‹ Deux copians. Réplique à MM. Fréchette et SauvalleChapitre 15 sur 32 · A MARC SAUVALLE · texte numérisé non relu

A MARC SAUVALLE

Monsieur le paravent îs'o 2,

Vous avez écrit ce qui suit dans la Patrie du 30

juin dernier :

Il est vrai que jo connais Cli'.ipnim dopiiis six ans ; mais, pour ma part, je n'aurais pas voulu lui rappeler la date de

U.V IN'(IDEN'J ()7

cotte connaissance ; le pauvre diahle ne rencontrait plus alors «le pili.' rjue clu'z uu rarj noyau de confrères ayant encore la compassion di' Taider «luelquet'ois à sortir de l'ornière. J'étais du nombre de ces sauveteurs. Il habitait à 8t-Jcan et venait de publier ses Fetiillea d' Knihle ; j'eus h» bonté d'écrire dans la l*ntrir (jud'iurs lignes bienveillantes dont il me sut gré dans une letttre triste au cours de laquelle il se plaignait de l'ingratitude des conservateurs qii ncconsentaicnt inéme [as à j)ublier ses accusés de réception adressés tout faits jiar lui à leurs journau.x.

II iii'en remercie aujounlliui à sa fayon en essayant de me brouiller avec un n vi(il aini Frécbettc au moyen du plus odieux et du ])lus faux des racontais.

J'ai répor.du à ce qu'ion vient de liie par ceci :

\'ous menl( z, M. le i arav( nt No 'J.

Toutefois, si vous montrez dans la l*atri<\ je ne dis pas cin<[ lignes bienveillantes, mais cinq lignes «luelconciues, de vons ou de n'importe qui, relativement à l'apparition de mes FruillrH d'Erable, je m'engage à tléclarer dans le journal mûne de M. IJeaugrand ({ue tout ce que j'ai dit à [ ropos de vos félicitations sur la pul>lication de mon Laurhit < si fau.x et mensong(M'.

Si vous n'êtes pas uu menteur, vous avez là, n'est-ce pas. une Ik'IIc occasion de me confondre et de vous justitier visà \ is de voti-e air.i M. Kréchctte.

A[)rès avoir allinn»' (pio vous aviez ('erit (piolipies liii-ncs bienveillantes sur moi» livre (pii venait <lo paraîti'e, alors (pie j'habitais Saint-eK'an, \ous a]>porlez <lans la Viilr^ de sanuMÎi dernier cette pièce iorinidable junir ni'éerascr :

68 DEUX COPAIXS

" Et maintenant à mon tour !

" Eh bien, ces cinq lignes, les voici, il y en a juste cinq bien comptées, relatives à l'apparition cles-

Feiiillrs (VErnidc :

Tous ceux qui slntércsscnt à notre l'ttéiMturc apprendront avec plaisir que M. Chapnian, poète canadien, doit publier prochainement un volume de poésies, la plupart inédites, intitulées Feuilles iV Krahle.

" Ces cinq lignes se trouvent dans la Patrie du 28 juin 1889. "

Et vous êtes assez naïf, M. le paravent IsTo 2, pour espérer qu'avec ces cinq lignes-là vous allez faire croire que vous n'êtes pas un menteur !

Mais ces cinq lignes que vous venez de citer n'annonçaient aucunement que mes Feuilles <l^ Erable venaient de faire leur apparition.

D'ailleurs, vous ne pouviez pas annoncer l'apparition de mes Feailles (VErahle le 28 juin 1889, puisqu'elles n'ont yaru qae neaf mois yhis tard, à la fil) (le mars 1890, comme je vais le prouver tout de suite en citant le Morale et le National de la même année.

Lisez d'abord ce que le National du 5 avril disait relativement à l'apparition de mon livre :

Uu signe du printemps. Nous avons déjà des feuilles (V érable.

UN INMDEN'T 00

Seulement, il ne iiiut pns alkr les eln relier au bois, mais ebez nos libraires, où elles brillent dans tout leur éelat dans 1( joli reeueil de vers (lue vient de i,ubliersou3 ee titre notre excellent porte canadien, ^f. W. C bapnian, elc.

