CHAPITRE XXII
Les soldats du major et les noirs , depuib long-temps habitués à camper au milieu des forêts, déployèrent une dextérité et une célérité peu communes dans leur établissement. Le sol déblayé sur une étendue circulaire de deux cents pas de diamètre, ils construisirent au centre de cette clairière une cabane pour leurs officiers.
Le bois de latanier, sorte de palmier trèsélevé qui croît en abondance dans les forêts de la Guyane, leur avait fourni a la fois les poutres, les cloisons et la couverture de ce logement rustique. Les fruits délicieux qui croissent h l'extrémité du latanier et qu'on nomme chouxpalmisles furent réservés pour le souper des soldats, qui ne furent pas tentés de partager le régal si vanté par Pipper.
Pden de plus simple et de plus ingénieux que la construction des cabanes dont on a parlé.
Le latanier, ordinairement haut de cinquante pieds et de douze à quinze pouces de diamètre ,
est d'un bois très-dur, mais seulement a la superficie.
A l'exception de Técorce et de l'aubier d'un pouce d'épaisseur, l'intérieur de cet arbre est rempli d'une moelle spongieuse , qu'on enlève très-facilement; on scie alors l'arbre dans sa longueur et on le débite en planches solides et légères de sept à huit pieds; on les pose perpendiculairement sur les traverses qui unissent entre eux les quatre poteaux principaux de la cabane solidement fichés en terre ; de longues lianes nommées tay-tay, aussi souples que fortes, servent de cordes pour attacher ensemble toutes les parties de ces cabanes.
Le toit incliné se compose aussi de planches de latanier, de grosses gerbes de feuilles du même arbre sont placées sur cette couverture et étroitement liées entre elles au moyen des tiges flexibles de tay-tay.
Telle était l'habitation élevée en moins d'une heure par les noirs pour le major et pour ses officiers.
L'établissement des soldats et des esclaves était beaucoup plus simple : ils plantaient quatre pieux en terre , les recouvraient d'un toit de feuilles de latanier et suspendaient sous cet abri les hamacs tissés en coton dont chacun était
pourvu , évitant ainsi l'humidité du sol et la rosée du ciel extrêmement abondante pendant les nuits des contrées équinoxiales.
Le soleil s'abaissait rapidement; il colorait <]'une teinte de pourpre le sommet des arbres qui entouraient le camp.
Malgré !es périls et les fatigues de la journée^ malgré les dangers qui les attendaient peut-être durant la nuit, les soldats éprouvaient un grand sentiment de joie et de bien-être, en songeant au repos momentané dont ils allaient jouir. Ils se débarrassaient de leurs armes qu'ils suspendaient 50US leur toit, après les avoir soigneusement visitées; d'autres s'occupaient du souper; d'autres enfin, choisis par le sort, se préparaient à pousser une reconnaissance dans diverses directions.
Ces vedettes devaient défendre le camp de toute surprise pendant la nuit.
La forêt était toujours si épaisse , que les nègres armés de haches frayaient déjà le passage à ces sentinelles , afin que les allées étroites au bout desquelles les factionnaires seraient placés vinssent toutes aboutir au camp.
Le major ne pouvait songer à défendre, par les moyens ordinaires, la position qu'il occupait.
Le désavantage de cette position le servait en cela que la forêt, sans route ni chemin , était
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aussi impénétrable pour rennemi que pour luimôme 5 et qu'un corps de troupes ne pouvait y manœuvrer sans découvrir le secret de sa présence par le bruit des abattis d'arbres nécessaires ^a marche.
Connaissant d'ailleurs la manière de combattre des nègres et des Indiens , il était sur qu'ils n'abandonneraient pas leur retranchement presque inexpugnable de Bousy-Gray, pour venir s'aventurer en grand nombre dans la foret.
