemaître, me laissera le remords de paraître négliger ce que je ne cite point :
ALBERT DELFIT
A cboisi le monwni— honte que rien n'efface— FRECHETTE
De tous ces vétérans — honte ([ue rien n'efface —
LAMARTINE La lampe ([vi s'rteint tout à coup se ranime.
FRECHETTE La lampe qui s'éteint ^eite un plus vif éclair.
110 DEUX COPAIXS
MAURICE KOLLINAÏ
Auprès du minet grave et doux comme un ap'dre.
FRECHEÏTE Sous les yeux du héros grave comme un ap.jtre.
VICTOR HUGO Dans ce vaisseau jercZif sous les vagues s'ins nombre.
FRECHETTE Et le regard perlu sur les vagues s:ins nombre.
VICTOR HUGO Du clioc prodigieux de tes rebellions.
FRECHETTE ])u choc prodigieux des grands toarnois épi<iuos.
LAMARTINE Ces grands blocs dentelés, effroi du luatelot.
FRECHETTE Des brisants sous-marins, effroi des m/delot^.
VICTOR HUGO Monstrueux, qui semblaient des boas endormis.
FRECHETTE Dans la placidité des boas endormis.
M. Fréclietto, dans son entrevue avec Marc Saiivalle, a déclaré solennellement n'avoir nxelé :\ ses vers que trois réminiscences.
Comme il faut qu'il soit doué d'un solide tempéramment pour nier avec anlant d'impassibilité et d'audace ses plagiats !
^lais il n'a fait toute sa vie que voler, le lauréat, et celui qui pourrait passer seulement une couple de
LA lîASTIDK ROUGE 111
jours à sa bibliothèque ne pourrait manquer cl'v trouver, dans une foule d'auteurs encore peu connus au Canada, assez de vers escroqués par lui pour faire tout un volume.
L'autre jour encore, en relisant Théophile Gautier, j'ai découvert dans une pièce au peintre Jean Duseigneur un vers que M. Fréchette a subrepticement glissé dans sa Voix (Vidi Exilé, et la confrontation suivante va encore édifier ceux qui pourraient, par hasard, garder un reste de foi en son honnêteté d'écrivain.
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