‹ Deux mèresChapitre 13 sur 21 · II · texte numérisé non relu

II

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Toas. En acceptant ce que vous m'offces, je croinis

profaner notre amour. '

• Compreads-tu, Edoaard, comprends-tu?

— Oui. C'était ua noble cœorl

— Et Toilà. le trésor que j'ai pCTdal

— Comment cela est-il arriva?

— Papa, dit tout à coup Eugène, voici l'allée des Pins, faut-il la prendre pour retourner près de mainm?

— Oui, mon ami, répondit le marquis, nous retoor- UQUS au ch&teau par l'allée des Pins.

Satisfait de cette réponse, l'enfant, les bras chargés de fleurs, partit en avant-garde.

— J'aurai, je pense, le temps d'achever mon récit, dit le comte de Sisteme.

— Nous avons encore un quart d'heure it nous, répondit te marquis.

M. de Sisterae reprit :

*— Voulant naturellement cacher mes amours l ma soeur et à mon beau-fïère, j'avais loué, pour la circonstance, un petit appartement dans un hôtel de la rue de Richelieu. Cela ne m'empêchait pas de voir tous les jours U. et madame de Valcourt et de coacher dans li chambre que j'avais chez eux plus souvent qu'à l'Miel Mais pour Gabrielle, qui m'écrivait quelquefois, il fallait que j'eusse un logement k moi. Toutefois, elle venait très-rarement à l'h&tel, elle préférait me voiriD

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dehors, et nous faisions àe fréquentas excursions aux environs de P&ris. Elle s'eQaroucbait d'un rien, et elle avait des susceptibOités qui me ravissaient.

Un jour, — six semaines avant l'expiratioD de mon congé, — je trooTai chez ma sœur un pli cacheté aux armes de \à marine/C'était l'ordre de me rendre immédiatement & Brest, à bord du vaisseau VOrgon, qui Tenait d'appareiller pour les Antilles, Je passais, avec avancement, d'une corvette sur un navire de première classe.

Dans une autre circonstance, j'aurais été certainement très-heureux, mais ce qui m'arrivait était si inattendu, que je considérai cette faveur, dont j'étais l'objet, comme un véritable malheur. Pour surcroit de mauvaise chance, le pli était arrivé la veille, et comme je n'avais pas couché chez ma sœur, il me restait strictement le temps oécessaire pour me rendre à' Brest, au moment où j'en prenais connaissance. Que faire 7 L'ordre était foroiel. Il fallait partir.

J'ai soupçonné alors, et j'ai encore cette idée aujourd'hui, que mon beau-frère, ayant découvert mes relations avec Gabrielle, n'avait rien trouvé de mieux, pour y mettre un terme, que de me jouer ce vilain tour, en usant de son influence auprès du minisire.

Mes malles, faites à lahàte et chargées sur une voiture, je courus rue de Richelieu où j'avais des effets et quelques papiers importants. De là, après avoir pris seulement le temps d'écrire une lettre de quinze ou vingt lignes à Gabrielle, que je remis àuu garçon de l'ùbtel, avec ordre de la porter à son adresse, je me rendis précipitamment au chemin de fer. Deus heures après mon arrivée abord, les marinsderOr^on levaient lesancres. Je n'eus pas le temps, avant de gagner le large, d'écrire

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une nouvelle lettre à ma pauvre Gabrielle. Mais, au bout de quelques jours, je lui en écrivis une très-longue, que je pus faire partir pour la France un mois plus tard. Dans cette lettre, dictée par mon cœur et pleine de tendresse, je lui révélais enfin la vérité; je lui jurais de ne pasToublier, de l'aimer toujours, et je lui faisaisencore la promesse solennelle de lui donner mon nom dès que je serais de retour en France. Je lui indiquaisle moyen de me faire parvenir sa réponse, je lui donnais en même temps l'adresse de mon notaire, h Saintes, et je la suppliais de se faire envoyer par lui tout l'argent dont elle pourrait avoir besoin.

Cette lettre et plusieurs autres que je lui écrivis successivement restèrent sans réponse. Je ne savais quoi m'imaginer. Pendant tout le temps que dura ce voyage, je fus dans une inquiétude mortelle. Son souvenirne s'éloignait pas de ma pensée; je sentais, au contraire, mon amour grandir et devenirplus ardent. Tu vois dans quelle situation je me trouvais, et tu devines ce que j'ai souffert. Je n'entre pas dans de plus longs détails. Je revins en France, Plus de deux ans et demi s'étaient écoulés. Je me rendis d'abord à Sisterne. Là, je trouvai trois des lettres que j'avais écrites à Gabrielle; elles avaient été envoyées à Sisterne, par les soins de l'administration des postes. Qu'étaient devenues les autres? Je ne l'ai jamais su. Après avoir réglé diverses affaires pressées, ce qui me prit une semaine, je pus enfin partir pour Paris. Au lieu do me rendre directement cbez ma sœur, je descendis à l'hôlel de la rue de Richelieu, sous le nom de Longuet.

