Eod. loc
l'autorité que lui donnaient son talent et sa mission, il pria Son Altesse le grand aumônier de bien vouloir se rendre dans l'atelier où il travaillait ; c'était alors l'ancienne église paroissiale de Saint-Benoît, spécialement affectée, par ordre impérial, à l'entreprise artistique en cours.
Fesch agréa aimablement la proposition et voici dans quels termes il répondit, le 26 août 1806 :
, « Lorsque je reçus votre lettre du 20, par laquelle vous me demandiez une séance d'une couple d'heures, j'avais déjà formé le projet d'aller passer quelque temps à la campagne ; je désire donc que cette séance n'ait lieu qu'à mon retour. Si cependant vous étiez pressé, je différerais de quelques jours mon départ ».
Vraisemblablement la séance fut remise à l'expiration de la villégiature, car une lettre de l'impératrice-mère à Lucien, datée de Pont, le 7 septembre, annonce que son frère est auprès d'elle depuis cinq ou six jours ^ Ce fut donc dans une des dernières semaines de septembre que l'artiste et son modèle se rencontrèrent.
Il n'apparait pas que, depuis cette circonstance, les rapports aient été fréquents entre l'archevêque et le chef de l'école classique ; cependant, la galerie du palais de la Chaussée d'Antin a possédé deux tableaux de l'illustre maître : un Saint-Jérôme, un Bélisaire implorant V aumône, payé 4865 fr. à la vente Claude Tolozan ; enfin, pour ne rien omettre, nous transcrirons encore quelques lignes inédites de Son Eminence, écrites en 1811, témoignant pour David d'une estime et d'une obligeance que le temps n'avait pas diminuées.
« 22 octobre 1811. — Je m'empresse de vous communiquer la réponse que Mgr de Casai vient de m'adresser au sujet de la demande que je lui ai faite en faveur de M. Alberti, votre élève et votre protégé. J'ai mis du prix à être utile à un jeune artiste d'aussi grande espérance et qui m'est recommandé par un aussi excellent appréciateur du mérite » ^