CHAPITRE XII
Pendant que les deux jumeaux regagnent leur demeure hospitalière, nous conduirons le lecteur dans la case de Cupidon,
Si le sort des nègres était cruel dans quelques habitations, dans d'autres il eût fait envie à nos plus heureux laboureurs ; on s'en convaincra en jetant un coup d'œil dans la case de Cupidon.
La maison du chasseur était construite près de la berge du canal. Son toit de feuilles de latanier était ombragé par un massif d'orangers qui, dans les régions équinoxiales , arrivent à un développement que ces arbres n'atteignent jamais ailleurs. Il était couvert de fleurs et de fruits si nombreux que de longues perches supportaient leurs basses branches qui ployaient sous le faix.
La case était entourée d'un petit jardin divisé en plusieurs carrés d'ignames, de patates, d'ananas, de melons musqués, légumes et fruits exquis que ce sol fertile donne presque sans culture.
120 AVENTURES D'HERCULE HAÏRDI.
La femme de Gupidon, belle négresse coromantvne nommée Jesabel, entretenait aussi un petit parterre de fleurs destinées a orner l'intérieur de sa case. Cette chambre se composait de deux pièces ; l'une servait de cuisine, l'autre de chambre à coucher.
Dans la première de ces pièces , éclairée par les flammes des joncs marins qui répandaient plus de clarté que de chaleur, étaient Gupidon, sa femme et son fils Quaco , beau négrillon de dix à onze ans , et le gai musicien Toucketv- Touk. Le chasseur avait invité ce dernier à partager son braf^ sorte de hochepot de plantîns et d'ignames cuits avec de la viande salée, du poisson fumé et du poivre de Cayenne, ragoût dans lequel excellait la ménagère Jesabel.
Le braf fut servi dans un plat de terre fabriqué par Gupidon lui-même. Un plpper-poty composé de makely-fisy, excellent poisson frais qui ressemble au saumon, et qu'on fait cuire avec les gousses tendres de l'althéa qui lui donnent une saveur aromatique ; une belle tortue de mer grillée dans son écaille, arrosée d'un jus de limon et saupoudrée de poivre rouge et de sel 5 enfin, un daguenou^ gâteau de farine de maïs pétri avec du lait et du miel, complétaient le souper du ménage noir^ souper dont les principaux mets,
tels que les poissons et la tortue, étaient dus à la pêche du négrillon Quaco.
L'intérieur de la case était d'une minutieuse propreté. Sur un buffet on voyait une profusion de gourdes , de plats et d'écuelles faits avec des courges (produit du jardin), d'une belle couleur d'acajou et presque tous ornés de dessins et de couleurs vives.
Cette collection d'ustensiles de ménage était encore due à l'industrie de Cupidon qui , pendant les longues veilles de la saison des pluies, occupait ainsi ses loisirs.
Enfin, sur les murs de bois soigneusement lavés, on voyait dans des cadres dorés deux mauvaises gravures enluminées représentant le prince et la princesse d'Orange.
Ces deux gravures, pour l'acquisition desquelles Cupidon avait long-temps économisé , faisaient l'admiration et l'envie de toute la population noire et mêlée de Sporterfigdt.
Le souper auquel le gros musicien s'apprêtait à faire honneur était servi sur une table de bois d'acajou recouverte d'une belle natte de joncs tressée par Jesabel.
Cupidon s'était débarrassé de ses armes qu'il avait accrochées a la cloison. Son chien Manioc
it% AVENTURES D'HERCULE HARDI.
et sa chienne Cassasse étaient couchés ii ses pieds.
Les traits du noir respiraient le vif bonheur qu'on éprouve à se retrouver avec les siens lorsqu'on a échappé à un grand danger par son adresse et par son courage.
— Il faut prendre des forces pour cette nuit qui sera peut-être rude, dit Cupidon àTouckety- Touk, en lui servant une seconde fois du braf. Quand Bel-Gossim demande la clé des armes à la Classera, ce n'est pas pour rien, car Bel-Gossim ne s'alarme pas aisément.