Je n'ai pas besoin de tedirecombien j'étais impatient d'avoir des renseignements au sujet de Gabrielle. Je me présentai le même jour au magasin de ia rue

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Hontmarlre. J'espérais encore, et je me faisais cette illusion que j'allais y retrouver Gabrielle. La patronne de l'établissement, à laquelle je m'adressai, me reconnut ; elle me reçut fi-oidement et même d'une manière un peu bostile.

Je l'interrogeai. Elle me répondit en me disant tout w qu'elle savait. Je ne me rappelle jamais ce douloureux instant de ma vie sans sentir mon cœur se déchirer. J'apprenais, enân, toute l'étendue du mal que j'avais fait. Ah ! j'aurais moins souffert si l'on m'eût eofoncê un poignard dans la poitrine.

Un jour Gabrielle ne vint pas au magasin. On pensa qu'elle était indisposée, et sa patronne alla elle-même pour avoir de ses nouvelles. On lui répondit que Gabrielle, emportant tous ses eUetsi-élait partie sans dire où elle allait. Oui, la pauvre enfant, elle était partie brusquement sans prévenir ses patrons, sans avoir instruit de son projet aucune de ses compagnes. Pourquoi ce départ qui ressemblait h une fuite?

Le comte baissa la teie et continua d'une voix tremblante :

— La malheureuse enfant s'était sauvée comme une* misérable pour aller cacher dans un coin ignoré son malheur et sa honte... Elle allait devenir mère I

— Oh! la pauvre fille! s'écria le marquis.

— Oui, mère, reprit M. de Sisterne d'une voix entrecoupée, mère d'un enfant dont je suis le père! Et elle est partie, la noble victime, n'ayant peut-ôtre pas vingts cinq francs dans sa poche.

- — Affreux! raurmurale marquis.

— Quelque temps après, une de ses camarades du magasin la rencontra par hasard. Elle était allée se loger DU plutôt se cacher h l'extrémité des Batignolles.

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N'ayant pas le moyes de se dooner le luxe d'aoe chambre, elle demeurait dans un taudis, nue sorte de boa infect dans lequel ne voudrait pas dormir ton chien Fanor.

La courageuse enfant travaillait ; elle faisait, je crois, de la passementerie et parrenait >à gagner Tingt ou TÏngt-cinq sons par jour, à peine de quoi ne pas monrir de faim I... Bt elle était sur le point de donner un enfant au comte de Sisterne, qui a plnsianrs millions de fortune I

C'est par cette jeune fille que Oabriell» rencontra, comme je viens de te le dire, qu'on sot, me Montmartre, pourquoi elle avait cru devoir quitter le magasin . Elle o'arait point voulu attendre que sa faote fût connue et elle s'était soustraite à l'afftvnt d'être congédiée.

Quelques jours aprèscette rencontre, la même camarade, accompagnée d'une ou de deux demoiselles de magasin, serendit aux Batîgnolles pour faire une visita à Gabrîelle. Elle a'j était plus. Une fois encore Gabrielle avait disparu. Sa retraite connue, elle en avait cberché une antre.

Où est-elle allée? Qu'est^lle devenue? Personne n'a pu me le dire, et, malgré toutes les recherches auxquelles je me suis livré, je n'ai pa rien découvrir.

Pensant que peul^tre elle était retournée chez son p6re, j'allai à Orléans. Le commerçant était mort depuis peu et Gabrîelle n'avait point réclamé son héritage... — « Depuis que Gabrielle Li.éiiard a quitté la ville, me dit-on, on n'a plus entendu parler d'elle. »

J'ai acqaisla certitude que la malheureuse enfant n'a reçu aucune des lettres que je lui ai écrites, pas mdme celle que j'avais remise à un garçon d'hâtel, an moment

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de partir pour Brest. Ge garçon, qm je qneationnai, finit par m'avoaer qu'ayant perda ma lettre, il n'avait pu Mire ma (MHumission.

