VIII. — Nouveaux voyages du président de la République
Cette œuvre réactionnaire accomplie, l’Assemblée se prorogea du 11 août au 11 novembre.
Louis-Napoléon en profita pour recommencer à travers la France ses excursions politiques; sa présence seule entretenait le culte de la légende napoléonienne ; il se plaignait des entraves que la Constitution apportait à son désir de faire le bien; et, à Strasbourg, il allait jusqu’à dire que c’était contre lui que cette Constitution avait été faite. En réalité, le Président regreltait de n’avoir pas un pouvoir personnel complètement dégagé de toutes les entraves.
IX. — Prétention formulée par le prince-président de disposer seul de l’armée.
Le Président prétendait d’ailleurs avoir dans l’état actuel des choses beaucoup plus de droits que ceux que lui conférait la Constitution. C'est ainsi que dans un message par lequel il deman-
dait un crédit de dix millions pour lever quarante mille hommes à cause des complications avec l'Allemagne, il affirmait avoir le droit de disposer seul de l’armée. La commission qui eut à s'occuper de la demande de crédit, tint à déclarer par l’organe de son rapporteur, M. de Rémusat, qu’à l’Assemblée seule appartenait le droit d'engager le sang de la France.