— Tu as raison, Cupidon, prenons des forces, dit le musicien sans être effrayé de la quantité de braf qui fumait dans son écuelle de courge. Tout à l'heure , ajouta-l-il la bouche pleine , le commandeur m'a donné une carabine, un coutelas comme l'an passé. Que je ne souffle jamais de ma vie dans un kiembateloô (i), si je ne suis pas prêt à me servir de mon mieux de Tun et de Tautre contre ces courlis rouges de Pinnakotaws!
— Un malheur ne vient jamais seul, dit Cupidon. Si les Indiens sont au dehors, Oultok le borgne est au dedans de la case.
(1) Jonc creux dans lequel les nègres soufflent avec le nez.
CUPIDON. 12a
— Tiens , Cupidon , dit Touckety-Touk en posant sa fourchette de bois sur la natte qui servait de nappe , j'aurais autant aimé voir un spectre (i) se balancer aux solives de ma case, ou un cross-crow (2) perché sur mon toit, que de voir arriver ce méchant homme dans cette habitation. Sais-tu ce qu'il a fait dernièrement à l'anse du Paliest ?
— Quelques barbaries nouvelles ?
Le musicien leva les mains au ciel , et , secouant la tête avec effroi, répondit :
— Un de ses noirs s'était enfui marron. Les chasseurs mulâtres d'Oultok , aussi cruels que leur maître , ont poursuivi l'esclave. Surpris et atteint, il s'est défendu et a blessé un des mulâtres. Ramené à l'anse du Paliest, Oultok le bor* gne lui a fait couper la tête. Avec la moitié du crâne et un lambeau de la peau de ce malheureux, le colon a fait faire un coè'roma (3). Les os des bras de la victime ont servi de baguettes, et le vieux Taïbo, musicien de l'anse du Paliest
(1) Vampire ou spectre de la Guyane, chauve - souris monstrueuse qui suce le sang des hommes et des animaux. Ses ailes ont trois pieds d'envergure.
(2) Sorte de corbeau.
(3) Petit tambour fait d'une moitié de calebasse recouvert de peau d'agneau.
i2U AVENTURES D'HERCULE HARDI.
et père du supplicié, a été forcé de jouer de cet infernal tambour pour faire danser les noirs à cette musique.
— Que le Massera d'en haut nous protège , dit Jesabel, en attirant son négrillon près d'elle, et en jetant un regard d'épouvante sur le gros musicien et sur Gupidon! Mais comment la fille de Sporterfigdt ose-t-elle recevoir sous son toit un pareil monstre? dit Jesabel.
— Massera Sporterfigdt (ses bontés sont dans nos cœurs), ajouta Gupidon, en manière de parenthèse (qui fut répétée par les autres convives avec un accent de vénération profonde) 5 Massera Sporterfigdt, reprit-il, avait couché une nuit à l'anse du Paliest: sa fille ne pouvait pas fermer la porte au maître de l'anse du Paliest. Tout colon, bon ou méchant, a le droit de demander asile a un autre colon. C'est la loi.
La conversation des esclaves fut interrompue par l'arrivée du commandeur, qui parut à la porte de la case ; il fit un signe h Gupidon et sortit suivi du noir.
Il était alorsenviron dix heures du soir. Le plus profond silence régnait dans l'habitation. Un feu de branches de latanier sans cesse entretenu éclairait chacune des quatre berges qui dominaient le canal dont Thabitation était entourée. La sen-
tinelle^ chargée de ce service, était armée d'un fusil, et se promenait près de chaque feu , qui jetait au loin assez de flamme pour éclairer les mouvements qu'aurait pu tenter l'ennemi.
Tous les hommes en état de porter les armes étaient assis ou couchés dans une vaste grange et prêts à sortir à la première alerte.