Ainsi, Gabrielle a àt croire qœ j'étais nn séducteur, un infâme ! que je ne l'aimais pas, l'avais froidement précipitée dans on abîme, e mon caprice satisfait et mes désirs assooris, je abandonnée I Quelles furent alors ses pensées ?j n'ose me le demanderl... Le cœur meurtri, déshonorée, n'ayant plas d'avenir, elle se vit perd elle m'a maudit, et, dans son mépris et son dégoti l'homme qui l'arait trompée, elle a noyé son amo

Dans cette déplcHrable aventure, tout s'est contre moi, contre elle. Ob t oui c'est bien la 1 qui nous a poursuivis et impitoyablement tti S'ensnit-il que je sois excusable? Non. J'ai vu la denr de ma faute, je devrais dire de mon crime, senti plus cruellement la punition I Car etle dore e elle dorera toujonrs...

La malhenrense Gabrîelle esiste-t-elle encore elle donné le jour à son enfant? Nul ne le sait, désespérée, mal conseillée par la misère, elle a £tre voulu échapper à la honte et à la souffraoca SDicide 1

A partir du jour où elle a quitté les Batig elle s'enfonce et disparaît dans l'ombre. Si elle pas morte, qu' est-elle devenue? Oîi sont-ils tous le: la mère et renrant?MystèreI...

Je ne sais rien et je ne saurai probabl^oent rien; et cette complète ignorance sera le tourm< toute ma vie. Le souvenir de Gabrielle et du che: Être qu'elle portait dans son sein me suit parti est toujours présent à ma pensée, et mon amou:

260 de:ux iiehes

rien oe peut éteindre ou combattre, reste enTermé dans mon cœur comme dans un sanctuaire.

Maintenant, Edouard, comprends-tu l'amertume de mes regrets? Comprends-tu que le remords soit à côté du souvenir?

— Oui, répondit le marquis; mais le pardon vient après le repentir ; si ta faute a été grande, l'expiation ne l'est pas moins. Tu oublieras et tu retrouveras du repos.

— Jamais! répliqua vivement M. de Sisterne ; on ne fixe point la durée de la punition, quand les malheurs qu'on a causés ne peuvent plus être réparés. Je vivrai de mon souvenir, c'est-à-dire de mes regrets et de mon amour. Va, on ne retrouve pas le bonheur comme un objet qu'on a perdu !

- Mes meilleurs, amis s'étonnent de me voir rester garçon, et je ne sais combien de tentatives on a faites déjà pour me marier.

Certes, on m'a présenté des jeunes filles charmantes, très-capables d'inspirer une affection profonde. Devant elles je suis resté insensible et froid comme un marbre. Me marier, moi! Est-ce que c'est possible? Il n'esiste plus aucune femme que je puisse aimer ! Or, je considère que le mariage sans amour est la profanation d'une chose sainte et sacrée.

Quand on me conseille de me donner une compagne et qu'on me parle des douces et pures joies de la famille, j'écoute, je pense à Gabriclle et à son enfant, et je garde le silence. Toi-même, Edouard, tu m'as demandé pourquoi je ne me décidais pas à me marier. Je viens de répondre à ta question. Non, je ne me marierai pas... Il peut .se faire que je sois d'un puritanisme exagéré, mais nul mieux que moi ne connaît les sentiments qui

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m'inspirent et auxquels j'obéis. Oui, je resterai fidèle à mon unique amour, et je ne douDerai pas à une femme, serait-elle la plus belle et la plus parfaite, le nom de Sisterne que j'ai promis à une autre.

Quant aux joies de la famille, dont on se sert vis-à-vis de moi comme d'un moyen de séduction, je n'ensuis pas absolument désbérité. En dehors de mes amis, je les compte bien pour quelque chose, j'ai ma soeur, que j'aime heaucoup, et près d'elle son mari et sa fille, ma nièce et ma filleule. Emmeline va atteindre sa troisième année, ce n'est encore qu'une enfant au bercean, mais elle est déjà intelligente, gracieuse et jolie comme un cinge, la toute mignonne. J'en suis idolâtre. Dans l'affection que j'ai pour elle, il me semble qu'il y a de la paternité. Je reporterai sur ma nièce toute la tendresse et l'amour que j'aurais eu pour l'enfant de Gabrielle, pour mon enfant!

Ëb bien, plus tard, quand il faudra quitter la mer, c'est près de sa sœur et de sa nièce que se retirera le Tieux marin.

Il resta on moment silencieux. Puis avec un sourire doux et triste, il reprit :

— Edouard, une idée vient de me venir,

— Quelle est cette idée?

— Que ton fils pourrait épouser ma nièce si, toutefois, Emmeline donne tout ce qu'elle promet.

— Ils auront l'occasion de se voir souvent, répondit le marquis, eu serrant la main de son ami : s'ils s'aiment, ce n'est certes pas moi qui mettrai opposition à ce mariage.

