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ils étaient à genoux devant le mailre-autel et après la messe le curé leur a donné sa bénédiction.
Barbe, et je lui en sais un gré infini , avait nais pour se marier le joli déshabillé que je lui ait fait, il lui sied à ravir; mais comme le froid était excessif elle a dû mettre par dessus une pelisse en salin blanc doublée de renard blanc, ce qui a un peu chiffonné le déshabillé; sa coiffure était charmante, elle avait un voile en blonde blanche qui descendait jusqu'à ses pieds.
En rentrant au château on déjeuna; le repas fut servi avec un luxe extrême. Après le déjeuner, Barbe monta dans son appartement où ma mère suivie de douze dames présida à sa toilette. Elle mil une robe de satin blanc avec des raies moirées, garnies d'une blonrle du Brabant brodée d'argent. Sa rol>c avait une longue queue. Elle portait à son
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côté un bouquet de romarin et sur sa tête un autre bouquet plus petit des mêmes fleurs, retenu par une agraffe en or sur laquelle était écrit en vers la date de son mariage et les félicitations qu'elle a reçues dans ce jour solennel. Barbe était fort belle dans cetle toilette ; ma mère n'a pas voulu qu'elle mît ses bijoux. Elle croit que cela porte malheur. « Celle, dit-elle, qui porte ses bijoux le jour de ses noces pleurera des larmes amères le reste de sa vie. »
Ce fut assez pour convaincre la pauvre Barbe qui avait déjà tant pleuré qu'elle en avait les yeux tout gonflés.
Dans le bouquet placé par ma mt^re au côté de Barbe il y avait un ducat d'or frappé le jour de sa naissance, un morceau de pain et un grain de sel. C'est un- viel usage chez nous qui, dit-on, assure pour toujours ces trois f hoses de première nécessité; on y joint
une antre précaution symbolique, c'est un petit morceau de sucre pour adoucir les peines du mariage.
INous avions précédé Barbe dans le salon ; nous étions douze jeunes filles toutes habillées de blanc avec des fleurs dans les cheveux. La plus âgée venait à peine de terminer sa dix-huitième année.
Le colonel etTabbéVincenl nous attendaient près la porte d'entrée du grand salon où monsieurle starostevintau devantde nous suivi de douze chevaliers; on portait derrière eux un immense plateau couvert die bouquets. Chaque bouquet était composé de romarin, de myrthe, de fleurs de citronnier et de fleurs d'oranger liés ensemble par un néeud de ruban blanc. INous avions toutes des épingles en or et en argent qui devaient servir pour fixer les bouquets. Ma mère et les vieilles dames qui présidaient au cérémonial, nous
ont enseigné la manière dont nous devions agir, les convenances et les usages que nous devions observer pour ne blesser personne. Nous avions très-bien compris toutes les recommandations, mais une fois arrivées dans le salon nous avons tout oublié. D'abord nous avons offert et fixé nos bouquets avec un air très-digne et très-solennel. Puis l'envie de rire nous a gagnées et nous n'avons pas pu nous contenir. Nous avons fait mille enfantillages et des gaucheries. Dieu sait ! mais on a tout pardonné; je n'en ai pas été surprise j'avais déjà remarqué qu'on ne garde jamais rancune aux jeunes filles surtout quand elles sont jolies.
Noire gaîté s'est communiquée à toulc l'assemblée, les gens mariés, les vieux, les jeunes, ceux qui n'avaient pas le moindre droit aux bouquets nous en ont demandé et nous leur en avons donné de bonne grâce.
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; En un instant la pyramide de fleurs a disparu; les épingles d'or et d'argent manquaient, il a fallu avoir recours aux épingles ordinaires, mais comme c'était nous qui les présentions on les recevait d'un air très-aimable.
Enfin chacun était enchanté et le salon tout plein de fleurs ressemblait ;\ un parterre.