Comme vou.s voyez, M. le para vent Xo 2, rsi vous (lisiez vrai en affirmant que vous avez éerit quelques lignes bienveillantes relatives à l'apparition de mes Fnillh's <rEr<ihlc qui, d'aprës vous, parurent dans le cours de l'été 1889, il serait difficile de comprendre comment le Nation'il pouvait laisser entendre qu'à l'époque où mon livre fut mis en vente chez les libraires il n'y avait pas encore de feuilles sur les érables.

Lisons maintenant ce que le Moirh: disait à la date du Icr avril 1890 :

Nous accusons réception d'un volume de poésies intitulé reuil/rs (V HraJ>lf,({UO notn- forte mo!Un':iIais."M.W Cbapman, virnt de publier.

Ce Volume, annoncé de]) is longtemps avec beaucoup d'éloges et d'éclat |<ar la presse canadienne, n'a i)as tn>mpé l'attente de notre ])etit monde littéraire ; bien au contraire. il a causé une agréable surprise aux souscripteuis, «]ui voient unûntcMiant en son auteur l'émule de M. Frécbette. etc.

Non, M. Il' paravent Xo 2, mon livn' n'a pas paru dans Vvir de 18S0 : et les ciini lanu'uses ligues et bi K'ttre qiu' vous venez de n^produire démontrent tout simplenuMit «pTuii de mes amis, M. (îodiu, a t'ait publiei- dans hi /''//r/f et les autres journaux de

DEUX corAixs

Montréal, à propos d'un livre qui devait paraître et non qui avait paru, une annonce que j'avais rédigée inoi-merne.

An reste, ce qui établit bien la vérité de ce que j'avance, M. le paravent 'No 2, c'est que le Monde a publié, le même jour que la Tatric^ les mêmes cinq lignes avec lesquelles vous venez de me foudroj'er et qui se lisent ainsi :

Tous ceux qui s'intéressent à notre liltcrature apprendront avec plaisir que notjo poète montréalais, M. W. Chapman, doit publier prochainement un volume de poésies, la plupart inédites, sous le titre de FeAiilles cV Erable.

Vous n'êtes pas seulement capable, M. le paravent ISTo 2, d'établir que vous avez eu la bienveillance de reproduire d'un autre journal les fameuses cinq lignes, puisqu'elles ont paru simultanément dans la Patrie et le Monde, à la demande de M. Godin, à qui vous avez, en réalité, rendu le service que vous me reprochez.

Je vous répète donc ce que je vous ai dit plusieurs fois, et ce que les cinq lignes que vous venez de montrer ont encore prouvé si clairement :

En affirmant que vous avez écrit pour moi quelque chose, à l'époque où parurent les Feuilles <r Erable^ vous avez menti.

Votre, etc.,

W. Chapman.

UN IN'CIDKNT

^' La (lémon.striition est com[)l(*tc'.

"'M. San valle avait dit : " Chapnian habitait à St- " Jean aivenaît <lej)iihlier ses Feuilles d' Eruhle ; j'eus "• hi hou té (l'écrire, dans l" P'itrii' quelques liiciu's " bienveillantes dont il me sut 2:i'é."

" Done M. Sauvalle afHnnait (|u'il ac<fit érritihins la " Piitrie''\ (i>i momeid on les '•'' Feuilles <l' ErahW veno/ieiii <le ;)7/v/î^^, ([uelqucs mots d'appréuiation élogicuse de ee reeucil.

'• Eh bien ! c'est faux.

^' Lqs FenilJrs (TFnfhlc ont ('té })ublit'es en nuirs 1(800, et la Patrie n'a publié aucune appréciation de ce volume.

" Qinint à rainionee, àla réclame banale du i^s juin 1881>, à hupielle M. Sauvalle s'ai-erochc comme un homnu' ([iii se noie, elle ne j>eut constituer un»' appréciation l)ien\\'illante d"un livre <[ui n'a \ii le jour ([Ue ranui'e suix'ante. l^t, de plus, ce n'e-t pa< M. Sauvalle, c'est M. Chopinan (pii Ta écrite. Le paras'i'Ut iniinéi'o deux en louiMiit lui-mr'ine la preu\"e avee une naï\et(' plK'nonn'nale. Il publie br'lcnu'Ut une lettre de M. ( 'liaïunnn, (|ui (H)niplélt' nier\"eilleusement la dé-monstration de son nuMisonicc. Kn effet, on lit dans cette KMtre, après les renn-reienienls obliu:«'s yowv l'inseilion de la r.'elann', les li»MU\s sui\'antes :

72 Di.rx corAixs

M. Godin était allé por(cr Ventrefilet que je voua ai e.rpêdié â la rédaction de la Presse, et la rédaction lui a refusé net

Encore une fjis, mille foU niorcl po ir avoir mis ma réclame dans un endroit coiisjAcuous.