— Voilà où j'en suis, reprit amèrement M. de Sisterne, réduit à échafauder des projets de bonheur sur des tètes d'enfants !

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ns n'étaient plus qu'à trente pas du ckftte»n.

I>réreao» de lanr arrivée par l'eunnit, la marquis était descendue pour venir àlenr r«ic<»trs. Elle teaait dans sa main le bouquet cneiili par Esgèae à m» intention.

— Edouard, dit Tivmoent le comte au marquis, tout ce que je viens de te dire doit être un secret entre nous.

— Révéler ce que tu m'as confié serait une trabisoa, mon cher Octave.

-~ Madame de Coulange eUe-mSme ne doit riffi savoir.

— Elle ne saura rien.

ix coroi BE sâMimu'

Qabrielle et Mélanie, marchanl trte-vite, arrivèrent au pont de Coulange. JU3que4à elles a'araieat pas échangé une parole. Quand elles eurMrttnrvnsé leptKit. et qu'elles se trouvèrent sur leebemÎQ d« Miéra% ^les ralentirent le pas. Puis, au bo«rt d'u» insta»!, Oabriellft s'arrêta pour essujcr sob front rwsselut de sueur.

— Vous fttes fot^oée, ini dit Mélaase ; «i^si, pourquoi avoir marché si rapidement ? J'avais de la pcîM i vous suivre. News allons noos asseoir un instant dans l'berbe, sur ce talus, et noss refirendrons otAn ehiMÎB quand vous serez reposée.

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— Oni, kssfljrona-ooos, répondît Gattrielle, j'ai ud peo de faiblesse daas les jambes.

ESles s'assirent, faisant face au cb&teau de Coulaage, dont ta ma^ifiiitie façade se découpait obliquement dans son cadre de verdure .

— D'ici, le coup d'œil est rarissant, dit MélaDie ; D'Ëtes-vous pas de mon avis, Gabrielle?

— Oui, ravissant I répondit la jeune femme rfireuse. Son regard errait sur la rive droite de ia Marne; elle

chercbait à revwr les deux bommes et l'enfant. Ne les apercevant point, elle laissa un soupir s'échapper de sa poitrine.

— Us sont rentrés ddis le parc, lui dit Hélanie, qui avait deviné son désir.

— Oui, ils sont rentrés, murmura Gabrielle.

— C'est égal, nous avons été servies h souhait par le hasard. Après avoir passé inutilement trois fois devant la grille du cbUeau, nous avons eu une excellente idée de continuer notre promenade au bord de l'eau.

— C'est vrai.

— Si je le voyais, de loin seulement, je serais contente, me disiez-vous. Eh bien, vous n'avez pas fait que de le voir, vous l'avez tenu dans vos bras et vous t'avez embrassé [

— J'étais bien heureuse, Mélanie.

— Tout en nous apercevant il vous a reconnue.

— Oui, le cher trésor, il m'a reconnue.

— Avez-vous entendu son cri de joie 7

— Oui.

— EL comme tout de suite il est accouru vers vous !

— Je u'ai eu que le temps de lui ouvrir mes bras. Vous avez causé avec M. le marquis, Hélanie, que vous a-t-il dit î

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■— Oh I des choses tout à fait gracieuses et aimables. D'abord, il a paru étonné de vous rencontrer à Coulange ; mais je me suis empressée de lui donner l'explication qu'il désirait, en lui disant que noi^s sommes venues passer quelque temps à Miéran.

— A-t-il été satisfait?

— Certainement.

— U ne. m'empochera point de le voir î

— Quelle idée I

— Mon Dieu, je ne sais pas ce qu'il peut penser... M. le marquis de Coulange est un bien grand seigneur, et je ne suis, moi, qu'une pauvre femme.

— Eh bien, ma chère Gabrielle, vous allez savoir ce que pense M. le marquis de Coulauge. Non seulement il ne TOUS défend point de voir et d'embrasser son lîls ; mais, lorsque nous viendrons à Coulange, nous sommes invitées, vous et moi, à entrer au château.

— Vraiment, Mélanie?

— Je vous fais part de l'invitation de monsieur le marquis.

— Âhl il est bon, lui aussi I

— Si vous lui aviez laissé le temps de vous parler, ma chère Gabrielle, il avait certainement l'intention de vous faire lui-mftme son invitation et de vous adresser quelques paroles affectueuses.

Gabrielle baissa la tète et resta silencieuse,

— Voulez-vous que je vous parle franchement? reprit Mélaniê au bout d'un instant.

— Dites.

— Eh bien, je ne comprends pas pourquoi vous êtes partie si brusquement.

— Oui, vous ne pouvez pas comprendre.

— M. le marquis a peut-être trouvé cela un peu singulier.