Toutù coup, j'ai découvert le petit Malhias relégué dans un coin, n'ayant pas de bouquet et faisant bien triste mine. Je me suis approché de lui : il m'a dit alors d'une voix basse et sentimentale : «Toutes ces demoiselles m'ont oublié, je ne m'en étonne pas; mais vous, Fran-' çoise, vous que j'ai portée dans mes bras, vous que j'ai tant aimé depuis votre enfance c'est bien mal de n'avoir pas pensé à moi. Ah! je le prévois avec douleur, si jamais vous épousiez le prince royal je ne serais pas prégont ù voire mariage. »
Je rougis jusqu'aux yeux, il avait rai^u de se plaindre, ce pauvre Mathias ; je courus bJen vite dans ma chambre pour lui chercher un bouquet; malheureusement, il n'y en avait plus; ma mère les avait tous distribués à la société.
Le jardinier demeure loin d'ici, comment faire? Je voulais pourtant que Malhia^eiit son bouquet; à part sa prophétie, je tenais à le satisfaire.
Une excellente idée m'est venue , j'ai fait deux parts de mon bouquet, je les ai nouées avec un ruban blanc, et je suis allée en attacher une avec une épingle 'd'or à la boutonnière de Mathias. J'ai fixé l'autre à mon côté avec une épingle ordinaire.
Mathias a été ravi de mon procédé ; il m'a dit : Françoise, non-seulementvousétes belle, mais vous êtes un ango de bonté; moi je suis quelquefois prophète. Puissent ^'acconspin les
vœux et les souhaits que je fais pour vous ! je conserverai précieusement ce bouquet jusqu'à votre mariage... que serez-vous , Fran»çoise, quand vous me rendrez ce bouquet?»
Chose étrange, ces paroles du petit Mathias m'ont fait rêver toute la soirée. Elles raisonnaient dans mon cœur; je ne pouvais m'en distraire : mais quelle idée a-t-il donc? Suisje une Barhe Radziville? Sommes-nous encore au temps où les rois faisaient des mariages d'amour? ce sont des folies que tout cela ; je rêve quand je ne devrais m'occuper que de ma sœur.
Je reviens à la cérémonie.
Toute la compagnie, réunie dans le salon, tournait les yeux vers la porte d'entrée. Enfin les deux battants s'ouvrirent et Barbe entra toute en larmes soutenue par deux dames. Elle marchait en tremblant ; sa poitrine était oppressée , ell' pouvait à peine retenir ses
sanglots, Monsieur lestaraç^e U regardait d'un air attendri; il s'approcha d'elle, il lui prit la main et la conduisit auprès de mon père et de ma mère , qui leur donnèrent à tous deux leur bénédiction. Tout cela se passait au milieu d'une émotion générale. Après avoir reçu cette tendre bénédiction, les mariés firent le tour du salon et chaque assistant leur adressa des vœux. On se rendit ensuite à la chapelle du château. L'abbé Yincent se tenait debout devant l'autel. Le ministre Borch, représentant dn roi, et Kochanowski, fils du caslellan, offrirent la main à Barbe; et monsieur le staroste offrit la sienne à mademoiselle Malachovsrska , fille du palatin et à moi. ]\Ion père et ma mère, le reste de la famille et UQS hôtes marchaient deux à deux. Le silence était si profond qu'on entendait le frôlemeut des robes de soie. Un grand nombre de cierges brûlaient autour du tabernacle.
