‹ Deux mèresChapitre 6 sur 21 · DEUX BANDITS · texte numérisé non relu

DEUX BANDITS

Après avoir enfermé Gahrielle dans cette qui ressemblait à un cachot, les deux bomn rejoint Solange dans une pièce du rez-de-c le maison où elle les attendait.

Cette maison, qui commençait à tomber bien qu'elle eût été solidement construite, a pour le moment & un marchacd de bric- Paris. Il l'avait recueillie dans un héritage. Il l'avoir louée à de petits rentiers, l'homme et mais la vérité est qu'il l'avait mise k la disp voleurs dont il était, lui, ud des principaux r

ht maison était & une distance de quatr cents mètres des forti&catious, sur la limite toire de GbàtilloD. Elle servait de dépôt provi les objets volés dans les communes et les mai tées au sud de Paris. Les rôdeurs de nuit s'y rendeï-vous et C'est de là que portait le mot d'i

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que foi» qu'une e^pédiUoo i'nm cartaine intjiiorUtPce avait été décidée.

Nous n'aTun» pas besoia de dire (pm I4 pr^pri^ldire de ta naison et les i6\a tiommes, qni «vaieut m l'au' dace de se faire P&B4QP pour das ag«&t^ de police, faisaient partie da oette bande de nialfait«tir«. si admirablement opganisée, qui agissait soue la dipeqtipo occulte de Blaireau.

Le premier de ces hommes se nommait Princet. Deux fois déjà il avait été condamné pour vol. No» moins intelligent qu'audacieux, c'était un misérable eicessivement dangereux. L'autre s'appelait Cholard, surnommé Chauve-Souris par ses camarades. A peine âgé de vingt-quatre ans, il n'avait eu qu'une condamnation an police correctionnelle à huit jours de prison pour rixe nocturne sur la voie publique.

— il faut que je vous remercie teqs les d^ux, leur <l>t Solange, vous m'avez sauvée d'un t«rrible danger.

— Hé, fit Princet, vous n'étiee pas à votre tin» tout de mOme.

— Un moment je me suis vue perdue,

— Et d'autres avec vous,

— Non, moi seule, car on na m'atirait pas arraché une parole. J'étais vraiment dans une viltiine situation. Fuir me paraissait impossible ; d'ajlleurs la femme m'aur rait poursuivie, ameutant le monde sur mon passager Les gens qui étaient là paraissaient décidés à nous me^ ner chez le commissaire de police ; J'avoue que jâ conimençaîs à avoir grand'peur lorsque, heureusement, vous êtes anivés.

— Tout en m'approcbant, je vous ai reconnue, ma-dame Solange, et je me suis dit aussitôt : « Il f^ut savoir ce qui se passe; attention et ouvre l'œil. » J'ai interrogé

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leiMitudï, 0( qmnà j'ai m de qupi il retouroiiit, j'^i tout 4a mite imaginé h boQp* farce qui s v bien réu«si. Ja b'^ mn trouvé de niieus pour rou^ (irer d'affaire. Par bQplt«ur, Cholard était itv«c iDPi ; il a SU treurer un faen, M gui était afisolumest uécpsesire.

4blAb( ikl Ajouta-t-il 90 riaDt, U tour a=t-il été as^ez cr&aemcnt joué? je vquï a^iure qua t^u^ fi^UJ, qui étaient là n'y ont vu que du feu.

-^ Vwi «fc»; élé très-adroit» et fow ayea |ïut preuve d'une grande présence d'esprit,

— Dans des cas coipmfl «lui^U ii n'y a que 1^ b»rdiesse qui s^uvfl-

— OasBd 19 ¥wai \^ pialtra, prochainement, je ne

manquerai pas de lui parler du service qD« voua m'a-

ï» f«flâH, «t j8 Ivi dsinand^rai pour tous daui; une faoflae gratifloation.

— Elle sera acceptée avec reconnaissance,

— C'est moi qui yous sijis raponi»i(iis$ante, répliqua

Solange en souriant.

— Dites donc, reprit prinsft, e>st qv'«ll0 n'est pas folle du tout, la femme pile.

— Malheureusement.

~ On lui a donc Féeiienient volé son enfant?

