‹ Deux drames, 1871Chapitre 15 sur 31 · LA DANSE DES SOUVENIRS · texte numérisé non relu

LA DANSE DES SOUVENIRS

La pincette à la main je rêve, Et tout en tisonnant mon feu, Au souvenir qui g' en élève Je vais dire un dernier adieu»..

Que vois-je là ? C'est ma Lisette Du foyer gentil farfadet Qui, de vapeur de cigarette Voile son visage coquet.

Dansez, dansez fbisj Dansez, dansez, cher souvenir,

Dansez, dansez (bisj De it)in mon cœur veut vous bénir !

Lisette, il fait un temps superbe :

A Romainville ! Un cervelas !

Notre nappe, à nous, c'était l'herbe,

Et le cabinet, les lilas.

Puis, revenant de Romainville,

Des bottines et du corset,

Dans l'ardeur, ma main malhabile

Faisait craquer le lacet.

Dansez, dansez fbisJ Dansez, mes joyeux souvenirs, etc..

Te souviens-tu de la mansarde Avec ses refrains de gaîté.

Et puis, le soleil qui hasarde Vers toi, son regard effronté ?

Lorsqu'en sa recherche indiscrète Il venait, baisant tes seins blancs. Te lutin er sur ta couchette.

Ah ! quels cris, quels rires d'enfant !

Dansez, dansez fbisJ Dansez, amoureux souvenirs, etc.

Edouard Moreau

Mais un jour, où donc est Lisette ?

Où donc est-elle ? Et tout se tait.

Dernier mot de sa pâquerette, Ma maîtresse m'abandonnait !

Au ciel mon étoile se cache...

Mon triste bonlieur s'envola, Et doucement, sur ma moustache Ma première larme coula...

Dansez, dansez (bis) Vous m'avez appris à souffrir.

Dansez, dansez (bis) Mon cœur veut encor vous bénir...

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