Un riche tapis brodé d'or et d'argent recouvrait les marches de l'aulel: deux priedieu, garnis de velours rouge, l'un aux armes des Krasinski, l'autre aux armes de Swidzinski étaient préparés pour les époux; ils s'y agenouillèrent : les demoiselles se placèrent à droite et les cavaliers à gauche de l'autel. C'est moi qui portais le plateau d'or sur lequel étaient les deux bagues nuptiales. Mon père et ma mère se tenaient debout derrière Barbe, et monsieur le palatin derrière son fils. On entonna le Veni Creator; puis l'abbé Viencent prononça un long discours presque tout en latin, ensuite commença là cérémonie. Barbe, au milieu de ses larmes et de ses sanglots prononça assez distinctement : « Je vous prends pour époux, etc. » Monsieur le slaroste avait la parole bien plus haute et surtout bien plus assurée. Après l'échange des anneaux, les mariés se sont jetés aux pieds
de mon père et de ma mère qui leur ont donné de nouveau leur bénédiction. A un signe du maître des cérémonies les musiciens et les chanteurs italiens, qui avaient été appelés exprès au château se sont mis à jouer et à chanter. En dehors de l'église, nos dragons tiraient des coups de canons et de carabines.
Quand ce bruit cessa et qu'il fut possible de s'entendre, mon père adressa aux mariés les paroles suivantes : « Celle union , » bénie par le ciel , servira à la gloire de l'é- »ternel qui gouverne le monde. Que vos ser- » ments, que Dieu vient de recevoir, soient le «gage de votre bonheur; tous deux vous de- »vez veiller sur ce bonheur, mais la mission » de l'époux est la plus importante; il doit têtre le guide et le père de sa femme, (et se a tournant vers monsieur le starosle, ) vos ver- • tU8 et vos qualités me rassurent.
' «Quant à loi, ma fille chéfie, tes devoirs «t'ordonnent de garder une profonde recon- » naissance envers la mère pour l'éducation » qu'elle t'a donnée et pour les Soins pleins de «sollicitude dont elle a entouré ton enfance. » Sois vertueuse; la vertu est un trésor de bon- *heur : c'est le droit chemin, c'est la renom- »mée qui surpasse tous les biens de ce mon- » de. Conserve la prudence et la circonspec- ^tion dans tes paroles, la modestie et l'affawbilité dans tes actions; enfin, ne cesse ja- » mais de rendre grâce à Dieu : Aime ton mari «et obéis-lui comme tu as obéi jusqu'ici à » ton père et à ta mère ; déteste le mal , aie » du pouvoir sur toi-même, et sois résignée à » toutes les peines de ce monde. Prends tou- » jours pour guide la raison et la religion, et «que Dieu te bénisse comme je te bénis en »ce moment suprême. » A ces derniers mots. Barbe se mit à pleurer ; sa voix était si fai-
ble qu'on ne put entendre les paroles quVlle essaya de répondre à mon père; elle se jeta de nouveau à ses pieds et à ceux de ma mère, puis vinrent de toutes parts les félicitations.
L'abbé Vincent, après avoir aspergé d'eau bénite les assistants, prit la patène et la donna â baiser à madame la panetière Jordan ; c'était une grande faute, un inconcevable oubli des droits de préséance; il devait d'abord l'offrir à madame la castellane Rochanowska, mère du représentant du prince royal. Ma mère, qui heureusement s'aperçut de cette distraction la répara en priant madame la castellane de vouloir bien prendre le pas sur madame la palatine Granowska pour conduire monsieur le staroste. Barbe marchait entre le représentant du roi et le palatin Malachowski. Nous entrâmes en conservant cet ordre dans le salon de compagnie, où l'on
vint bientôt nous annoncer que le dîner calait servi.
La table était immense et formait la lettre B; le service était éblouissant : an milieu de la table s'élevait une pyramide en sucre, haute de quatre pieds : durant deux semaines un cuisinier français avait travaillé à cet édifice qui représentait le temple de l'hymen orné de figures allégoriques. Les armes des Krasinski et des Swidzinski^ entourées d'inscriptions françaises, se voyaient sur les quatre façades; de belles figures en porcelaine , des corbeilles d'or et d'argent ornaient et encombraient tellement la table qu'il eût été impossible à notre nain Pierre d'y circuler. Je n'ai pu parvenir à compter tous les plais, et l'échanson aurait eu beaucoup de peine à dire le nombre des bouteilles qui ont été bues : c'était à l'infini, mais pour en donner l'idée, je vous dirai qu'iai tonneau de vin
de Hoiigrie a été vidé j>endant le repas : ce vin avait été nommé le vin de mademoiselle Barbe. Mon père l'avait acheté le jour de la naissance de ma sœur pour que^ selon l'usage polonais, il fût servi le jour de son mariage. Chacune de nous a ainsi son tonneau de vin , et notre échanson m'a dit que si le mien reste en cave encore deux ans il sera parfait.