" Est-ce assez clair ?

" M.Cliapraan,par son associé M. Godin, fait publier au mois de juin 1889, dans le MonfJe^ la Patrie, la Presse, une réclame annonçant la publication procbaino de son r.^cue*l de vers.

*• Et AT. Sauvalle aux abois s'empare aujourd'hui de cette réclame réiligée pur 31. Chipmnn et publiée en juin 1889, pour prouver que lui, Saiivalle, a écrit da)is la Patrie une apprér-iatioi/ bienveillante du volume de Chapman para sen.''eynpïd neaj mois plus tard, en mars 1890.

^' Voyons, comment trouvez-vous l'individu ?

*' Pour démontrer cpi'il n'a pas menti, il cite une lettre cpii établit son mensonge d'un manière éclatante.

" Pour prouver qu'il a loué les Feuilles <r Erable parues en 1890, il produit une réclame du mois de juin 1889, rédigée par M. Chapman lui-même.

" î^'est-ce pas qu'il est joli, le Sauvalle ?

" Que dites-vous de cette impudence, de cette audace e" de ce monumental toupet?

UX IXCIDKNT

" Mais ce n'est pas tout.

'• IVnJiUit (|ue nous avons le SauvalK' au bout des doigts, réglons avec lui notre compte personnel.

" M. Sauvallc a affirmé (pi'il ikjus a adressé une lettre, avec prière de la publier.

'•Xous n'avons jaiuais reçu telle lettre. Nous croyons fpie AT, Sauvalle a dit taux dans ce cas comme dans l'autre.

^' Et nous lui avons demandé de prouver l'envoi de <;ette lettre.

"Xous sommon."^ de nouveau M. S.iuvallr tir .s'exécutcM*.

" A-t-il un rei-ii do la lettre?

'' (Ju'il Texhibe !

•• -Nfais, [nir exemple, ([u'il n"ap[)orte [)a>uu reçu de 1(S80 pour prouver (pfil nous a envoyé uno lettre en

" Ces pr(Mivi'-;-là ue prennent i).i«i dan< notr ' J^ays.

" Xous sommes si arriérées !

"" Xou, ce ([u'il nous faut, c'est un r.';u du .'>,du •'» ou 7 Juillet lsr)4.

" A ni oins (pie NE. Sauwdle n ' puMie ee reçu, nou^ tenons (pi'il a commis cette lois un mensonge aussi

impudent que celui qu'il a conlmi^^ à propos de& Femlles<rEr<ihle.

" Allons, estimable Sauvalle, montrez votre reçu."'

En même temps que M. Chapais, M. Tarcliveî publia les lignes suivantes, qui sont, comme on le verra, loin d'équivaloir à un certiiicat d'honnêteté :

"Voulant faire une mauvaise plaisanterie, M. Sauvalle aflirma, dans la Patrie du 16 juin, ce qui suit :

Or, il (M. Cliapinaii) écrit " la suite aw prochain numéro", et le typographe, né malin, lui fait dire : '' \n fuite au prochain numéro."

"La vérité, c'est que M. Chapman avait écrit à suivre et que uotre typographe avait mis à suivre. M. Sauvalle mentait froidement, sans l'ombre d'une excuse, en intentant, purement et simplement, une faute typographique que la Vérité n'avait pas commise.

"lîTous lui avons signalé son mensonge, mais, au lieu de se rétracter, il fait le mort.

"Dans la Patrie du 7 juillet, M. Sauvalle affirma ce qui suit :

Je viens do lui envoyer (à 'M. Chapais) la lettre suivante avec prière de la publier.

-lu cas où cette sainte âme s'y refu3€rait, je communique d'avance la missive à mes lecteurs.

UN IN'CIDENT i ■>

" Or M. Cliapais Jéclaro sur riionneiir qiu' c'e.^t faux, qu'il n'a jamais reçu aucune telle lettre «If M. San val le.

