A M. ERNEST GAGNON
Ainsi que le glaneur, courbé sur le guéret, Kama.sse le blé d'or égrené dans la plaine, Vous recueillez, joyeux et tout fier de l'aubaine. Les épis que souvent l'historien, distrait, Laisse derrière lui choir de sa gerbe pleine.
Vous avez la pitié des choses que l'oubli Recouvre de son flot ou voile de sa brume ; Et des faits délaissés qu'anima votre plume. Des feuillets sur lesquels votre front a pfili. On pourrait faire, ami, maint précieux volume.
A vos efi:orts vaillants de chercheur obstiné Rien ne peut faire échec, nul secret ne résiste ; Et parmi vos travaux, où tant de charme existe, Il en est un, surtout, où vous avez donné Tout l'amour idéal de votre âme d'artiste.
Ce travail, c'est le livre, humble mais précieux. Dans lequel vous mettiez, jadis, frémissant d'aise,