— Oui, Vous n'attendez point que je vous conte la chose, n'est-ce pas? C'est un secret du grand maître. Du reste, l'aventure date de longtemps. Je u' en avais plus entendu parler et moi-mâme je n'y pensais plus, lorsque, ce matin, un hasard maudit m'a mise en présence de la femme que vous venez d'enfermer là-haut. Je ne l'ai pas d'abord reconnue, je n'ai pu l'éviter. Et puis, j'étais loin dç songer à elle. Je la croyais morte ou folie, enfermée pour tonte sa vie dans un hospice d'aliénés. Et elle est bien vivante, et elle n'est pas folle!

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Quand elle s'est jetée sur moi, me réclamant son enfant, j'ai cru véritablement que c'était un fantôme, un spectre qui sortait du cimetière. Heureusement, je n'ai pas perdu mon sang-froid... ViTante, vivante 1... Si setdement elle était folle, elle ne serait pas à craindre... Je ne vous le cache pas, je vais être maintenant dans une inquiétude continuelle.

— Pourquoi?

— Elle s'est trouvée ce matin sur mon chemin, elle peut me rencontrer encore.

Princet eut un sourire singulier.

— Actuellement elle est en lieu s&r, dit^l.

— Vous ne pouvez pas la garder éternellement.

— C'est certain.

— Eh bien, je ne pourrai plus sortir sans avoir peur de rencontrer cette furie, de voir ce fantfime se dresser devant moi.

— La femme pâle me fait l'effet d'être fort comprO' mettante pour nous tous, opina Gholard.

— Elle est à craindre, dit Solange.

Le front plissé et les yeux farouches, Princet paraissait réfléchir.

— Au fait, reprit Cholard, qu'est-ce que nous allons en faire ?

Après un moment de silence, Princet releva brusquement la tète.

— Dans la voiture, dit-il d'une voix creuse, elle m'a demandé si je connaissais un agent de police du nom de Morlot. '

— C'est vrai, fit Solange.

— Je lui ai répondu que je le connaissais. Je le connais, en effet, bien que je ne l'aie jamais vu. Ce Morlot est un lipmraa terrible çt féroce popr navts autres : ç'ç§t

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luiqai a arrêté un de nos chefs, Garg cabaret de Charonne où i\ avait eu l'ii boire ua coup de trop. Je ne me souc Morlot à nos trousses, surtout s'il est l'an pile, comme elle le prétend.

Pas plus tard que cette nuit, nous en ce que nous avons encore en dépdt ici ; n< un autre lieu de rendez-vous et nous a dans cette maison que quand nous seron voir le faire sans danger.

— Pourquoi déménager? demanda Ghol pas que nous soyons menacés.

Princet haussa les épaules.

— Tu es jeune, Chauve-Souris, dit-il, d'acquérir de l'expérience. Ce soir ou d saura que la femme p&le, qui est^l'amie 6 la sienne, a disparu. Naturellement il se i cherche. Tu peux être sûr qu'il parviendi qui s'est passé sur le boulevard de Monti cbera deux jours, trois jours, quatre si tu iladu flair, — il l'a prouvé, — et qu'il < l'histoire de l'enfant volé, il devinera qu été enlevée.

— Après?

— Après? il trouvera le cocher qui noi — ça ne lui sera pas difticile, — et le coc ici,

~ Diable, je n'avais pas songé à cela.

— Pour ta gonverae, ami Cholard, il songer à tout.

~ Si je t'ai bien compris, nous all( femme ?

— C'est nécessaire.

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:sl-ce quB nous en feront ?

, regarda fixement Gholard sans répondre, s ftllons avoir U une prisonnière (lien gênante, >lard. Est-ce que nous ne pourrions pas, qd pai^ la nuit prochaine, )nt donner la clef des

secoua la tête et prit UQ air sombre, i l'intérêt de madame Solange, et pour notre lous, répondit-il sourdement, il faut que cette s parais se.

s, vous voulez vous «q aller en la laissant enferdemanda Solange.

lourrait se faire ; mais je ne trouve pas qua ce oyen sûr de qous débarrasser d'elle, i voulez la tuer! s'écria Solange.

c'est grave I

î y sommes forcés, notre sûreté l'exige,

, vrai, approuva Cholard.

6Q tourna brusquement de soq cAt^.

. toi qui lui feras son affaire cetts nuit.

toi. Tu n'as pas peur, je suppose.

-7 allons donc!

bonne heure; il faut que tu gagnes t^S épe-

cequeje serai seul?

^uoi ne aeras-tu pas avec moi?

ais bien que j'ai affaire cette nuit du cêtÉ de

Reine.

s un coup de couteau ?