— Ne suis-je pas une femme bizarre? répliqua Gabrielle, en ébauchant un sourire.

— Après avoir embrassé l'enfant, vous vous avanciez vers le marquis pour lui dire quelque chose.

•— Oui, je voulais le remercier de n'avoir pas rappelé son fils lorsqu'il s'est élancé vers moi.

— Et, au lieu de prononcer ces paroles, que lemarquis semblait attendre, vous vous êtes arrêtée brusquement et vous avez subitement changé d'idée.

— C'est vrai.

— J'ai cru voir sur votre visage l'expression d'un vif mécontentement.

— Non, Mélanie, ce n'était que de la surprise, quelque chose de semblable à de la stupéfaction ou même à de la peur.

Hélanie la regarda avec étonnement.

— Et c'est M. lemarquis?... ût-elleu Gabrielle secoua la tête.

— Un bomme était près de lui, dit-elle.

— Un de ses amis, sans doute; ce monsieur a l'air très-distingué, il doit être, comme le marquis de Coulange, un homme du monde très-riche.

— M'est-il pas décoré?

— Oui, il avait à la boutonnière de sa redingote la rosette rouge de la Légion d'honneur. Ainsi, Gabrielle, c'est ce monsieur qui vous a elfrayée?

— Oui.

— Pourquoi?

— Parce que je l'ai reconnu.

— Cela explique votre surprise et non votre frayeur.

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— Avez-vons remarqué arec quelle atteattoa il me regardait?

— Oni, ses yeux s'étaient fixés sur tous avec use sorte de curiosité.

— Il Q'y «Tait que de la curiosité daus ce regard, n'est-ce pas?

— Je D'y ai pas vu autre chose.

— Alors, c'est bien ; vou^ me donnes la certitude complète qu'il ne m'a pas reconnue. Mélanie, ce monsieur qui était avec le marquis de Goulange se nomme Octave Longuet; c'est le père de mou eafaut.

Mélanie Ht uu brusque mouvement,

— Est-ce possible 1 s'écria-t-elle.

— Mainteuaut, ma chère Mélanie, vous connaissez la cause de mon attitude singulière.

— Gabrielle, vous tous êtes peut-être trompée...

— Non, Mélanie, je ne me suis pas trompée.

— 11 y a quelquefois des ressemblances...

— Mélanie, je l'ai parraitemeuf reconnu ; je n'ai jamais oublié ses traits, et il n'a pas changé comme moi, lui I C'est bien M. Octave Longnet qui était tout à l'heure avec le marquis de Goulange.

Mélanie était stupéfiée.

— Oh! c'est étrange I pensait-elle.

L'amitié qui existait entre le marquis de Goulange et le séducteur de Gabrielle venait encore compliquer à ses yeux la situation déjà si intéressante et si grave.

— Quand mon regard a rencontré le sien, reprit Gabriellej'ai cru un instant que lui-même allait mereconnaltre; c'est alors quela crainte m'a saisie etquejemesuis arrêtée. Si ma figure n'est plus recouuaissable, il n'en est pas de même de ma voix, dont le timbre n'a point chai^ié. ESn gardant le silence, j'ai pu paraltrebixarre ou

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stnpide, mais j'ai évité le désagrément d'fttre reconnae. •-ATotreiii«ce,Gabrielle, j'aurais en une tout autre panée : je me sffi'ais tait rectmDaâtre.

— S^l m'eût reconaue, serai»-je plus aTUicée, dites? Hoft, je n'ai rien à lui demanàer et il ce peut rien faire pour mot. n n» saurait changer ma Tie, il lui est impossiUe de me r^dre les illusions et le bonbeur de ma jeanesse; il ne peut pas me rendre mon enfant 1 II me croit morte, sans doute; à quoi bon le détromper? 11 est riche, heureux; il est marié, peut-être... Mélanie, îi-jele droit de troubler son repos, son bonheur? Noo, n'est-ce pas? Car cela ressemblerait à de la vengeance. A côté de l'amour maternel que je tiens en réserve pour mon enfant, il n'y a dans mon cœur que de la douleur etdesregrets;labaine n'y entrera jamais! ,

— Permettez, Gabrielle, ce monsienr voos doit poorlart quelque ettose.

— Quoi?

— RéparatiOD du mal qu'il tous a ftiit.

GabrieOehocba tristement la tftte.

— Saurier-Tous me ifire comment Q pourrait réparer tftma} qu'il m'a fait 7 demanda Gabrielle.

— Je ne sa» pas trop; mais il me semble...

