I.A lîASTIDi: i.'OUGE
J(3 n'ai jfimais pPL-teiidu qui' M. Frérhotto avait
])riH le sixain
Ht le iiKiiidc est sji'.ivc'
(laii.s un des volumes de Mme dv (Jii-ardiii.
d'ai sim[)lemeut iiidi(|ii<' dans hkhi Lnnrcnf (ju'il avait copié ce vers de la même femme-auteur dans V Aheille Pttéi'qiia <lii XlX'u'me S''«'cb\ di- la [»ièco intituli'e Tjh Mort dit Christ,
Or, VAIjeille Puétif/ifr. 'fi/ X I Xirme si«'vle^ «pli porte ])our sous-titre Choix de jxjésics co)ite)nporaines, bi ptAipart iiil'ditrs, a étr édit<'e à Taris, en 1^40, par d.-l). l'alissier, à l'usan'e des maisons d'iMlucation.
Je ]K)ss(.'de ce recueil depuis k'> bancs du collè^'e, et .\r. Tabbé Uouclier, cure de la Poiute-aux-Trendjles de J'ortueuf, rpii était mon uiaître de classe, m'en a fait api>rendre des [)ièces (pie /|e me ra[)pelle encore vaguement, [)armi les([uelles se trouve /" Rés'trrccl''(i)i d'Antony r)eseliam[)S. dont M. l'^r/'elietti' s'est beaucoup inspin' ponr t'ei'ii'e son .\t(</"i,i, .pii e«)nlient "instenu'iit le \'eis \ol«' à .Nhne de (Jirardin.
II y il :uis<i im li('mis( iclic ilc .leseMmia tic IlerO(Iia([UO i':ii \nl('. ( )r mon lu'iiiist ichc. à iiiei.sc treiiNc dans nul piC'ce 1/ l\Kj>"(iii(\ in)i>riini'(> (lans les l>ii!l('lins dr la Soeirté Royale il y a iK'urans ; et les Triiii/iirs d(^ .Josr-Maria th» IIitihUh, le volume dans l('(|uel un ji (Irnielu' le vim'S désigné, a été jiuhlir siMilcmcnt l'annca^ drrnii' r(\..\'()ilA l'Iioiinêtolé do MM. Ilaillair-it' Pire . t Cir '
1)8 DEUX COl'AINS
M. Frécliette n'est pas seulement capable de se raccroclier :\ cet liémistiche d'un sonnet de Ilcredia, et, pour prouver que son explication est fausse, i'ouvre les Cordemporahisdc Jules Lemaître, publiés en 1886, et j'y copie ce qui suit :
Au temps déjà loiiitiiiii où j'apprenais l'histoire de la littérature fançaisc sur les bancs du collège, un nom m'avait frappé parmi ceux des poètes de la Pléiade : Ponthns de Thj'ard. Je me figurais que le poète (|ui portait ce nom liarmonieux et fleuri avait dû être quelque cavalier merveilleusement'élégaiit et fiei-, et qu'il avait dû écrire des vers plus beaux qu'aucun de ses compagnons, des vers d'un tour plus hautain et d'une mythologie plus fastueuse. Lorsque je pus lire ses Erreurs ariioureusea, ma déception fut grande ; pourtant je continuai d'aimer Ponthus pour le noble esprit qui paraît çii et là dans" ses méchants vers et surtout pour la sonorité de son nom.
Ce que Ponthus de ThyarJ fut pour inoi jadis, M. Jose- Maria de Heredia l'est sans doute encore aujourd'hui pour la plus grande partie du pul)lic : un nom éclatant et mystérieux. Mais croyez qu'il ne ménage pas à ses lecteurs le même mécompte. On verra, quand il nous donnera enfin ses 'TropJiles, que ses vers sont aussi beaux que son nom...
Il était donc question, à Paris, dès 1886, des Tro- 'phées^ qui devaient être aclievés, n'est-ce pas, puisque Jules Lemaître les avaient lus.
Au surplus, le grand critique français, parlant des cinquante sonnets que renferment les Trophées et qui parurent par séries dans la Parnasse Contera porainc et la llevae des Dcax-Mondcs, d^oii ils furent
LA JiASÏIDE ROU(iE 'J'J
rc]>rocluits par nomLre de journaux, le i>^rau(l criti- .que français, dis-je, explique, dans une note mise au bas de l'article qu'il consacrait, en 1880, à Ileredià, que les sonnets en (piestion turent orii^inairenient publiés de 186G à 1885.
Sans doute, le vol de rbémisticbe de l'auteur des 7'rophées, à coté. de tant d'autres larcins dont s'est rendu coupable M. Frécliette, n'est, comme on <lit vulgairement, qu'un grain de mil dans la l)Ouclie d'un ane, et cependant le lauréat n'a pas niTMiie la suprême consolation d'établir que ']v l'eu ai a«H'Usé faussement.
Faut-il avoir du guignon !
C'est le temps de ré[)éter lo dicton populaire: Quand l<i )nalchMiicetoiiihc sur h' s poules^ Ir illuhle ne Jevnit 1)1 1 s pondre le. ..coq.
Mais écoutons enfin les derniers mots (pu* ^f. Frécliette a articulés, les lèvres larijenirnt nurrrtr.'^, en réponse à mon L'iuré'it:
— Je le ri'pè'tt», vu liiit de réelles réinîtiiscences, ou en a constate' trois dans toutes mes «euvrcs : un vers de Victor llnp:<),\ni v<T.s de Trosper l^lanclieninin et un versdoCrénmzie. Ce sont de véril}il)l(\s réininisetMiees. je n'(Mi doute pas. car cos trois v(M-s, imités ou intégralement reproduits, je dcvuiî» les îivoir lus. iSfais, Iraneliement, l;"ï,pour m'exempter la peine de liiire trois vers «le plus dans in«»n existence, j'aurais volontnii-cinent , .'^ei< mnunt . dans le but do tromper le lecteur.
et pour me parer des plumes du paon, vole ces trois vers, qui sont très ordinaires après tout ! Il faut avoir du toupet et surtout l'Ame faite exprès, pour s'imaginer faire gober cela nu public.
Avez-vous bien entendu?
Je n'ai prouvé dans mon Lcniréat que trois réminiscences de M. Fréchette : un vers de Victor Hugo, un vers de Prosper Blanchemain et un vers de Crémazie.
E.ien que trois vers.
Maigre une certaine pitié que m'inspire l'aberration mentale où est tombé le hniréat déconfit, je ne puis résister à la tentation de lui frotter le nez avec quelques-uns des vers qu'il a filoutés à tant de poètes français et canadiens, et les citations que je vais détacher de mon Ijauréat vont démontrer que le vol du vers de Leconte de Lisle, celui de Mme de Girardin et l'hémistiche de Heredia seraient par comparaison de bien légères taches sur le blason du poète lia il Oïl al.
Avant do transcrire ces citations, laissez-moi vous faire voir quelques-uns des vers que M. Fréchette prétend que je lui ai volés :
FEECHETTE
Le passant croit ouïr, quand le soir est tombé.
CHAPMAN Le passant croit ouïr comme une voîx humaine.