CHAPITRE XXXII
l'épreuve.
Fatigué des émolions de la journée , en rentrant dans son carbet, Hercule était tombé dans une sorte d'assoupissement fiévreux et ai^ité. Il ne dormait pas, et pourtant des figures étranges lui apparaissaient vaguement.
Lorsque la magicienne et le chef indien entrèrent, et que Baboùn-Knify eut tiré Hercule de son état de torpeur, il ouvrit machinalement les veux et crut continuer ses visions bizarres.
Pendant la scène qui va suivre, et qui eut Pipper pour auditeur, Baboïm-Rnify servit d'interprète à rOurow-*Kourow.
Il dit d'une voix haute et solennelle :
— Celle à qui Mama-Jumboë parle en secret dira mes paroles au lion superbe, et elle me rapportera ses réponses.
La magicienne traduisit cette phrase à Hercule, qui répondit par un affreux bâillement. Le chef indien continua :
— Le lion superbe a vu sans trembler les
apprêts âc la mort... Les fils des montagnes Bleues admirent son courage ; ils lui offrent d'être leur frère... Si le \isage pale veut prendre Tare et le casse-tcte parmi les Piannakotaws, il subira de très-dures et de très-cruelles épreuves... S'il en sort triomphant, il pourra s'asseoir parmi les guerriers et les sages... Il pourra dire, en parlant des fils des montagnes Eleues... les miens... Le lion superbe veut-il connaître ces épreuves ?
— Dites toujours^ reprit machinalement Hercule.
— L'homme fort parle peu , agit beaucoup, (lit le chef, frappé de l'énergique concision de la réponse d'Hercule.
Et il ajouta d'un ton un peu emphatique :
— Que le lion superbe écoute : le feu éprouve le fer, l'eau éprouve le bois , la corde éprouve l'arc , les douleurs éprouvent le guerrier.
— Capitaine, ils veulent nous embaucher, dit ^ le sergent, qui s'était éveillé en sursaut.
— Si le lion superbe veut être de nos guerriers , au lieu de servir de festin sacré à notre tribu, dit rOurow-Rourow, il annoncera sa résolution demain, au lever du solcil, en mettant sur sa tète un bouclier, un arc, des flèches, une