— Les deux mulâtres d'Oultok sont couchés près du séchoir, dit Bel-Cossim à Gupidon ; ils sont aussi méchants que leur maître. Je crains (jue ces démons ne fassent quelques mauvais coups. Ils se sont tout à l'heure long-temps entretenus à voix basse avec leur maître, je les ai vus, mais je n'ai pu les entendre. Lui ne s'est pas couché 5 il se promène tout habillé dans sa chambre... Tout cela, joint a la présence des Indiens dans la forêt, me donne des soupçons sur ces deux misérables. Tu vas aller t'enfermer avec eux, et ne pas les quitter de la nuit. Prends Touckety-Touk, si tu le veux, et armez-vous, car ils sont intrépides et capables de tout.
— Croyez-moi, Massera, dit Cupidon, faitesles mettre aux fers bien attachés par le col, par les pieds et par les mains dans la case aux punitions , et vous dormirez tranquille. Que ces bandits soient au moins une fois traités comme ils le méritent.
— C'est impossible ; la fiile de Sporterfîgdt n'y consentirait pas ; ce serait violer, pour un soupçon, les lois de l'hospitalilé en usage dans la colonie. Qui outrage le valet outrage le maître. Peut-être d'ailleurs que mes craintes sont exagérées. C'est à ton courage, à ton adresse, à ta vigilance que je laisse le soin de veiller sur eux. De mon côté, je vais surveiller Oultok le borgne, sans qu'il s'en doute.
— Mais, Massera, comment faire pour m'établir dans leur chambre avec Touckelv-Touk ?
— Tu leur diras , qu'en bons frères vous venez passer gaîment la nuit avec eux en buvant du kill'-dcNvill (i); ma femme t'en donnera une bouteille : ils n'oseront refuser de peur d'éveiller les soupçons. Mais sois sobre...
— Ah! Massera!... dit Cupidon d'un ton de reproche...
— Non, non, ditBel-Cossim, je suis tranquille sur ton compte 5 mais cette outre de Touckety- Touk?
— Il est vrai , Massera , que le gros musicien aime autant une gourde bien remplie de killdewill qu'une calebasse vide recouverte d'une peau de chevreau ; mais je réponds de lui quand
(1) Tuc-diable, espèce de rhum très-fort.
il s'agit du salut de Sporterfigdt et de la fille de Sporterfigdt.
— Va donc retrouver ces deux scélérats jumeaux, qui, je le crois, sont jumeaux en crimes comme ils sont jumeaux en figure. 11 se fait tard; voici bientôt l'heure des mauvais desseins.
— Soyez tranquille. Massera, Gupidon fera tout ce que peut faire un bon et fidèle serviteur.
— Je le sais. Allons , va , dit Bel-Gossim ; et le commandeur et l'esclave se séparèrent.
Une demi-heure après cet entretien, Gupidon et Touckety-Touk portant une lanterne , une gourde remplie de kill-dewill et quelques gâteaux de maïs ou dogice/ious , entrèrent doucement dans la chambre où étaient les deux frères. Ils trouvèrent ceux-ci endormis ou feignant de dormir.
Gupidon ouvrit sa lanterne, en tira une bougie et à sa lueur examina la physionomie des deux mulâtres, couchés côte à côte dans le même hamac.
Leurs traits étaient assez réguliers, mais leur front plat et déprimé en arrière comme celui du serpent; la courbure de leur nez, crochu comme le bec d'un oiseau de proie; leurs lèvres^ si minces qu'elles se voyaient à peine ; leurs mentons, saillants, et la direction singulière de leurs sour-
cils noirs qui s'abaissant brusquement, se rejoignaient au-dessus du nez, et semblaient se perdre dans le pli profond qui les séparait, donnaient à leurs figures cuivrées un caractère sauvage et féroce.
