LE SECOND COMITÉ DE DÉFENSE GÉNÉRALE
L'occasion qui devait obliger la Convention à forüifier tous les pouvoirs en les concentrant dans les mêmes mains ne se fit pas attendre : ce fut la défaite de Neerwinden le 22 mars.
La Convention ordonna à son comité de Défense générale de préparer un projet d'organisation du comité de Salut publie qui devait lui être présenté le lendemain. Cependant le lendemain, on ne fit rien ; et ce n’est que trois jours après, le 25 mars, que fut réorganisé le comité de Défense générale. Le nouveau comité gardait le même nom que l’ancien ; 1l avait le même nombre de membres, vingt-cinq. Il était chargé « de préparer et de proposer toutes les lois et les mesures nécessaires pour Ja défense extérieure et intérieure de la République ». Il devait appeler le conseil exécutif à
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ses séances au moins deux fois par semaine. Les ministres devaient lui rendre compte dans la huitaine de tous leurs arrêtés généraux. Il avait ainsi la direction effective ou plutôt le contrôle très étroit du pouvoir exécutif; mais ce contrôle et cetle direction, il ne les exerçait à son tour que sous l’autorité immédiate de la Convention : deux de ses membres, en effet, devaient assister chaque jour aux séances de l’Assemblée pour répondre aux questions qui lui seraient adressées par les députés (1).
Ce comité délibéra en commun, comme l’autre.
« Ce comité, dit Barère (2), a toujours dans le lieu de ses séances près de deux cents membres de la Convention. » De plus, si la réunion d'opinions opposées dans un même ministère est funeste à la marche normale du gouvernement, cela est encore plus vrai pour un comité chargé seulement de donner la direction générale à la politique dont les détails appartiennent à d’autres (le conseil exécutif) et cela est surtoul vrai en temps de crise. — Le rôle du second comité de Défense générale fut nul.
(1) Au point de vue de sa composition, ce comité constituait «unesorte de transaction entre les partis fortement prononcés ». Discours de Barère dans la séance de la Convention du 6 avril 1793. Les Girondins et les Montagnards y étaient en nombre à peu près égal, quoique avec un léger avantage pour la Gironde. Le bureau fut composé d'hommes ne se raltachant à aucun des partis extrêmes : Guyton-Morveau, président ; Barère, viceprésident ; Bréard et Cambactrès, secrétaires.
(2) 6 avril 1793.
Le 4 avril, après la défection de Dumouriez, il proposa lui-même sa propre dissolution et la création d’une commission d'exécution, qui devait être chargée de toutes les fonctions qui étaient attribuées au conseil exécutif réuni. C’était consacrer d'une manière ouverte la main mise complète de la Convention sur le pouvoir exécutif (1).
Nous allons voir que la Convention va hésiter encore devant cette violation du principe sacré de la séparation des pouvoirs : elle l’accomplira en fait, poussée par les circonstances, mais en droit le principe ne sera pas encore complètement aboli.