U: TARA VENT NO
Nous allons continuer à admirer la bonne foi de M. Freehette en faisant encore parler son truchement :
Je pourrais remplir toute une lirocliure. si je voulais seulement indiquer les pièces de Fréchette <iui ont été imitées, parodiées et défigurées par Cliapman.
Je me contenterai d'un exemple court mais élr)f|uent.
Voici une petite pièce publiée dans la radie du 14 juillet 1883, et que l'auteur a ineorpcrée plus tard dans réi)ilogue de la Lêf/ende <Vnn Peuple. Elle.était intitulée: France.
truand des antiques jougs l'iiumanité se lasse, Quand il est quelque part un peuple à secourir, Qui donc à l'horizon voyez- vous accourir? A genoux, opprimés ! c'est la France qui passe !
Sans espoir et sans Dieu, Tenlant de la l'orét Traîne-t-il sa misère à l'autre bout du monde, Qui donc va lui verser la lumière féconde? Nations, saluez ! car la France apparaît !
De l'immense avenir resplendissante aurorv», Pour vous joindre en faisceaux, peuples de l'univers. Faut-il percer les monts ou rapprocher les mei-s, Paladin du progrès, la France arrivt» encon^!
Voilà, n'est-ce pas, de fortes pensées habilemeiU cond(Mi8ées, sobrement exprimées. Eh bien, voici miintenant la ])araphrase, l'ampliticatiou banah^ Presque puiut d'riroit ]ionr déguiser l'cMupruut.
^Tarc Sauvalle n'a pas dit (^ue M. Fr«'chette axait
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volé le dernier vers de la première stroplie qu'on vient de lire, à Cremazie, qui a écrit :
PouplO; inclinez-vous ! c'est la France qui passe.
Il a oublié cela, je suppose.
Mais laissons- le me citer :
L'hunianî'.é gémit sous des jougs centenaires : La France tout â coup fait gronder ses tonnerres, Et, volcan qui vomit une lave d'airain, Elle secoue au vent les tours de la Bastille... Et l'astre de juillet à l'horizon scintille, La sainte liberté rouvre son vol serein.
L'enfant de la nature, aux limites du monde, Rampe sous le fardeau de sa misère immonde : La France à son grand cœur sent la pitié venir... Elle élève la voix. ..et ses missionnaires Vont évangéliser les tribus sanguinaires, Et font sur les déserts flamboyer l'avenir.
Les grandes nations, que 1(^ progrès enivre, Veulent faire tomber tout ce qui peut sui'vivre Des obstacles nuisant à leur fraternité : Elle prend son compas, son pic et sa truelle... Et les monts affolés s'ent'rouvrent devant elle, Et l'océan la suit comme un lion dompté.
Voilà ! Qu'en dites-vous ?
Je pouj-rais citer plus de vingt pièces dont le lauréat <lécontit a accouché de la même façon.
J'ai expliqué dans mon Lauréat comment M. Fréchette m'avait escamoté les idées dont il s'est
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servi pour faire les vers que son truchement vient (le mettre en reiçard des miens,
Marc Sauvalle vient de nie fournir une nouvelle preuve à l'appui de ce que j*ai écrit sur le sujet dans mon livre, et, pour montrer, une fois de plus, la probité de M. Frécliette, je vais comparer rexpli<ation du paravent numéro deux avec celle que le laxré'ft donnait, dans la Paty'n du 2«1 juillet de l'année dernière, à ^f. Tabbé I>ailh\irgé, qui l'accusait de m'avoir volé les idées de la pièce servant d'épilogue à la Ijé(jeii(li' (P un Peuple
Relisons donc ce que vient de dire le bon Marc :
Voici une })elitc pièce puMiée dans la Pairie du 14 juillet ISSo, vt quo ranteur a incorporée plus tard dans répil(^gue de la Lrf/cnde t/'ini Pci'jilr. Ellei'tait intitulée: F r a lier.
Lisons maintenant la réponse de M. Fréebette à M. ral)bé Baillairgé :
Ainsi, d'après M. l'aldn' r>;iillairj:é, il y a plauiat. C"c-t aussi notre avis.
Seulement \o plagiaire nrat pas eelui ([ue >r. l'aliliO l)ense;— nous sommes assez charitables, (luoiouc niiséral>le> laùiues. pour ne pas l'accuser d'un(^ cMUMincrii' (jui ferait peu <i'lionneur à riialiil (|u'il porte.
Non, le plagiaire n'est jjas eelui qu'il jtense. ear la pièce de >r. Fréehette n'a pas été i)ul>liée i our la première lois «lans la Lrifrnilf d'ini l'riip/i , mais a été eonïposéo v\ publiée pour la t\tedu 1 I juillet ISS:',.
Le poète en a retranché une strophe et l'a mise en tête »ie la pièce qui sert d'épilogue à son volume.
>sous nous rappelons même que, lorsque Chapman lut •a sienne au banquet Vtruiond, les gens disaient : "' Mais c'est la paraphrase de ton Qua'.orze Juillet^ Fréchette. "
Comme on voit, M. Fréchette se contredit.
Tous les coupables, si rL'tors (|u"ils puissent être, iinissent toujours par se contredire.
L'année dernière, il prétendait rpie la poésie dans laquelle j'avais puisé les idées de la mienne était intitulée Lr Qmitorzt: Jii'dlif^ qu'il Tavait mise à la tin de la Légende tV an Peuple ; et maintenant il dit qu'elle poi'tait pour titre France et qu'il n'en a pris qu'une seule strophe pour la mettre dans le livre que l'Académie a jeté au panier.
Décidément, M. Fréchette et son fidèle Marc sont mêlés, et voici ce que je propose encore, en face du mensonge du souflieur et du soufflé :
Si Marc Sauvalle ou l'un de ses amis me montre dans la Fairn du 14 juillet de n'importe quelle année une pièce de vers de M. Fréchette intitulée Fr"iice. je consens à payer à la société Saint-Vincent de Paul, de Québec, la somme de SlOO. En outre, je m'engage à payer une égale somme à la même société, si l'on me fait voir, dans le journal de M. Beauo^rand. à la date du 14 juillet 1883, ou à n'im-
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porte quelle daté de la même année, une poésie portant pour titre IjC Qu'itorzi' JniU.rf J.
1. — M. Frc'clicttc, depuis que Tarticl'' précédent fut publié, a admis implicitement m'avoir lilouté les i<lée9 de-» strophes par lesquelles débute la dernière pièce de J;i Lêfjende d'un Peuple. En eflet, dans un banquet récemment donné, à Montréal, au consul-généial de France, il a commencé à déclamer la pièce en question par ce vera-ci :
France, recueille-toi ! France, rbeurc est sacrée!
ayant soin de ne pas en réciter les vers du premier chant, où se trouvent les idées que je lui reproche de m'avoir volées. Et puis, — ce qui achève <lo peindre encore Ihomme, — pour empéclïcr <le reconnaître sa pièce originaire, il en a changé h' titre. '|ni est devenu /." Mix.^'uni île In J'nnite.