Il n'avait a craindre que l'enlèvement partiel de ses vedettes par quelques rebelles isolés. Pour éviter ce danger, il plaça, au bout dechaque route qui communiquait à son camp, un poste de cinq à six hommes 5 deux sentinelles intermédiaires devaient donner l'alarme en cas d'attaque.
Après avoir chargé son infatigable sergent Pipper de faire de nombreuses rondes de nuit . le major entra dans sa cabane, où il trouva ses ofiiciers.
Parmi ceux-ci était Hercule Hardi.
Depuis son départ de Sporterfigdt^ le fils du greffier avait subi de dures épreuves , sa résignation stoïque ne l'avait pas abandonne ; il avait puisé dans le conflit de terreurs qui l'assiégeaient conlinuellement une sorte d'énergie fac-
tice qui finissait par ressembler a du courage ; la peur d'un danger lui en faisait braver un autre ; la crainte de rester seul en arriére au milieu (le la forêt lui donnait la force de marcher en avant avec sa troupe , quelque danger que sa troupe dut affronter.
En attendant le repas frugal que lui préparait Pipper, qu'il appelait gaiement sa ménagère, le major devisait avec ses officiers sur les fatigues de la journée.
— Eh bien ! capitaine Hardi , demanda-t-il à Hercule, comment trouvez-vous nos forêts ? Que dites-vous de notre file indienne? Mille diables! on n'a pas ses coudées franches comme sur les esplanades de La Haye ou d'Amsterdam î
— Je ne regrette plus les esplanades de La Haye ou d'Amsterdam , monsieur le major, répondit Hercule.
— Ah! votre père me l'avait bien dit , reprit le major. Vous êtes un véritable aventurier... Que n'êtes-vous né du temps des flibustiers, vous eussiez été un Bras- de-Fer,,, un Mont^ bars r Exterminateur.,, Mais il ne faut pas non plus faire trop le dégoûté, mon brave ami, nous aurons demain une chaude besogne. D'après les rapports de nos guides, Bousy-Cray est une position très-forte, et les rebelles, qui y sont ac-
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calés comme des loups dans leur lannière, feront une résistance enragée. A propos, savez-vous nao^er?
— Un peu, monsieur le major, dit Hercule.
— Un peu... diable! ce n'est guère, reprit Uudclîop; car nous avons un lac à traverser... Mais avec votre sang-froid et votre audace, on se lire toujours d'affaire... Je vous verrais pieds et poings liés, au milieu d'un fleuve, que je ne serais pas inquiet de vous.. . S'il est vrai qu'il y ait un Dieu pour les ivrognes, il y en a au moins un pour les crânes... A propos de ça, quand vous traverserez le lac, n'oubliez pas, en nageant, de trémousser toujours très-vivement une de vos jambes. C'est un mouvement de contrelemps assez difficile; mais on y arrive en ne comptant que sur ses deux bras et sur une jambe pour nager, et en abandonnant complètement l'autre au trémoussement dont je vous ai parlé.
— Eh! que fait-on de cette autre jambe, M. le major ? demanda Hercule très-étonné.
— Eh, parbleu, mon brave, on effraie les caïmans qui ne manqueraient pas de vous hap- ])cr si vous nagiez tranquillement , en vous gobergeant dans Peau ; mais en vpyant le trémoussement précipité de votre jambe qui bat et
trouble l'eau autour de vous , ça contrarie , ça dégoûte ces animaux, et ils vont manger ailleurs ; je vous dis cela, parce que le lac de Bousy-Cray^ que nous aurons h traverser à la nage , est fameux pour ses caïmans. Ce sont^ du reste, les plus beaux de la Guyane ; j'en ai un à Paramaïbo, suspendu au plancher de ma chambre , en manière de curiosité... Il a, pardieu, plus de vingtcinq pieds de long de la tête à la queue 5 il a été tué par un nègre dont il avait dévoré les deux nésfrillons.
