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Après avoir été soumis d'abord à un régime militaire, arbitraire, despotique, les Canadiens conquis virent leurs liens se relâcher, leur sort s'améliorer successivement ; par nécessité plus encore que par bonne volonté (car il fallait ménager les Canadiens pour les empêcher de se réunir aux Etats-Unis), l'Angleterre respecta la religion catholique d'autant plus chère aux Can2diens qu’elle s’identifiait avec leur nationalité et la conservait; elle respecta la langue et les lois des Canadiens ; puis, comme elle désirait attirer des émigrants anglais qui n’auraient pas voulu habiter une terre soumise au régime du bon plaisir, et qu'il était à peu près impossible de ne pas accorder à ses sujets français des droits égaux à ceux des Anglais, elle concéda successivement au Canada le jugement par jury, l’habeas corpus, des franchises municipales, un parlement, la responsabilité des ministres, le vote de l'impôt et son emploi, l'administration du pays par le pays. Après avoir réprimé la révolte de 1838, faite par le parti qui, conservant la vieille haine nationale, ravivée par de nouveaux griefs, voulait secouer la domination de l’Angleterre, on put croire un moment que le gouvernement anglais reviendrait sur ses pas dans sa marche libérale, mais il s'est montré au contraire plus généreux ou plus prévoyant, il n'a pas craint même la conservation de l'esprit français comme une digue à opposer à l'ambition des États-Unis, et les descendants des Français conquis vivent sous un régime plus doux, plus libre que n'avait jamais été celui de leur mère-patrie. Les Français
NS