— Kélanie, D y a des malheurs absolument irrépa- ■^es; le mien est de ceas-R. Je vous répète mes parotes de tout à l'heure: je n'ai rien à demander à M. Octave Longuet, et il ne peut rien faire ponrmoi. Je suis phts coupable qne \m, mon amie ; je devais me défier de œa biMesse et aTOÎr la forre de fuir le danger,

— Ainsi, TOUS Feicusea, Gabrielle? Voilà bien Tador»He gén€rosTt£ de votre cœur f

— Méhtnîe, sije ne rexcosaîs pas, je devrais te maudire 1

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— C'est vrai !

— Vous savez ce que m'a appris votre mari ; par suite des renseignements qu'il a recueillis, je n'ai pas même le droit d'accuser M. Octave Longuet de m'avoir trompée. J'ai été impitoyablement frappée par le malheur et j'ai courbé la tète. Je n'avais pas à me révolter. Nul ne peut échapper à sa destinée. On ne lutte pas contre la fatalité.

Morlot avait dit à la marquise de Coulange: n Dans huit jours j'aurai l'honneur de me présenter au château de Coulange. u Or, le matin du huitième jour, l'agentde police descendait du train semi-direct qui s'arrête àHogent-l'APtaud à neuf heures et quelques minutes.

Il portait un costume de ville à la dernière mode: pantalon, gilet et redingote noirs. Sa redingote boutonnée laissait voirie col et le plastron de sa chemise, d'une blancheur immaculée. Pour la circonstance il avait cru devoir emprisonner ses mains dans des gants de chevreau. Sa mise sévère accentuait encore la gravité habituelle de sa physionomie.

Comme il se dirigeait vers la porte de sortie, son stick à la main, il se trouva tout àcoup, sur le quai, en face du valet de chambre de M. de Coulange.

— Bonjour, monsieur, lui dit amicalement Firmin, je suis enchanté de vous revoir ; vous allez probablement voir vos parents de Coulange.

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— Oui, monsieur Firmin, répondit Morlot, en tendant la main au domestique, je vais passer deux ou trois jours iCoulange et à Miéran.

— C'est très-bien, c'est très-bien, la campagne est superbe! .

— Par quel hasard vous trouvez-vous à Nogent? Vous venez sans doute attendre quelqu'un?

— Ce que nous attendons, c'est le train de Chàleau- Thierry.Nous partons pourParis, d'abord, je dis d'abord, parce que nous ne nous y arrêterons que quelques heures. Nous allons faire un voyage d'une quinzaine de jours dans le Midi.

Morlot avait froncé les sourcils, et son front s'était subitement assombri.

— Ainsi, dit-il d'un ton singulier, M. et madame la marquise se sont décidés tout à coup à aller voyager dans le Midi ?

— M. le marquis fait seul ce voyage et comme tou jours je l'accompagne.

— Alors, madame la lUarquise...

— Elle reste au château avec les enfants.

— Je comprends, fit Mortot, dont le visage se rassérêua, M. de Coulange a quelques affaires qui l'appellent dans le Midi?

— Oui, dans ses domaines des Pyrénées.

— Ah ! voilà M. le marquis, dit Morlot. Quel est ce monsieur qui marche à côté de lui?

— • Un de ses plus anciens amis ; il est venu passer trois jours au château ; mon maître va faire avec lui une partie de son voyage,

— Il est officier de la Légion d'honneur, on devine à son air que c'est un militaire.

— Ou un marin; c'est à peu près la mfime chose.

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270 HtFX XftBES

M. le comte de Sisteme est «^titaine de frégate.

— Beau grade, fit Horlot. H. le comte de Sisteme est un futur amiral.

— C'est sftr, ajootaFinmn.

A ce moment, ie train se dirigeant sur Paris arriva cd gare.

Le marquis et le comte de Sistenu prirent place dans un coup£ de premi^a classe.

— Moi je monte en seconde, dit le domesUqae.

Le cocberda marquis s'arançùt vers Firmin pour lui donner une poigne de main.

— Je vous quitte en vous souhaitant nn bon toyàgi, dit HoHot

Il allait s'éloigner, Firmin le retint par le bras en disant:

— Est-OD venu de Coolasge on de Miéran vous attendre avec une voiture ?

— Non, je n'ai prévenu personne de mon arrivée.

— Et vous allez faire le chemin & pied î

— Oui, si je ne trouve pas une voiture.

— Je crois qne vous n'en trouverez pas, monsieur, dit Firmio ; mais le cocher de M. le marquis retourne à Conlange ; si tous voulez profiter de l'occasion, il se fera certainement un plaisir de vous emmener.

— Mais oui, dit le cocher, j'offre à monsieur une place à c6té de moi sur mon siège.

