II
134 bEUX MdliËS
Elle se mit à trembler de tous ses membres:
— Ghauve-SDuris, fertne irite la porté, nptit l'homme s'adressant à l'autre babdit.
Celui-ci se bita d'obCir.
Alors ils TOulurebt faite ma^cbe^ Gabrielle ;- mais ee fut en vain, elle ne put atancer^ lU S'apëtçUreat qu'elle dé'falUait et était prête à tomber. Râpidemeut, l'un d'eux lui enveloppa la tête dans sa pèlerine ; l'atiti'e, le plus robuste, ia prit & bras-Ie-corpSi l'eDleTa comme un pactuet et l'emporta en courant vers la malsosi
Pour Gabrielle, tout cela se passait comme dans un rêve, au milieu d'un lourd sommeil. Elle n'éprouvait plus aucune sensation ; elle n'entendait pluSi elle n'avait pltis de pensée; elle be savait pas si elle respirait encore, elle n'avait plus conscietiee de Bon &iFt. L'Ame semblait s'être séparée du Corpsi
Combien de temps resta-t-elle ainsi dabs Cette espèce de léthargie? Elle n'aurait su le dire,
Quand elle revint & ellej elle était seule dans une chambre, élendue sur le carreau. En s'aidant de ses mains, elle parvint & se soulever et b ee mettre sur ses genoux. D'abord, elle regarda autour d'elle avec effarement.
— Où suis-je donc? se demeuda-t-elle; en passant ses mains sur son front et sur ses yeux.
Tout & coup elle tressaillit. La pensée lui était revenue ; elle se souvenait de sa rencontre avec Solange et de ce qui s'était passé ensuite jusqu'au moment oi), après avoir été poussée violemment daus l'enclos, elle avait vu deux lames eflllées sur sa poitrine,
Btle se dressa sur ses jambes en jetant un grand cri. Elle Bt quelques pas et se mit à crier de toutes ses forces :
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-^ Au aacours 1 au secours I
Sa voix resta sqns écbQ. Autour 4'fllle tout garda un lugubre silence.
Elle se trouvait 4ao» une patita pièce, plus longue que large, un boyau, rsus feadtre, qui recevait vn peu de jour «l'une sorte de lucarne pepeée dans la toiture.
Bile sentit an frisson courir dans tous les merobres.
— Un cachot ! murmura-t-elle.
Elle poussa un nouveau cri que lui arracha la terreur.
Elle vit une porta ; affolée, elle l'élaoça pour l'ouvrir. Hais la porte était épaisse, bisn aisisa sur ses gonds rouilles et d'une solidité h toute épreuve. Au bout d'un instant d'inutiles efforts, Gabrielle dut renoncer à l'espoir qu'elle avait eu un instant de pouvoir s'écbapper. ElUa était épuisée, haletante; son front ruisselait de sueur; ellfiavaitles ongles brisés, les mains saignantes.
— Oh I les misérables! s'éoria^t^Uft i maiaquâveU' lent-ils donc faire da moi ?
Elle fit deux fois le tour de sa prison, frappant la murailla avec une alef. eella de 9od logement, Elle fut bientAt convaincue quo si la porta était solide, les mnrs avaient une épaisseur sul'Qsanie pour empâcher sa voix d'arriver au dehors.
Elle n'en pouvait, plus douter, elle étail réellement enfermée dans une espèce de prison- La pièce était complètement nue : pas un meuble, rien, pas nfirae une poignée de paille sur laquelle elle wmi pus» couebcr ou s'assfioir. Il n'y avait qu'un seul objet : fon paniep, qui était resté i. son, bras, et qn'elle retrouva à l'endroit oîi elle avait été jetée.
Appufée contre la muraille, la téta penchée sur sa poitrine et las ysui h demi fermés, fiabrielta sa mit à réfléûhir profondément.
136 DEUX HËBES
Tout à coup elle se redressa, les yeux hagards, fit trois pas en avant, puis recula épouvantée coinme si une bdte hideuse se fût dressée devant elle.
— Oh ! oh ! oh 1 fit~elle d'une voix étranglée.
Elle venait de s'expliquer pourquoi les deux hommes l'avaient enfermée, et elle avait cette horrible pensée que sa prison allait être son tombeau, qu'elle était condamnée à mourir de faim.
— Je suis perdue] gémit-elle.
Elle était oppressée, elle respirait avec peine ; il lui semblait qu'un poids énorme pesait sur sa poitrine. De grosses gouttes de sueur perlaient sur son front, et cependant ses membres et son corps étaient glacés.
Machinalement elle marcha vers la porte massive, contre laquelle elle colla son oreille. Elle eut beau écouter, elle n'entendit rien, ni dans la maison, ni au dehors, ni môme un bruit lointain.
C'était le silence de la tombe, le solennel et effrayant silence de la mort.
Tout son sang s'était précipité vers la tête et battait violemment ses tempes. Il y avait dans ses oreilles un bourdonnement sourd, un voile épais tomba sur ses yeux.
Chancelante, cherchant à s'appuyer contre la muraille, elle se réfugia dans le coin le plus sombre de sa prison.
A toutes ses terreurs se joignait un profond découragement. Enfermée vivante dans un sépulcre , elle comprenait qu'elle ne devait compter sur aucun secours humain.
Après avoir tant souSert, après avoir vu si souvent ses espérances détruites et subi successivement toutes les épreuves de la vie, elle n'avait même plus la force
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DEttX HâRES
du désespoir. Mais de nombreux sanglots s'éi
de sa poitrine gonflée.
N'ayant plus rien à attendre des hommes,
de se détacher complètement des choses de 1
pensée s'élança vers le ciel, appelant Dieu.
— Ha triste destinée doit s'accomplir ! sou Au trouble de l'épouvante succédait la séi