" Celui-ci, mis au (K'fi par le directeur du Courrier <lii Coiiatlii d'exiber le reçu qu'il n'aurait pas manqué de demander au bureau de poste, si n'elleinent il avait envové cette lettre, a dû taire le mort encore une fois. De toute évidence,M.Sauvallea simplement publié dans la P^itrie la lettre qu'il prétendait avoir envoyée à M. Chapais.

" Deuxième mensonge.

''Entin, dans la Patrie du 30 juin, M. Sauvalle afHrme ce (pii suit :

n (M. Cliapin:in) h:il>it:iit à S:\int-Jc;in ir \ I.NAIT Di; l'iULlKR ?os Feuii/es (T Krahlf. J'riis la fnmfé (Vécriic thfii< l.i Patrie (ine/(jf(€s lif/nrs hifnrfil/inili s, ctc,"

"M. Cliapman nia ([Ur M. Sauvalle eut écrit do telles lignes.

" Cette l'ois, maître S;in\alK', au lieu di- taire le mort pour cacher son mensonge, se (h»nne des airs de vain<[ueui' toujours j)our cacluu* son mensonge. Car maîti'e Sauvalle a bien menti cette t'oi-sci, comme l(\s aut i-es.

"Apres a\'oir long(enq)s cherclit- daii> la Ptttriey

il trouve ([uoi ? Une réclanK^-annoiu'e, publiée

nt'iff mois AVANT i/aim'arition «Ics FcolUs «l'Epif'le^

écrite non p/rr M. Sf/valle, muis iwr M. Chapînaa lui- me me ! !

" C'est-à-dire qu'eu affirmaut que les Feuilles d' Erable VEXAIENT (le paraître et qu'il eut la bonté d'écrire, à cette occasiou, quelques lignes bienveillantes, M. Sauvalle a proféré un mensonge, tout comme il a menti en nous attribuant une faute typographique qui n'a pas figuré dans nos colonnes et en prétendant avoir envoyé à M. Cliapais une lettre qu'il n'a jamais mise à la poste.

" Trois mensonges dans trois semaines ! "

Il va de soi qu'après un pareil éreintementMarc Sauvalle n'eut pas envie de regimber, et voici tout ce que le défenseur de M. Fréchette put articuler on s' éloignant pour aller se cacher :

Jusqu'à ce que Chapman se soit exécuté et ait fait publier l'attestatiou de son mensonge, il est déqualifie- et ne mérite pas qu'on s'occupe de lui.

Et le Courrier il II Cinnii/ii répondit aux lignes que je viens de reproduire de la Fntrie par celles-ci :

" Savez-vous la nouvelle?... Chapman est déqualifié ! !

— " Comment, déqualifié ?

— " Oui, déqualifié !

UN l.\( Il'l.NT ii

— " Mais déqualifié par qui ?

— " Déqualifié |)ar. . . rin('oniiiieiisural)k' Paul- Marc Sauvallc, l'iiouiinc (|ui prétend avoir écrit eu 1880 une appréciation Inonveillante d'un livre paru <in 1890.

" Cesgcns-là ont do Taudace, allez !

" Pris en flagrant délit <lc mensonge, convaincu <ravoir voulu troin[)er le public, confondu par les dates, par les faits, par les pièces mêmes qu'il a pro- <luites, maître Sauvallc porte des jugements de déqualification.

" Il faut lire cela pour avoir une idée de son impudence :

.lusfju'à ce (Hic CliMinuMii se soit exécuté et ait l'ait i>ul>Ii('r rattestîitioii (le son inenson<j:(' il est déqualilié (^t ne mérite pas «m'on s'occupe de lui.

" YoW'A la réponse de ce bateleur à la lettre écrasante (le M. Cbapman, et à l'articK' du ('(nirrirr '/>'

" Ou lu' >au l'ail ax'ouei- pluselaii'cmeut son inipuissauec à soi-tir du pt'l riu.

*' Nalui'ellfuieiil pas un mot de la lameuse lettre que M. Sau\all(> a pi-('teiidu nous avoir iMi\oyée. et <pie nous n'a\'ons p.is riMue.

'' Quand vous proposez-vous de tirer ce point au clair, M. Sauvalle? "

Mare Sauvalle n'a pas encore tiré ce point-là au clair, pas plus qu'il n'a montré l'appréciation qu'il prétend avoir faite de mes Fen'dles (V Erable, et si son copain n'existait pas, le rédacteur de la Patrie serait certainement le plus grand menteur du ( -anada.

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