Il y a eu des toasts innombrables : on a bu aux nouveaux mariés, à la république, au roi, au duc de Courlande, au prince primât, au clergé, au iii..itre et à la maîtresse do la maison, aux clames ; et après chaque toast on brisait les bouteilles et les verres , on lirait des coups ^!e canon et on sonnait la trompette.
A la fin du dessert, un calme parfait succéda à tout ce bruit : nous pensions que mon père allait donner le signal pour qu'on se levât de table, mais nous nous trompions fort; il ap»
pela le maître-d hôtel, lui dit quelques mots à Voix basse ; celui-ci sortit et revint bientôt après tenant une boîte de maroquin noir que je ne connaissais point.
Mon père l'ouvrit et en tira une coupe en or enrichie de pierreries : cette coupe avait la forme d'un corbeau ; il la montra à toute la compagnie et dit qu'elle lui venait par succession des anciens romains de la famille des Corvins , et qu'il n'y avait pas touché depuis le jour de ses noces; prenant ensuite des mains de l'échanson une grande bouteille couverte de sable qui attestait une respectable vieillesse; il nous répéta avec une sorte d'orgueil que ce vin était centenaire et le vida dans la coupe jusqu'à la dernière goutte, puis comme elle n'était pas suffisamment pleine il y versa jusqu'aux bords du méfiae vin d'une seconde bouteille, après
quoi il but le tout d'un seul trait à la prospérité des nouveaux mariés.
Le toast lut reçu avec enthousiasme ; la musique recommença à jouer de plus belle, et le canon à gronder de son mieux. La coupe circula, et sa vertu était telle qu'elle parvint à faire boire encore une centaine de bouteilles de vieux vin; après le coup de grâce chacun quitta la table comme il put.
11 faisait déjà tout-à-fait nuit; les dames montèrent dans leurs appartements pour faire une nouvelle toilette, mais îa mariée, et nous demoiselles, nous n'en changeâmes point.
Vers sept heures, quand les vapeurs du vin se furent un peu dissipées on commença à danser. Le représentant du roi ouvrit le bal avec Barbe. On dansa d'abord des polonaises, des menuets et des quadrilles; mais comme on s'animait ^av degrés on en vint aux ma-
zourka et aux cracoviennes. Kochanowski dansa admirablement la cracovienne et, se conformant à l'usage qui veut que celui qui ouvre la danse chante des couplets que les^ autres répètent , il improvisa au moment où il dansait avec BarliC, un couplet dont voici à peu près le sens : « Aujourd'hui , Je ne vou- »drais être ni roi ni palatin, je n'envie que le «bonheur du staroste; il a mérité la plus ac- » compile de toutes les femmes. »
On suspendit le bal un moment ainsi quelcs toasls quiavaient recommencésdeplus belle, pour placer une chaise au milieu du salon ; la mariée s'y assit, et les douze demoiselles commencèrent à défaire sa coiffure on chantant d'un ton lamentable : « Ah ! Barbe, c'en est donc fait, nous te perdons. » Ma mère lui ôta sa guirlande, et madame la palatine Malachowska lui mit à la place un bonnet de dentelles.
J'aurais ri de bon cœur de ce travestissement, si je n'avais vu Barbe toute en pleurs ; cependant le bonnet lui allait à ravir, et tout le monde répétait que son mari l'aimerait'beaucoup, beaucoup; moi, je n'en doute pas : comment ne pas aimer une si bonne et si douce créature?
