S. E. FESCH, PAR DAVID
Le portrait que nous reproduisons est pris au fameux tableau du Sacre, du peintre David; à la droite du cardinal Caprara et de Pie VII assis, considérant Napoléon couronnant de ses mains l'impératrice Joséphine, Mgr Fesch est debout, les mains jointes, les yeux mi-clos, dans un recueillement qui rend sa joie tout intérieure. Si l'on compare cette figure à d'autres plus répandues du même personnage, on convient que la ressemblance est plutôt lointaine ; du reste la plupart de ces images diffèrent tellement entre elles qu'il devient comme impossible de découvrir la plus conforme aux traits naturels. Cependant l'artiste avait eu soin d'étudier son modèle et il lui avait demandé quelques séances de pose afin de donner à son œuvre une valeur documentaire réelle.
Dès que le cardinal, de retour de son ambassade à Rome, fut réinstallé à Paris, vers la mi-juin 1806, David, heureux de cette présence qu'il attendait, dépêcha un de ses collaborateurs, le peintre Meynier auprès de Son Eminence, pour qu'elle consentit à laisser faire une première esquisse qui servirait à l'exécution définitive. Sa demande fut appuyée par une double recommandation, l'une de Daru, attaché à la maison de l'empereur ; l'autre de Denon, le directeur des musées nationaux ; elles eurent l'effet le plus satisfaisant.
« M. Meynier peut se présenter chez moi, répondit Mgr Fesch à ce dernier, le 26 juin ; je conviendrai avec lui des moments où je pourrai lui accorder les séances nécessaires, je ne doute pas que, choisi de votre main, cet artiste ne réussisse parfaitement à remplir l'objet dont vous l'avez chargé » 1.
La lettre à M. Daru était conçue à peu près dans les mêmes termes :
« Je vous remercie de l'avis que vous avez bien voulu me donner dans votre lettre du 21 juin ; je recevrai avec plaisir M. Meynier et je conviendrai avec lui des moments que je pourrais lui donner pour l'exécution de mon portrait » 2.
Mais avant de terminer la figure qu'il avait dessinée d'après l'ébauche de son mandataire et probablement aussi d'après ses propres souvenirs, l'artiste jugea nécessaire de voir son modèle et, avec
1 . Correspondance particulière du cardinal Fesch, registre deuxième.