Ils semblaient jouir d'un sommeil paisible» Leur respiration était calme , mesurée. Tout dans leur pose était rempli de souplesse et d'abandon. Rien ne trahissait la gêne, la raideur qui accusent ordinairement un sommeil factice.
Après les avoir un instant contemplés en silence, Cupidon et Touckety-Touk échangèrent un regard de doute ; le gros musicien dit tout bas à son compagnon : Ils ont l'air de dormir... aussi paisiblement qu'un enfant bercé dans sa corbeille de jonc. Pour des affidés de l'homme qui fait des tambours avec des têtes de mort, ils ont un sommeil bien innocent!
Sans lui répondre , Cupidon les examina de nouveau d'un regard perçant^ rien ne lui annonça que les mulâtres le trompaient.
Voulant tenter une dernière épreuve^ il pencha la bougie et fit tomber une goutte de cire brûlante sur le front de Tarpocn.
Le mulâtre ne sourcilla pas. Le calme de sa respiration ne fut pas interrompu.
11 ne dort pas , dit Cupidon à yoIx basse au
musicien. Cette douleur inattendue réveillerait un homme endormi.
— Au contraire, dit Touckety-Touk, son sommeil est tel qu'il ne sent rien.
— Qu'importe ? c'est un traître. Exécutons les ordres de notre maître. Poifrnardons-les. Nous cacherons leur corps, tu sais où...
Et Gupidon, tirant avec bruit un couteau de sa gaine 5 leva brusquement le bras, abaissa la lame si rapidement et si près de la poitrine découverte de Siliba qu'une ligne de plus, la peau du mulâtre était effleurée.
— Siliba ne sourcilla pas, et continua do dormir avec la plus entière sécurité.
— Allons, allons! ils sont aussi dormeurs qu'un logaoo (i) pendant l'hiver. Tant mieux, nous n'aurons pas à leur parler ; et j'aimerais mieux souffler avec mes narines dans une flûte de bronze rougi au feu, que de passer la nuit h boire avec de pareils scélérats. Crois-moi, Cupidon , asseyons-nous là ; fumons notre pipe en ne les quittant pas de l'œil ; nous aurons l'avantage de ne pas partager avec eux le doguenou et le kill-dewill; et demain matin, Sportcrfîgdt
(1) Aï ou paresseui, ainsi appelé par les nègres.
sera débarrassé de ces hôtes aussi porte-malheurs que l'Ourow-Rourow.
Gupidon se rendit aux raisons du musicien. Les deux noirs prirent leurs pipes au tuyau de carouljier et au fourneau de terre , s'assirent audessous du hamac, et commencèrent leur veillée.
Les deux mulâtres ne dormaient pas; mais tel était leur empire sur eux-mêmes, qu'ils s'étaient merveilleusement contenus pendant celte scène.
Gupidon était assis presque en travers de la porte, et Touckcly-Touk en travers de la fenêtre, ïls causaient et fumaient , et ne semblaient pas devoir céder à un sommeil involontaire , ainsi que les deux frères l'avaient espéré.
Ceux-ci étaient tellement habitués à se comprendre au moindre geste, ils avaient mie intelligence si sagace, qu'au moyen de mouvements presque imperceptibles ils purent échanger quelques-unes de leurs pensées.
Ainsi Tarpocn, mettant son doigt sur le cœur de Siliba, et l'y appuyant deux fois, fit entendre à son frère qu'il fallait poignarder les deux noirs.
Celui-ci, repoussant légèrement du coude le bras de son frère, lui fit comprendre par ce mouvement qu'il ne parlagcait pas cette idée, tandis que ?a respiration qu'il éleva davantage, en cxha-
lant un souffle sonore et prolongé, exprima clairement pour Tarpoën qu'il fallait compter sur le sommeil des deux noirs pour tenter quelque chose.
Malheureusement, Gupidon et Touckety-Touk semblaient puiser dans l'usage modéré du kilîdewill , alterné avec la pipe , une loquacité toujours renaissante.
