‹ Deux histoires 1772-1810 (volume 3)Chapitre 37 sur 39 · L'AMOUR · texte numérisé non relu

L'AMOUR

et de désespoir en voyant ma félicité, s'écria i'Indienne avec un accent de joie sauvage et féroce.

— Voilà que le cauchemar se développe et prend des proportions gigantesques, dit Hercule, j'épouserai la sauvage et j'aurai une pctile famille de sauvageons, ah ! ah ! ah ! ■ — et il éclata de rire.

Outrée de la gaîté d'Hercule, le voyant insensible à toutes ses protestations d'amour, Jaguaretle fut sur le point de s'abandonner à une violente indignation. Pourtant, une dernière fois elle supplia Hercule... Aie pitié de moi, lui dit-elle avec un accent déchirant. Reste avec nos guerriers , prends-moi pour ton esclave, et la fille pâle est sauvée...

Le tambour résonne , La trompette sonne.

chantonna Hercule pour toute réponse.

Pendant quelques moments, Jaguarette, accablée de honte, de douleur, de rage, resta sa tête cachée dans ses mains, puis elle se releva brusquement; sa physionomie, jusqu'alors triste ou exaltée , prit tout-à-coup une expression de méchanceté diabolique. Ses lèvres se relevèrent convulsivement 3 elle serra avec ra/^e ses

oS8 AVENTURES D'HERCULE HARDI.

petites dents blanches les unes contre les autres, ses grands yeux arrondis par la colère brillèrent d'un sombre éclat , et elle s'écria d'une \'oix vibrante : — Que la fille de Sporterfigdt meure donc... et toi aussi... et la queue brillante aussi... et .Taguarelte aussi... Celui qui n'est pas à moi ne sera au moins ni à la fille de celui qui a tué mon père, ni à personne au monde !!!

Et elle sortit du carbet, dont elle ferma la porte avec violence.

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