‹ Deux lettres à Mylord Comte d'Aberdeen sur l'authenticité des inscriptions de FourmontChapitre 3 sur 10 · QE EU · texte numérisé non relu

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retranchemens, je puis lui promettre d'avance que ce ne sera pas faute de bonne volonté.

« Les inscriptions de FOURMoNT contiennent, dit M. Knicur, » des modèles de l'art d'écrire, depuis les plus anciennes époques » de la tradition fabuleuse, jusqu’à la subversion des républiques » grecques, c'est-à-dire, depuis Eurotas, prétendu roi de Ia Laco- » tie, dans Îa septième génération avant la guerre de Troie, » jusqu'à Philippe de Macédoine. Dans des monumens gravés » à des époques si éloignées l’une de fautre, on doit s'attendre » à trouver de grandes variations, soit dans Îa forme, soit dans » l'emploi des caractères. » Cette observation est vraie en général; mais elle peut être sujette à quelques restrictions dans les cas particuliers. Il est clair, par exemple, qu'un peuple éloigné, par goût et par politique, de tout commerce avec les étrangers, nourri dans la plus profonde vénétation pour les lois et les institutions qui lui sont propres, et poussant jusqu'ausfanatisme ce préjugé national, doit conserver beaucoup plus long-temps que des peuples différemment institués, les premières pratiques qu’il a reçues de ses ancêtres, et n'y admettre de changemens que ceux qui résultent de Ia marche irrésistible du temps et de Ia nature même de toutes Îles choses humaïnes : or personne ne peut nier que ce ne soit là précisément le cas des Lacédémoniens. Quelle est toutefois la conséquence que tire M. Knicar de ce principe, trop rigoureusement établi? J'ai besoin de mettre son passage en entier sous les yeux des lecteurs ; le voici : « Les » caractères de ces diverses inscriptions sont si exactement

semblables, qu’ils semblent tracés par une même main et

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l'ouvrage d’une seule personne; — les terminaisons des noms

» aux cas obliques y sont les mêmes que dans PAUSANIAS; — et l'on y trouve toutes les formes barbares de lettres, telles que le sigma C et lepsilon €, employées seulement sous les derniers

empereurs romains. — Le sigma des plus anciennès inscriptions » est pris, à la vérité, des anciennes médailles de Goriyne en

» Crète, sur lesquelles nous lisons le mot sNVr401, que FouR- "" » MONT et d'autres antiquaires doués d’une égale pénétration » prenoient pour rorTrns, au lieu que c'est ΤΟΡΤΎΝΙ, abréviation de roprrnion, légende de quelques. autres médailles de la même ville. Cette forme de liota se retrouve sur les médailles de Lyttus, de Posidonia, et dans l'inscription de

» Weletri, » Je le dis à regret; ïl n’y a pas une seule des assertions contenues dans ce passage qui ne soit matériellement fausse ou témérairement hasardée; et je le prouve, en Îes reprenant

une à une.

I. Le moins ancien des monumens de FoURMONT qui ait été publié, est le bouclier d'Archidame, fils d'Agésilas (1); ce prince mourut vers la deuxième année de la cvi.f olympiade, dans laquelle naquit Alexandre le Grand : c’est là l'époque la plus rapprochée que fournissent ces inscriptions, et M.Knicur la fixe, en d’autres termes, quoique d'une manière moins précise, au règne de Philippe de Macédoine. Celui de ces monumens qui suit immédiatement dans l'ordre des temps, est le bouclier d'Anaxidame, fils de Zeuxidame (2), lequel, ayant terminé, suivant le témoignage de PausANIAS (3), la seconde guerre de Messénie, dans la première année de fa xxvu.* olympiade, doit être censé appartenir à cette dernière époque. L’'intervalle entre ces deux princes, qui fut de trois cent douze années, est bien moins considérable que celui qui existe entre l’époque du plus récent des deux et le siècle auquel appartient, ou l'inscription d'Eurotas, ou la chronique d'Amycles ; et, par conséquent, les variations de l'écriture doivent paroître moins sensibles dans cette première période

(1) Acad. des Belles-Lettres, Mén, (2) Zbid, tom. XVI, pag. 104. tom, XVI, pag. 101-110. (3) PAUSANIAS, lib. 113, ο. 7.

que dans la seconde. Elles le sont cependant au point, que le lecteur le moins attentif, en jetant alternativement un coup-d’œil sur [6 bouclier d’Archidame et sur celui d’Anaxidame, y apercevra des différences nombreuses, et pourra de ἰὰ apprécier l'exactitude de cette assertion de M. KNIGHT, que fous ces caractères semblent tracés par une même. main, M. KNIGKT n'y avoit remarqué où du moins exprimé de différence que dans la : forme du sigma ; on y verra de plus le r, PA, le A, TE, PT, faits, sur lun et sur l’autre de ces monumens, d’une manière qui ne diffère pas moins essentiellement dans la copie même qu’en a publiée M. Kniçur, et dont je me sers ici de préférence à celle de l’'Académie des Belles-Lettres. Un semblable examen m'eût offert plus d'avantage encore, si, comme il m'étoit permis de le faire d’après lassertion générale du sévère critique , jeusse comparé entre eux les monumens les plus éloignés Jun de l'autre; par exemple , les caractères du bouclier d'Archidame avec ceux de la chronique d'Amycles; car la différence en est tellement manifeste, qu'il est superflu de l'indiquer, et impossible de ne Îa point remarquer, à moins qu'on ne soit d'avance résolu de ἴα nier. Au reste, c'est ici une question que les yeux seuls peuvent décider, et c'est aussi par ce seul témoignage, auquel M. ΚΝΙΘΗΤ. n'a pas craint d'en appeler, que son assertion doit être réfutée. J'ai réuni, dans une même planche ( voy. pl. 11), les principales formes des caractères qu'offrent les inscriptions publiées par FourmonrT: et le rapprochement de ces divers alphabets suffira pour montrer combien Îa différence des formes s’y accorde avec celle des temps, et combien il est impossible qu'une écriture si variée dans ses élémens ait été l'ouvrage d'une seule et même personne (1). Passons à {a seconde proposition de M. Knicxr.

(1} C’est aussi la remarque qu'a faite | Belles-Lettres, tom. XXII , ‘pag. 418); l'abbé BARTHÉLEMY (Académie des | et il semble que Fopinion d’un aussi

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