, le sang coule et laisse des traces. Tu l'étran-

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gleras; d'abord; ufie fémtfiBl c'est l'afTaire d'tin ins- Unti

— Ensuite r

-^Tti eoipdrteftiâ le cadavre él tu le jettei'fts dahs le puits ëù il y h éttCUfË asïdï d'ead potit- le cdbher. Gelit falt^ poar qu'il âitlë su fond et s'enfonce daus la vsse^ la thJUTepas facilement de gtosses piètres que tu jetteras dessus.

— A quelle heufe faudra-l-il faire la chose ï

^ Aussitôt qde nos camarades, qui auront été |)ré' venus daus la seirée; aufont tout eoleTé.

Tli reâterfis id le det-nier ; les autres n'odt ^as besoin de sftToir Id Besogne que je te doutle.

Eu pariaut aidai, le misérable atatt bfi Kideux snurire Sur les lèyres;

Solange était d'une pftieur livide. La prémèditatioil de cet horrible crime l'épdnvautait. Cependant elle ne prit point Itfdérense dé Qabrietle ; elle regardait les deux scëlêrats avec teri'etir ; mait elle n'essaya point de les feire renoncer ft leur abominable projet.

— Je n'ai plus rien à fkire icij dit-elle en se levant, je vais tous quitter j

— Avant de partir voulez-vous voir notre prisonnièref lui demanda Priucet avec Son affreux sourire.

— Non, floo, répondit-eile en fWssonnanl.

— N'oubliez pas la gratification promise.

— Soyez tranquille;

" Cholard; tu Vas accompagner madame Solange ; ta lui ouvriras la porte sur la ruelle ; elle n'aUra qd'â prendre le chemin à droite pour gagner la roule pavée.

Solônge 8*eti alla. Un instant aprÈS; les deux bandits quitlèhent à leur tour la maison .

Qabtielle vit le jour de sa prison baisser peuàpfeu, {luis

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s'éteindre tout à fait. La nuit était venue. La malheureuse se persuadait de plus en plus qu'on l'avait enfermée avec l'intention de la laisser mourir de faim.

U y avait au moins trois heures qu'elle était dans les ténèbres, lorsque le silence qui l'entourait fut troublË tout à coup. Il lui sembla qu'on marchait au-dessous et autour d'elle ; c'étaient des pas lourds, qui résonnaient également sur les marches de l'escalier.

Épuisée de fatigue, lex jambes brisées, elle s'était accroupie dans un coin. Elle se releva et, à t&tons, suivant le mur, elle chercha la porte. Quand elle l'eut trouvée, elle tendit l'oreille pour écouter. Elle reconnut d'abord, au bruit des pas, qu'il y avait plusieurs personnes dans la maison. Elle entendit ensuite des voix d'hommes, de grosses voix rauques et enrouées. Mais elle eut beau concentrer son atlention et toutes ses facultés auditives, il lui fut impossible de saisir une parole ayant un sens. Le bruit des voix arrivait à son. oreille comme un bourdonnement. Elle eut l'intention de crier, d'appeler. Elle n'osa pas le faire. Elle sentait bien qu'elle n'avait rien de bon à espérer. Par les deux individus qu'elle connaissait, elle pouvait juger ce que valaient les autres.

' Le bruit dura pendant une demi-heure ou trois quarts d'heure, puis la maison redevint tont à coup silencieuse.

— Ils sont partis, se dit Gabrielle.

Cependant elle resta debout, appuyée contre la porte, prêtant toujours l'oreille.

Un temps assez long s'écoula.

Soudain, Gabrielle entendit qu'on montait l'escalier. Les pas étaient presque légers et paraissaient hésitants. L'idée lui vint que la personne qui gravissait l'escalier

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venait la délivrer. Elle poussa un loug soupir et sou cœur se mit à battre très-fort.

Les pas se rapprochëreut, puis le bruit d'une clef mise dans la serrure de la porte se fit entendre.

Cette fois, Gabrielle ne pouvait plus douter. Sa prison allait s'ouvrir. Cependant elle recula jusqu'au fond delà pièce, saisie d'une angoisse inexprimable.

La poi'te s'ouvrit. Va bomme entra. Dans sa main gaache il avait une corde de petite grosseur, ayant à son extrémité un nœud coulant. Sa main droite tenait un bougeoir de tôle dans lequel il y avait une cbandelle. Une lumière blafarde, tremblotante, éclaira le cachot.

Gabrielle reconnut l'homme et laissa échapper un cri de frayeur. Certes, l'apparition de ce misérable n'avait rien de rassurant.

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