— Major, dit Pipper, en entrant et portant sur une large feuille de latanier une énormetranche de serpent grillé, voici un morceau de rable du compère que nous avons salué lout à rheure de cinq à six coups de fusil : c'est cuit à point et ça embaume, dit le sergent en dilatant ses narines...
Le major prit le mels étrange que lui offrait Pipper, et dit à Hercule :
— C'est étonnant... je ne puis jamais toucher à du boa, sans me rappeler ce pauvre père Van- Hop, qui ne voulait pas me donner ses bottes^ alors je soupire, et je me dis en moi-même, en m'adressant à cette classe de reptiles en général : ah ! vous avez mangé mon trésorier, mes gaillards, eh! bien, nous vous mangerons à votre
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tour. Il ne faut pas faire aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fasse, ajouta philosophiquement le major. Puis, tendant la feuille de latanier à Hercule , il dit : Capitaine , si le cœur vous en dit?
Hercule épouvanté, révolté de cette abominibble nourriture, allait exprimer son dégoût, lors- (ju'un lieutenant, entrant avec précipitation^ dit au major :
— Un des chasseurs noirs qui s'était engagé à travers les lianes en avant des sapeurs a entendu très-distinctement le cri de guerre et de reconnaissance des Piannakotaws du côté du sud...
— Ces brigands-là ne nous laisseront donc pas manger un morceau et dormir tranquilles , s'écria le major, en se levant avec vivacité du tronc d'arbre où il était assis; puis il reprit: Mais ce noir ne se trompe-t-il pas ? Le tigrifowlo chante toujours le soir en se perchant , et comme les guerriers indiens imitent ce cri-là pour se reconnaître , c'est peut-être un de ces oiseaux que le noir a entendu ?
— Pardonnez-moi, major ; il y a toute apparence que ce sont des Indiens , car l'esclave a plusieurs fois distingué le mot : Oronwo.. . Après ce cri-là , vous savez que ce mot est le garde-à-
vous des Indiens; seulement, au lieu de venir de terre, ce cri semblait venir du ciel.
— Du ciel ! le diable y est donc monté ! s'écria le major; du ciel î cet esclave rêve.
— Mais, major, dit le sergent, vous oubliez que les flèches barbelées que vous avez reçues Tannée dernière, venaient comme qui dirait des nuages, vu que les Indiens nous visaient du haut des palmiers.
— Ce que Pipper dit làestpardieu très-vrai... capitaine Hardi , reprit gravement Rudchop ; et s'adressant à Hercule : J'avais oublié cette circonstance,... figurez-vous une embuscade aérienne. . . Rien de plus diabolique, car les feuilles des arbres cachent l'ennemi, et, tandis que vous levez le nez en l'air pour les chercher et les ajuster, ils ne manquent pas d'abuser de leur position pour vous cribler la figure; j'ai été témoin d'un superbe coup d'adresse à ce propos-Ia. Un souslieutenant de ma deuxième compagnie regardait ainsi en l'air pour tacher de déquilier quelquesuns de ces mangeurs de chair humaine , qu'estce qu'il reçoit? Une llèche barbelée dans chaque œil en manière de longue vue ^ c'est malheureusement un de ces coups extraordinaires qu'on ne revoit pas.
— Surtout celui qui l'a reçu, dit ironiquement Pipper.
— Aussi, reprit le major, je le dis toujours, il n'y a rien de pis que ces embuscades aériennes ; ce qu'on peut faire de mieux pour les déjouer, c'est d'en établir de pareilles et de placer des vedettes et des éclaireurs sur les branches de ces arbres, comme on met des matelots en vigie au bout des mâts ; je sais bien que c'est se battre un peu à la manière des singes et des écureuils, et qu'il faut être un furieux équilibriste pour faire le coup de sabre ou le coup de fusil à cheval sur une branche d'arbre ; mais c'est égal^ il n'v a pas de choix , c'est le seul moyen de rendre aux Indiens la monnaie de leur pièce , et après tout vous verrez qu'il y a du bon dans cette manœuvre , capitaine Hardi, ajouta le major, en se retournant vers Hercule. Je vais vous donner une douzaine de démons incarnés que j'appelle mes grimpeurs ; lorsque vous serez à portée de la voix qu'on entend, vous monterez en embuscade sur le premier tronc d'arbre que vous trouvei:ez , à votre convenance : alors courez de branche en branche sans vous inquiéter du reste, les plus solides sont les meilleures , vous verrez; on finit par s'habituer à marcher comme ça , et
mcnic à la longue on trouve les autres pronic - Dades monotones.