— Eh bien, mon brave, j'accepte, répondit Morlot; monsieur Firmin, je vous remercie.

— De rien, fit le vieni servitenr. Voyei-Tous, je n'ai pas oublié ce que vous m'avez dit l'astre jour de U. le

' ^arqois et de madame la marquise.

— En voitm-el en voiture 1 criait le conducteur da tram.

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Firmin ayant serré rapidement la main de Morlot et celle du cocber, se précipita dans un compartiment. . Le sifflet de la locomotire se fit entendre et le train se mit en marche.

— Monsieur, je sois à vos ordres, dit le cocher & Morlot.

— Vous êtes prêt à partir?

— Oai.

— En ce cas, partons.

Le phaéton du marquis, attelé de deux magnifiqoes ebevanx anglais, ne mit guère plus d'une demi-heure à tenchir la distance qui sépare Nogent-l'Artaud de Goulange.

— Oh désirez-vous descendre? demanda le cocher à Horlot, lorsqu'ils forent en vue do Tîllage.

— Je mettrai pied à terre devant la grille du château.

— Rien ne m'empêche de passer par Conlange.

— Il est inutile que tous fassiez ce détour...

— Oh ! cela n'allonge pas le chemin de trois minutes .

— Je descendrai devant le ch&teau, répliqua Morlot; d'ailleurs, ajouta-t-il, j'ai une visite à faire à madame la marquise de Goulange.

— Ah 1 c'est différent, fit le cocher en laissant voir son étonnement.

ÏÏR instant après, le phaéton s'arrêtait devantla'grille. Morlot sauta lestement à terre. Presque aussitêt la grille s'ouvrit. L'agent de police pénétra alors dans les jardins et, prenant une allée & droite, il se dirigea rapidement vers le cMteau. Tout en marchant, il se servit de son mouchoir pour époasseter son vêtement un peu poudreux.

En montant les marches du grand escalier, il se sentit légèrement ému; certes, c'est à ce moment surtout

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qu'il comprenait les difficultés de la tâche qu'il avait à remplir. Mais il D'y avait plus ù. hésiter, dans un instant il allait se trouver en présence de la marquise. Il s'était préparé à cette entrevue par une longue méditation, ^'inspirant des conseils de sa femme, il savait l'attitude qu'il devait prendre dans cette délicate et grave circonstance.

11 entra résolument dans un vaste vestibule, et s'avança au milieu de deux rangées de superbes statues de marbre blanc.

Un domestique parut devant lui. il le reconnut pour l'avoir vu aux Ternes devant le pavillon de madame de Perny.

— Je voudrais parler à madame la marquise de Coulange, dit Morlot, pensez-vous qu'elle soit visible en ce moment?

— Je l'ignore, monsieur, répondit le domestique ; mais veuillez me suivre, je vais vous conduire.

Morlot, marchant derrière le domestique, monta un large escalier ; puis après avoir traversé plusieurs grandes pièces, dont il n'eut pas te temps d'admirer la magnificence, il fui introduit dans une antichambre où se trouvait une jeune femme. Celle-ci se leva brusquement à la vue de Morlot.

— Mademoiselle Juliette, lui dit le domestique, monsieur désire voir madame la marquise.

Ce nom de Juliette Ht (ressaillir Morlot. Obéissant à son instinct de policier, il fit trois pas en avant et se trouva face à face avec la femme de chambre sur laquelle il attacha son regard perçant.

Sous la clarté de ce regard inquisiteur, qui semblait vouloir scruter sa pensée, la femme de chambre se troubla et Morlot vit son visage changer de couleur.

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— Oh I oh ! peQsa-t-il, est-ce que je retrouverais ici la demoiselle Juliette de la rue de Ponthieu?

Cependaut la femme de chambre s'était remise promptement.

— Je yais voir si madame la marquise peut vous recevoir, monsieur, dit-elle; qui dois-je annoncer?

— Monsieur Morlot.

Elle ouvrit une porte et disparut.

L'agent de police se tourna vivement vers le domestique.

— Y a-t-il longtemps que cette demoiselle Juliette eitau service de madame de Coulange? lui demanda-t-il.

— Environ huit mois.

— Ah! savez-vous où elle était précédemment?

— Mon, je ne le sais pas,

— 11 parait qu'elle ne parle pas souvent de ses anciennes maîtresses.

— Jamais. Il faut croire qu'elle n'en garde pas un bien bon souvenir, dit le domestique en souriant.

Juliette reparut.

— Madame la marquise peut vous recevoir, dit-elle; venez, monsieur.

