‹ Deux copians. Réplique à MM. Fréchette et SauvalleChapitre 14 sur 32 · UN INCIDENT · texte numérisé non relu

UN INCIDENT

Un homme qui se trouva diablement embêté, ee fut Sauvalle, le jour où, répliquant au poète imt'un'il^ qui avait clierdié à taire croire que j'étais un partait étranger pour son copain, je déclarai, comme on l'a vu ailleurs, qu'il me connaissait depuis six ans, et qu'au mois d'avril dernier il m'avait cdiaudement consrnitulé d'avoir aplati M. Fr.'cliette dans mon livre Le Lauréat.

Aussi, le paravent Xo 2, de crainte que ma révélation ne lui l'îl jH'rdre les laveurs de M. Frécliette, — qui le paie quelquefois pour lui faire cliaiitcr ses louanges, — se liTita-t-il de nici- dans la Patrie qu'il m'eût jamais félicité d'avoir t'crit contre l'auteurde la Lcfjendc d'un Peuple.

Il admit, par exemple, (pril nie connaissait de[»uis plusieurs années, et, cette admission faite, il atlirma ([n'il m'aNait riMidu le servici^ d'iM-rirt' dans la P>itrie

des lignes bienveillantes sur mon volume de vers Les Feuilles (V Erable^ et que c'était sans doute pour le récompenser de ce service que je cherchais à le brouiller avec son vieil ami Fréchette.

En face d'un pareil mensonge, je lançai à Sauvalle un défi : je m'engageai, s'il pouvait montrer dans la Patrie dix lignes quelconques écrites pour saluer l'apparition de mes Feuilles (V Erable^ à déclarer publiquement que j'avais menti en affirmant qu'il m'avait félicité relativement à la publication de mon Lauréat.

Le paravent i^o 2 eut bien soin, et pour cause, de ne pas accepter mon défi, et se contenta de répondre qu'il avait oublié à quelle date il avait écrit sur mes Feuilles tV Erable, que la production des lignes bienveillantes auxquelles il avait fait allusion n'importait guère au public, qu'il lui suffisait de savoir qu'elles avaient été publiées, que je lui avais écrit une lettre pour le remercier de ces lignes, qu'il n'avait plus cette lettre, parce qu'on ne garde pas les lettres (V uu, Chapmav, patati, patata.

Cette réponse démontra clairement que Sauvalle ne disait pas la vérité, et plusieurs journaux, notamment le Courrier du Canadu, la Vérité et la Croix de Montréal, le sommèrent de montrer l'appréciation (|u'il prétendait avoir faite de mon volume de vers, ou, sinon, de se résigner à passer pour un menteur.

rx INCIDENT (jô

Ainsi forcé de s'exécuter,bien qu'il eût déclaré g h on ne (j<ir(l(: pas les lettres iVnn CJuipnKin^ il cxliibiu pour me confondre, un billet écrit de ma main en 1889 et cinq lignes d'une réclame que j'avais rédigée moi-même pour annoncer que je devais publier prochainement un recueil de poésies.

La production de tels documents pour me combattre eut l'inévitable résultat que Sauvalle aurait pu prévoir, si ma dénonciation ne lui eût i»as t'ait perdre la trte, et M. Cliapais, mis en cause dans ce débat, accueillit les preuves du défenseur de M. Fréchette par un article qui lit voir, comme on dit. trente-six chandelles aux deux copains, et qui se lit ainsi :

" Conspué, défié, acculé, stigmatisé, cravaché comme un impudent mentiMir, Tinestimable Paul- Marc Sauvalle a essayé de se redresser sous les coups qui cinglaient son échine.

" La Patrie de samedi nous apporte le résultai de ce suprême efibrt.

^' Il faut lire cela pour avoir une idée de l'ettondre. ment du personnage.

"Il essaie de lieaner, de grimacer, (K- taii'cle pitre et le paillasse.

*' Mais tout cela est ratt' ; les t'ai'ees niant[Ueut Je

gaieté, et les grelots rendent un son funèbre. Il y a du sang sous la farine et des ëclijmoses sous les paillettes.

'' Coulé, Sauvalle !

^'Blessé à mort, le copain du lauréat!

" Franclienient, il aurait mieux fait de se taire, car son essai d'explication l'enfonce encore davantage.

"îTous lui disions : Prouvez, prouvez que vous avez -écrit dans la Patrie une appréciation bienveillante <lu livre de M. Chapman, Les Feuilles (V Erable.

"Et, poussé à bout par nos défis, hurlant de douleur sous les coups de fouet qui lui balafraient la face, savez -vous ce qu'il nous jette en guise de preuve ?

" Une annonce banale, comme en font d'ordinaire les éditeurs, les imprimeurs et les auteurs, une annonce écrite par M. Chapman lui-même, et publiée simultanément par plusieurs journaux, neuf mois avant rapparition du volume.

"Mais, ici, nous allons laisser la paroleàM. Chapman, qui nous ^Drie de publier, à l'adresse de M. Sauvalle, les lignes suivantes :

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