Hercule regardait le major d'un air hébété.
Rudchop se dit a lui-même : rien ne le surj)rend! il est vraiment incroyable. Puis il reprit : Quand vous aurez ainsi voltigé et éclairé le dessus^ vous éclairerez le dessous..., ou plutôt vous commencerez par le dessous, ajouta le major en réfléchissant. J'ai mes raisons pour cela : ainsi donc, partez et avancez dans la direction où on a entendu les voix : à mesure que vous marcherez dans la foret , vous laisserez des vedettes intermédiaires entre vous et le camp, elles seront il portée de voix l'une de Tautre, elles m'avertiront (le vos mouvements. Si, après quelque temps de marche , vous n'entendiez plus la voix, faites halte; établissez-vous de votre mieux dans l'endroit où vous vous serez arrêté... jusqu'au lever du soleil, vous nous servirez ainsi de grandguide.
Hercule trouvait ces deux missions effrayantes : Tme pareille marche de nuit, soit sur les arbres^ soit à travers la forêt, lui semblait mortelle, mais rhabitude qu'il avait d'obéir aveuglément au major l'emporta sur la peur ; n'osant pas faire une objection, il se résigna, se leva et dit :
— Je suis prêt, monsieur le mnjor.
Rudchop regarda ses officiers, et leur montra Hercule avec admiration. Mais soupez avant que de partir... mangez un morceau avec nous et buvez un verre de rhum, capitaine ?
— Je n'ai pas faim, monsieur le major, je préfère partir tout de suite.
Le malheureux disait vrai; le dégoût que lui inspirait le détestable mets du major lui avait ôté l'appétit, les périls qu'il entrevoyait le frappaient de stupeur. En ne faisant rien pour échapper à ces dangers, Hercule agissait comme ces gens fatigués de la vie qui courbent la tête sous les coups du sort, en le bénissant de les délivrer d'une misérable existence.
Pour des gens aussi prévenus en faveur du courage d'Hercule que l'était le major et les officiers que celui-ci avait endoctrinés , îa résolution d'Hercule était le comble de l'intrépidité.
Malgré sa rudesse , Piudchop le contemplait avec un vif intérêt.
— Que le diable m'emporte ! s'écria-t-il , si je ne vous trouve pas le plus brave jeune homme que je connaisse ! Ordinairement, mon sergent Pipper ne marche qu'avec moi et ma compngnie de carabiniers. Eh bien! pour vous prouver le cas que je fais de vous, je joins aux douze grimpeurs mon vieux Pipper et vingt-cinq cara-
biniers; ils serviront sous vos ordres. Je leur devais cette récompense de leur bravoure.
— Je vous remercie , monsieur le major, dit Hercule, assez indifférent à la marque de considération que lui donnait son supérieur.
— Quand les Indiens poussent ainsi leurs cris de guerre, c'est qu'ils ne craignent pas d'être entendus, dit gravement Pipper. Nous serons attaqués cette nuit , je n'en doute pas ; je ne vous demande que cinq minutes, major, pour aller faire ma queue de combat et rassembler les carabiniers.
— Tu es un vieux fou , dit Piudchop ; il faut vouloir tout ce que tu veux. Allons... vas... et reviens vite.