Les deux mulâtres furent donc obligés de se résoudre , pour cette nuit du moins , à ne faire aucune funeste tentative, ne voulant pas exciter les soupçons par un essai malencontreux.
Cette résolution était d'autant plus prudente que bientôt plusieurs coups de feu retentirent dans la direction des berges où étaient postées les sentinelles.
Cupidon et Touckety-Touk se levèrent précipitamment, coururent à la fenêtre.
Les deux mulâtres ne purent s'empêcher de paraître éveillés à ce bruit si rapproché...
— Ce sont quelques-uns de ces courlis rouges qui auront voulu s'approcher du canal, dit Cupidon , en regardant par la fenêtre ; mais voilà tous nos gens sur pied maintenant... Bon! comme toujours la fille de Sporterfigdt paraît bravement son fusil à la main. Quand elle est à la tcte de ses esclaves^ la tribu
entière des Piannakotaws viendrait attaquer Spcrterfigdt que nous ne les craindrions pr.s plus qu'un essaim de mouches.
— Est-ce donc pour* venir nous chercher de la part de notre maître que vous êtes ici? dit l'arpoën , en feignant d'être étonné (!e voir les deux esclaves dans la chambre ; nous demandet-il pour aider h défendre Sporterfigdt?
— Donnez-nous des armes et nous courons aux fortifications, dit Siliba. Et les deux mulâtres sautèrent de leur hamac.
— Des armes, dit Gupidon, c'est inutile, mon compère. On ne répond pas à notre feu. Je disliijguerais à une demi lieue le coup de fusil d'uii Indien des coups de fusil d'un habitant. Il n'y a que les nôtres qui ont tiré. C'est une alarme, rien de plus... Nous y sommes faits. Voici déjà nos gens qui remettent leurs armes en place et qui rentrent dans la grange.
— Ilolà! Tomy, dit Touckety-Touk en s'adressant par la fenêtre à l'un de ses camarades : ([u'est-ce que ce bruit?
— La sentinelle de la berge du nord a vu à la clarté du feu un Indien sortir de la forêt... il l'a laissé approcher assez près, et il a lii é j malheureusement il l'a manqué, et l'Indien a disparu. Il faut être bien audacieux pour oser s'aventurer
ainsi , quand on voit par les feux allumés que l'habitalion est sous les armes.
— Allons, ce n'est rien, dit Cupidon aux deux mulâtres ; puisque vous voilà éveillés, et ce n'est pas sans peine, nous allons attendre le jour qui va bientôt paraître en finissant cette gourde de kill-dewill que nous avions apportée avec nous pour veiller gaîment en bons camarades au lieu de dormir.
— Nous acceptons cette offre comme vous nous la faites, ditTarpoën, en jetant un regard sombre sur Cupidon.
Ainsi se termina cette nuit qui pouvait avoir des suites fatales pour l'habitation de Sportertigdt, grâces à la prudence de Bel-Gossim!
Le soleil se leva et éclaira bientôt le départ d'Oultok et de ses deux mulâtres.
Lorsque Tarpoën arriva devant une des fenêtres du rez-de-chaussée de la maison , il passa deux fois son index sur son sourcil droit ; la jalousie de la fenêtre s'entr'ouvrit, eV un mouchoir tomba.
Le mulâtre regarda ce mouchoir d'un air de triomphe et dit tout bas à son frère : La nuit prochaine, la fille pâle ne nous échappera pas...
Le farouche colon venait de partir de Sporterfigdt, lorsqu'un bruit de tambour se fit en-
tendre , et bientôt le major Rudchop y Pami du père de Hercule Hardi, entra dans l'habitation à la tête de deux compagnies de grenadiers.
Un nouveau mouvement tenté dans l'ouest par Zam-Zam nécessitait un assez grand déploiement de forces, et pendant quelque temps les environs de Sporterfigdt devaient être le centre «les opérations militaires des troupes coloniales.