UX REVENANT
malheureuse en feuilletant son dictionnaire et sa grammaire pour bâtir son Corrigeons-nous de samedi dernier. Yovons, sans plus de préambule, quelquesunes de ses bévues :
Fier. — Les Caniilicns lont un étrange alms du \noiJie)\ Ils le mettent, pour ainsi dire, à toutes les sauces.
Quand la glace est vive et scelie, nous disons (qu'elle est ticre.
Si quelqu'un est content, lieureux, satisfait, nous disons qu'il est fier.
Xous employons encore le mot fier comme synonyme de vaniteux.
Tout cola n'est pa? iraiseais.
Fier veut dire aîtier. arrogant, superbe, .unlacieux, intrépide, nobl(% élevé, une foule de choses : mais à peu près rien de ce que les Canadiens lui font dire.
" Les Canadiens ne sont pas aussi bètes fpie leur prétendu po3te soi-disant national voudrait le fairecroire.
" D'abord, nous lisons ce qui suit dans le Dictionnuire des iHctionnuirrs^ au mot fier : '• Tech. — DitRcile à travailler à cause de sa grande dureté. Ce bloc est trop fier ; il faut le mettre de côté.'' Les- Canadiens ont donc parfaitement le droit de dire que la glace Q&i fière quand elle est très dure.
" Et d"une !
" Le même dictionnaire donne l'exemple suivant :
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" Il est tout fier d'avoir réussi. '" Cela ressemble singulièrement an canayen que ]\[. Fréeliette déteste tant.
" Et de deux '.
" Même dictionnaire : " Fier comme Artaban. Plein de vanité, de morgue.''
" Et de trois !
KoTAïiox.— Je lis à chaque instant, dans les journaux qui s'occupent d'agriculture ; le système de ratution. C'est un anglicisme. On devrait dire assolement.
" En voilà une grosse, par exemple ! Rotation est aussi français qu.' a ssolou fut. îsTous lisons dans le dictionnaire de Mgr Paul Guérin : " AaRic. : — Hotation des récoltes, série d'opérations par laquelle les champs reçoivent chaque année des semailles difi:erentes qui ne reviennent sur la même terre qu'après un certain nombre d'années. ..Cette combinaison et cette succession de cultures constituent l'assolement."
'" Comment trouvez-vous ça pour un <i nglicUiiie !
" Et de quatre !
AvAUiK. — Ce mot est employé souvent à tort comme synonyme d'accident : Ma voiture a sul>i une avarie, il nie faut la l'aire radoiier. Ararie est un terme maritime ; il ne s'emploie que pour les embarcations ; de même que radouber, que le mot canayen rahuer a la prétention de représenter.
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" Ali ! Ai'tirn- lie s'emploie que pour les embarcations ! Voyons ce que le Dictionnaire des dlr-tionnaires en dit : " Se dit quelquefois en parlant de marchandises dont le transport se fait par terre. Par extension. Détérioration, dégât, accident. Une meule mal exécutée donna naissance à de grandes avaries (M. de Dombasle.) Fig. On a beau rire, faire des vaudevilles, des pliy siologies contre l'hymen ou ses avaries, il y a dans le mariage un prestige indestructible (Mme de (Tir.)." Et plus loin, au mot Avarier : " Attendez, sergent, j'ai une patte avaiiée, mais les reins et les bras sont encore solides, je vais vous donner un coup de main (E. Sue.). S'avarier. Ces blés se sont avariés dans le grenier. Café, sucre avarié."
" Par consé(pient, en français comme en canayen, on peut dire parfaitement que la réputation littéraire de M. Fréchette est avariée ou a reçu des avaries !
" Et de cinq !
" Voyons nn/oahir. maintenant, qui, selon M. Fréchette, ne s'emploie que pour les embarcations. Citons tonjours Mgr Guérin : " Ane, Réparer, en général... Rebouter, renouer. Vous n'avez point guérie celle qui estoit desrompue. {Bible, éd. 1556"). Radoaber, dans le sens de réparer, en général, est un excellent arcliaïsme que les Canadiens ont très bien fait de conserver, (^uant à R(i(loiier, ce n'est pas un
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si grand crime, non plus, et nous sommes parfaitement convaincu qu'il ne faudrait pas converser bien longtemps avec un habitant de Saint-Malo avant de l'entendre dire.
" Et de six !
BÉATis. — l^n ragoût de hfiath, comme on dit ici, n'est pas français. Le mot est héatilles.
" Mgr Guérin nous dit " rpi'on rencontre an XVII. s. la forme masculine Béatil. Avec des champignons, béatils, ■ andouillettes." Pourquoi, pour l'amour d'une l, sans calembour, faire cette chicane d'Allemand à béotis?
Kestks. — Xe dites point les restes do la tal)le,, du repas ; ce mot a vieilli.
Dites : les rdiefs.
" Le plus récent des dictionnaires, celui de Mgr Guérin, n'indique pas ce mot comme vieilli, puisqu'il dit : " Absol., au pi. Ce qui reste d'un repas. Manger les restes. " Et quand bien même le mot aurait vieilli, pourquoi cet acharnement stupidecontre nos archaïsmes ?
" Et de sept !
" Sept grosses bévues et une chicane ridicule dans une seule colonne ! C'est Corrigez-moi, et non Corri- (jroiis-nous que ^M. Erécliette devrait mettre en tète de sa promenade hebdomadaire à travers le dictionnaire et la o;rammaire."