‹ Deux copians. Réplique à MM. Fréchette et SauvalleChapitre 18 sur 32 · I.A lîASTIDE ROLOE · texte numérisé non relu

I.A lîASTIDE ROLOE

FRECTTErrE

Oui, deux .siècles ont l'ui ; la solitiulc vierge. CIIArMAX

Et le vent parfumé des solitudes vierges.

FKECHETTE (Ju dit que depuis lors, sur la vague donnant e.

CHAPMAX Et l'on dit que depuis, dans les belles soirées.

FRECIIEITE Dans un tourbillon d'or, de pourpre et d'amélbyste. CHAPMAN

Dans d(\s Ilots d'ambre, d'or, de pourpre et de vermeil. FRECHETTE Le drapeau de la liberté.

Cl r ATM AN

Du drapeau de la liberté.

FRECHETTE

IMus i)ur que le soupir d'un enfant (jui s'endort '.

CHAFMAN Et plus doux ([u'nn soupir de feuille <iui Itruit.

FRECIIEITE Toimant comme la voix des vagues en rumeur.

CIIAFMA.V

Hurlant eomnu^ la ve>ix de l'oeJan qui monte.

1 -M. Fréchett(\ en m'aeeusant fainsement de lui avoir volé vo V(M's, oubliait (pTil l'avait lui-même |»ris A Limaitiiie, (jui :i tlit datis la <)i^Mu> strophe iV hrfnu :

Poit.r coiinnc /<• soniiir d' un rïi/ant mit Sfunmt'illf.

1Q2 LKUX COrAINS

FRKCTÎETTE

Le îTict;sf,îut à réj aille eu la pagaie an poing.

CHAPMAN le fîis^il à réf'^'^ilc et l'ccnme à la Lonclie.

FEECHETTE

X« rs renie ns de i agscr ecs longs jours ele tempête.

CHAPMAN 0«î)liant le passé, les longs jours ele souffrance. FEECHETTE Chaque victoire était stérile.

CHAPMAN Cl»a<ine victoire était pour nous infructueuse.

31 T a vingt colonnes de la Patrie, formant cinqïiaiite pages d'une brochure in-8, pleines de citalions comme celles que je viens de transcrire.

Assurément, si M. Frécliette s'est conduit à l'en- «ïroit cïcs poètes de France et du Canada d'une lîiaDÎejre atissi ignoble que je l'ai fait vis-à-vis de lui, le liif^Téitt mérite bien d'être estrapade ou d'avoir tout au moins le ventre largement ouvert.

C'est ce que nous allons voir tout de suite par les eomjjoraisons suivantes :

PEOSPEE BLANCHEMAIN

Niagaras gronelants, blondes Californien.

l.A BASTIDR ROU<iK 103

FRECJIETTK Niagaras grondants, hloiifîes C'aliforni's,

Ça comnieiicc bien.

LECONTE DE IJSLE (irnnds aigles latigii(;s de planer dans les nues-

ERECHETTE Quand l'aigle, latigu6 de planer dans la nue-

Coci n'est pas trop mal, non plus.

CREMAZIE

Il (st sous le S(jleil une terre hriiie.

EUECIIETTE Il est sous le sol<'il une terre l)éi)i(\

Très Lien ! très bien ! C'est frappant de ressemblance, et surtout c'est très honnête.

VICToiî IITTIO Avec de vieux liisils sonnant sur leur (''pauli^

FRECIIETTE Avec de vieux fusils geli's sur h nrs épaules.

Vous avouerez, ^f. Fréehette, ([Ue des tusils gelés nr valent pas des fusils sonnants.

Aussi, est-ce (lonnna^c <|ue voiis :ivc/ f.iit un eliani;"enuMit (|ui arcnse nue intenti«>ii (riniint'llt».

(UEMAZIE

11 (>t sous le sokil un<^ terre bénie.

10 i DEUX COPAINS

J'ai transcrit de nouveau le dernier vers pour savoir si c'est le même que vous avouez avoir pris inconsciemment à Crémazie.

Si ce n'est pas ce vers, ça doit être le suivant :

CREMAZIE

J'ai longtemps proniono ma course vagabonde.

FRECHETTE Où l'avait promené sa course vagabonde.

A moins que ça ne soit l'autre :

CREMAZIE

Peuples, inclinez-vous ! c'est la France qui passe.

FRECHETTE A genoux, opprimes ! c'est la France qui passe.

VICTOR HUGO Cet abîme où frissonne un tremblement faroncbe.

FRECHETTE Où vi})re je ne sais quel tremblement farouche.

Je parierais, moi, que c'est le dernier vers que le lauréat reconnaît avoir imité de Victor Hugo, ou bien c'est celui qu'on va lire :

VICTOR HUGO

On ne sait quel aspect farouche et menaçant.

FRECHETTE Je ne sais quelaspect farouche d3 héros.

LA IJASTIDE nOU<;E 10'

Xon, M. FLV'cliL'ttc if iidinettra ])oint ([\i'\\ a vole sou dernier vers à Victor Hugo, [niis(|ii'il ii remplacé /'J III en II r<( lit par <le héros.

vrrioR in.'do

CV)urI)(' t.'i lariç»' l'paulo et ton dos de granit.

Fl{ECllF/rTK

Courbe sa lai<;e C'[)aii!('

Sons l'archo aux piliers de irranit.

VJCTolMIUdO

(^)ni dit : il faut monter pour venir jusqu'à moi.

FRPXIIKTTK Et puis il l'aut mcjutcr poui- aller jusqu'à toi.

l'aimerais bien voir M. Frochette se décider, une

bonne foisj à nous dire lequel des vers il a jtris à

Victor llui^'o.

VlCTOlî JIL(U)

Qui t'arrarln^ à ton piéd(^stal.

FUECHirrri-:

Arraclicc à ton piédestal.

M. Kn'eliette ne se dt'eidera y\o\\(.' jauuiis à taire îjou (dioix vl à nous dire ([Ucd vers il a unudoiitnire' )in'iil pris à son fi'ticlie.

\ KToK lH(io

l{is<lue/,-\ ons bai-dimeiit .

FiuxiiKi ri.

lvis(HU*z-von>< liardimeni .

lOG DEUX COPAINS

E-isquez-vous donc hardiraeiif à faire votre clioix^ M. Fréchette.

VICTOR HUGO

Ivre d'ombre et d'immensité.

FliECHETTE

(^iii vole ivre d'immensité.

VICTOR HUGO

Qui lit voler au vent les tours de la Bastille.

FRECHEITE

Toi qui jettes au vent les tours de la Bastille.

Choisissez, M. Fréchette : il est encore temps

VICTOR HUGO

Dans les urnes ele la clarté.

FRECHETTE

Boire aux urnes ele clarté.

VICTOR HUGO

L'été, ejuanel il a plu, le champ est plus venneil^ Et le ciel fait briller J9h^s/ra^.s• au beau soleil Son azur lavé par la pluie.

FRECHETTE

La tempête a toujours son lendemain ver met L La pelouse a eles tons i^lus verts après l'averse. Et raziir vif où nul nuage ne se berce Ne sait pas refléter les rayons élu soleil.

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