La cérémonie du bonnet achevée, les danses recommencèrent. Par respect pour l'usage introduit par la nouvelle cour, on fit danser le drabaiit à la mariée avec le représentant du roi ; ensuite la musique joua une grave polonaise : le palatin Swidzinski offrit la main à Barbe qui tour-à-tour dansa avec tous les homme? de la société.
Lu polonaise , étant plutôt une promenade qu'une daiise, elle convient à tous les âges; mon père figura donc aussi dans une polonaise; liiais après avoir fait une fois le tour
du salon aveq Barbe, il \^ remit à monaîeur le staroste, et ce fut tout de bon.
La polonaise avait terminé le bal : ma mère nous engagea à aller dormir. Les vieilles dames s'emparèrent de Barbe et la conduisirent dans la chambre préparée pour elle et son mari. On m'a dit que ça avait été encore l'occa,sion de nouveaux discours très-touchants, de nouvelles rasades, de recommandations , de félicitations et de pleurs.
J'ai dormi d'un excellent sommeil; j'en avais grand besoin; ce malin, je ne suis pas trop fatiguée. Mon Dieu, que je me suis amusée hier! j'ai dansé avec le représentant du prince royal bien plus souvent qu'avec tous les autres ; il est si aimable, il cause ^vec tant de grâce; ce n'est pas surprenant, il a été à Paris et à Lunéville, et il n'est de retour en Pologne que depuis un an ; aussitôt son arrivée, il a été attaché à la personne du prince
dont il se loue infiniment. En vérité, si son maître est plus galant que lui , ce doit être quelque chose d'idéal. Je suis toute joyeuse en pensant à la soirée d'aujourd'hui, il nous faudra commencer la danse de très-bonne heure , car le mardi-gras il n'est pas permis de la continuer après minuit. Je n'ai pas encore vu Barbe, c'est-à-dire madame la starostine ; mes parents ne veulent plus qu'on la nomme autrement. Je suis toute désorientée de ne plus la voir avec nous ; j'ai hérité de son lit, de ua table de travail ; enfin j'ai gagné tous les honneurs du droit d'aînesse ; je ne suis plus Françoise, encore moins Fancliette^ je suis la petite starostine; il me fallait bien quelques consolations.
Ce 37 février; mercredi.
Nous voilà au triste mercredi des Gendres, il faudra languir encore toute une année avant d'arriver au carnaval prochain.
Nos hôtes commencent à partir, le représentant de Sa Majesté nous a quittés; les nouveaux mariés partiront après-demain ; nous les accompagnerons jusqu'à Sulgostow.
]\1. le staroste n'admettra à son palais aucun étranger, car les amusements sont interdits pendant le carême. Pourtant il a fait une exception en faveur du fils du Castellan Kochanowski; il a vivement sollicité d'être admis parmi nous, et le starosle, dont il a été le camarade de collège n'a pu le refuser. Je suis ravie de faire ce petit voyage ; je vais
voir le palais et les domaines de ma chère sœur. J'ai beaucoup de peine à m'habituera dire madame la starostme en parlant à Barbe; mais je dois imiter mes parents qui ne rappellent plus autrement.
Depuis son mariage, Barbe est devenue très-grave ; elle ne porte plus que des robes à longues queues; il me s(unble que ces grandes toilettes la vieillissent de quelques années; elle a l'air triste, et cela se conçoit au moment de quitter la maison paternelle, puis l'idée de se trouver seule avec un homme qu'elle connaît à peine doit l'inquiéter. Elle est si craintive avec M. le staroste que personne ne pourrait se douter qu'il est son mari ; quant à lui , il n'est pas timide du tout, il l'appelle ma petite femme ; il s'approche d'elle ù chaque instant et lui parle bien plus souvent qu'il n'a jamais parlé à mon père
et à ma mère.