Morlot la suivit. Ils traversèrent un petit salon-boudoir, puis Juliette ouvrit une porté devant Morlot et s'effaça pour le laisser entrer. L'agent de police se trouva en présence de la marquise qui t'attendait debout au milieu de sa chambre.

La jeune femme était très-pàle, et, malgré les efforts qu'elle faisait pour paraître calme, l'expression de son regard trahissait son inquiétude.

Tout en entrant, Morlot s'était incliné respectueusement. Silencieusement aussi, la marquise lui rendit son salut,

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Jnliette se tenait sur le seuil, «tteadant les ordres de sa maîtresse.

— Je ne recevrù personne aujourd'hai, lui dit la marquise; laissez-nous. Si j'ai besoin de toos je tous appellerai, ajouta-t-elle.

La femme de chambre se reUra. Morlot s'aperçut qu'elle n'avait pas entièrement fermé la porte, sur laquelle retombait une épaisse tapisserie des Gobelins.

— Tiens, se dit-il, serait-ce arec intention? Et il la ferma lui-même.

La marquise s'était arancée vers lui.

— Yons craignez qu'on ne nous écoute, lui dit-elle,

— Oui, madame. Aucune oreille indiscrète ne doit entendre ce que nous allons dire.

— C'est donc bien grave, monsieur?

— Oni, madame la marquise, très-grave 1

— J'gspère, cependant, que vous vous montrerez aussi généreux et aussi bienveillant qu'il y a huit jours.

— Tout en accomplissant mon devoir, madame la marquise, je t&cberai de vous prouver mon respect et mon dévouement.

— Allons, ce sont là de bonnes paroles, je me sens UQ peu rassurée. Veuillez vous asseoir sur ce fanteuîl, près de la fenêtre. "

Morlot prit place dans le fauteuil que lui indiquait ta marquise, et la jeune femme s'assit en face de lui.

— Maintenant, dit-elle, nous pouvons causer librement ; si quelqu'un veut écouter, il ne pourra pas nous entendre.

Et un pâle sourire efQeura ses lèvres. ••-

— Je suis soupçonneux et défiant, madame la marquise, répliqua Morlot, mais c'est en même temps une des qualités et une des nécessités de mon métier. Soyez

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donc asses bonne pour m'excnser si je tou d'abord quelques questions qui ne touchent c sujet de ma visite. Il y a environ huit mois avei mademoiselle Juliette pour femme de cb.

— Om, monsieur.

— Tous avez àA la prendre sur de bonnes re dalions?

— Certainement.

— Des certificats de fidélité et d'honnêteté?

— Oui, deux ou trois lettres de personne»

noms me sont connus, lesquelles me la pré comme trèa-digne et très-capable de remplacer de chambre qui me quittait pour se marier.

— Ces lettres vous disaient-elles oti mad Juliette avait précédemment servi.

— Je vous avoue, monsieur, que je ne me li point.

— De sorte que vous ne savez pas le nom < sonne chez laquelle était mademoiselle Julii d'entrer chez vous ?

— C'est vrai, je n'ai pas eu la curiosité de mander.

— Enfin, etes-vous satisfaite de son service'

— Jusqu'à présent, monsieur, je n'ai pas plaindre d'elle ; elle est intelligente, adroite, elle me parait dévouée.

— Vous n'avez jamais remarqué qu'il y eûl chose de singulier dans sa conduite ?

t ~ J'ai confiance en elle, monsieur.

Morlot resta silencieux. Il réfléchissait.

— Monsieur Morlot, reprit la marquise, e vous avez un doute sur l'honnêteté de cette fill

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— Je ne sais pas, madame ; je ne me proDoace jamais sur un doute ; il me faut la certitude.

— Soit, m^s TOUS supposez quelque chose?

— Madame la marquise, cette pensée ne vous estelle pas venue, que mademoiselEe Julielte pouvait avoir été placée près de vous par l'entremise de M. Sosthène de Perny ?

Madame de Coulange fit un brusque mouvement.

— Non, répondit-elle, non, je n'ai pas eu cettfi pensée. Est-ce que vous croyez?,..

— Je ne crois rien encore, madame ; toutefois, et jusqu'à plus ample informé, vous pouvez tenir compte de mes paroles.

— Je ne les oublierai pas, monsieur; mais je me demande pourquoi mon frère..,

— Il a peut-être intérêt à avoir un espion dans votre maison.

— Ohl ce serait odieux 1

— C'est vrai ; mais nous savons l'un et l'autre de qaoi M. de Perny est capable.

La jeune femme poussa un profond soupir, et de grosses larmes roulèrent dans ses yeux.

— Ob! monsieur, dit-elle d'une voix suppliante, ne soyez pas trop cruel pour moi !

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