On se souvient que le sergent, par une héroïque jactance imitée des Indiens, qui, ne gardant sur leur tête rasée qu'une touffe de cheveux , semblent délier leurs ennemis de les saisir par cet endroit, si favorable au scalpage; on se souvient , disons-nous , que le sergent attachait à sa longue queue tout ce qu'il pouvait trouver de brillant et de clinquant.
Cette arrogante parure lui avait été plusieurs fois fatale. Les Indiens , comprenant toute la vaniteuse forfanterie de cette queue ornée, s'étaient acharnés à combattre Pipper, l'avaient fait
prisonnier, et sans le plus miraculeux hasard, il n'échappait pas à l'épouvantable sort qui l'attendait.
Pendant l'absence de son sergent , le major donna de nouvelles instructions à Hercule sur les embuscades aériennes, sur l'avantage déporter toujours un petit poignard très-affîlé entre sa veste et son uniforme, cette dague meurtrière étant d'une excellente ressource pour les combats corps à corps, dans le cas où on venait à être désarmé.
Les Indiens vous voyant étendu à terre et sans armes ne se défient pas de vous, disait le major; ils vous mettent ordinairement le genou sur l'estomac et vous prennent par les cheveux pour vous scalper; c'est alors que glissant adroitement votre main droite sous votre habita comme si quelque chose vous démangeait , ou si un de vos boutons vous gênait, vous tirez votre dague et vous poignardez mon Indien. Ça ne vous empêche peut-être pas d'être scalpé tout de même, mais au moins vous avez la consolation de penser que vous êtes vengé.
Le major donnait ces dernières instructions à Hercule, lorsque le sergent reparut.
La cabane où se tenaient les officiers était faiblement éclairée par une lampe , faite d'une
calebasse, dans laquelle brûlait une mèche de coton, arrosée d'huile de palma-christi.
Quand Pipper arriva, non-seulement sa figure sèche et tannée parut environnée d'une auréole de lumière, mais l'intérieur de la hutte fut sensiblement éclairé.
Rien de plus simple que ce phénomène : le sergent avait ingénieusement fixé à sa queue, au moyen de plusieurs grosses épingles, deux beaux porte-lanternes^ scarabées phosphorescents dont dont nous avons vu la sorcière faire usage pour illuminer sa case d'une manière si funèbre. A ces enjolivements, le sergent avait ajouté deux grelots, un morceau de drap écarlale pailleté d'argent, et une touffe de plumes de perroquet.
Le major et les officiers partirent d'un éclat de rire en voyant ce singulier attirail.
Pipper garda un imperturbable sang-froid, et dit à Rudchop : Major, les carabiniers sont armés et prêts à marcher.
— Allons, mon brave, dit le major à Hercule, en le serrant entre ses bras, à demain matin.... et à la moindre alarme, faites tirer quelques coups de feu en Tair, et nous serons près de vous... Et toi, mon vieux Pipper, ajouta le major en se tournant vers son fidèle sergent, prends bien
garde à toi, et défends ta queue, comme dit le proverbe.
Puis, serrant encore une fois la main d'Hercule, Rudchop l'accompagna jusqu'au seuil de sa hutte, le vit s'enfoncer dans l'étroit sentier que les sapeurs noirs avaient tracé ; il suivit quelque temps sa marche, grâce à la lueur que répandait la queue du sergent, qui brillait dans l'obscurité comme une étoile ; puis, lorsqu'il ne vit plus rien : Allons, Tomy, dit-il à un de ses esclaves, tire de la cantine deux bouteilles de rhum , que nous puissions boire un coup à la santé de notre brave capitaine, ça lui portera bonheur.
Après avoir glorieusement soupe avec ses ofiiciers, Rudchop monta dans son hamac, accorda encore une dernière pensée au fils de son vieil ami le greffier, et s'endormit profondément.
Fatigués de leur journée de marche, les soldats imitèrent leur commandant, et, à la réserve des sentinelles, le camp des Européens fut bientôt enseveli dans un lourd sommeil.