CHAPITRE VI
Retraite de la mission. — Dn Lao MenkHongli & Tébalbalet. Encore roned IgliargHar. •- El'Byodb.
21 avril, — La nuit s'est passée sans incident; dès avant le lever du soleil, le colonel nous fait savoir qu'il a décidé que la mission quitterait Menkhough aujourd'hui pour marcher à l'ouest; les Chaamba, qui ont reçu l'ordre de charger les chameaux, font cette opération avec une rapidité inaccoutumée; il faut cependant mettre des formes pour abattre les tentes qui ont servi de logement à nos hôtes touareg.
Le colonel a envoyé Abd el Hakem pour leur faire comprendre que nous ne pouvons les
* héberger plus longtemps, nos approvisionnements ne nous permettant plus cette générosité et l'opération se fait sans trop de difficultés.
Vers 6 heures 1/2, nous jetons un dernier coup d'œil sur le lac Menkhough et nous prenons en sens inverse Titinéraire que nous avons suivi le 16 avril. Abd el Hakem, Hanndeboul et Dob ben Moheza, tous trois des Ifoghas, accompagnent la mission.
Les Moghasaten, qui ont assisté sans rien dire ik notre départ, sont restés groupés sur le bord du lac ; le colonel qui se méfie justement d'eux fait marcher à une certaine distance en arrière de la caravane les cavaliers à cheval que possède la mission, de façon à la garder contre tout événement.
Nous sommes sortis du bois de tamarix depuis environ une heure quand Ben Eddin vient avertir le colonel que les Moghasaten suivent la mission à un ou deux kilomètres en arrière ; notre chef leur renvoie Ben Eddin les inviter à cesser de nous suivre» Cette invitation est faite sous une forme menaçante que Ben Eddin n'a certes pas adoucie, aussi les Moghasaten reprennent de suite la direction de l'est.
Nous avons vu beaucoup d'onagres au coups de cette étape ; ces animaux ressemblent à l'âne d'Algérie mais ils ont des formes plus fines et de grands yeux très vifs, leurs allures sont sensiblement plus rapides que celles de l'âne, mais ils sont incapables de tenir tête à un cheval pendant bien longtemps.
J'en ai forcé un de la façon la plus complète en moins d'une demi-heure de galop; si je n'avais pas été seul à ce moment, il eût été très facile de s'en emparer car la pauvre bête était à bout de souffle, je n'ai pas eu le courage de là tuer.
Nous campons à l'entrée de la gorge de Tamedjelt vers 2 heures 1/2, ayant fait environ 40 kilomètres depuis le matin; un peu avant d'atteindre ce point, nous avons rencontré les troupeaux du cheikh Abd el Hakem qui changeaient de pâturage sous la conduite d'un certain nombre dlmghad. Ces troupeaux, en excellent état, comprennent une centaine de chèvres el autant de moutons, plus un certain nombre d'ânes; les chèvres sont de deux sortes ; les unes ressemblent à notre espèce, les autres sont de la taille d'un veau un peu fort, elles ont la tête fortement busquée et des cornes annelées, très fortes et
recourbées en arrière comme celles du mouflon ; les moutons sont de très forte taille, ils sont de robe noire. Abd el Hakem nous a vendu un de ces animaux qui est abattu à l'arrivée à l'étape ; la viande de ces moutons est excellente, elle est intermédiaire comme goût et qualité entre notre mouton et le bœuf, auquel elle ressemble beaucoup.
Le soir on prend les mêmes précautions de sécurité qu'hier; de plus le colonel fait faire des rondes autour du camp et à une certaine distance par les cavaliers sous la direction de Lechâtelier; la nuit se passe sans incident.
22 avril, — Nous quittons Tamedjelt à 5 heures 1/2 et nous campons vers 2 heures dans TOued Idjeran après avoir fait 35 kilomètres.
23 avril. — Nous suivons jusqu'au col de Tîdat l'itinéraire que nous avons suivi à l'aller; à partir de ce point, nous appuyons fortement au sud pour camper vers une heure 1/2 au pied
^ des montagnes qui bordent l'oued de ce côté.
En passant au col de Tidat, j'ai reconnu un monument très ancien rappelant celui qui a été signalé à la journée du 16 avril; c'est encore un compartiment rectangulaire en pierres plates, divisé en deux par une cloison et dont le grand
axe est disposé nord-sud. Ce compartiment eét entouré d'un demi-cercle de 30 à 40 mètres de diamètre, construit de la même façon que les alignées du monument rappelé plus haut; Touverture de ce demi-cercle est tournée vers l'est et le sol qui l'environne a été dégagé des plus grosses pierres qui l'encombraient, pierres dont on a fait deux gros tas informes à proximité.
L'atmosphère est d'une pureté remarquable et on voit tous les détails de la montagne que le trouble de l'air nous avait empêché de voir le 11 avril; elle présente un aspect des plus pittoresques, surtout au moment du coucher du soleil qui en accentue les formes. C'est une suite de pitons aigus tout déchiquetés s'élevant successivement jusqu'à une muraille très élevée et taillée à pic que semble limiter un plateau horizontal; les pitons ont dû être produits par une partie du plateau qui s'est éboulé dans la vallée en se brisant suivant une fracture verticale, ce qui a donné lieu à la muraille que l'on voit actuellement.
On remarque les traces de cascades qui doivent se former au moment des grandes pluies ; les érosions qui se produisent en cette cir-
constance, ont amené la formation de vastes cônes de déjection qui ont adouci les pentes extrêmes de la montagne.
24 avril, — Nous faisons une petite marche de 3 heures 1/2 pour atteindre Aïn el Hadjadj où nous campons vers 9 heures, le puits est plein jusqu'au ras du sol d'une eau très limpide et presque fraîche ; violent sîroco par rafales dans raprès-midi, le thermomètre dépasse 40° vers une heure, le sable est soulevé en épais brouillard, journée très dure.
Nous avons dû diminuer d'un kilogramme la ration de nos chevaux qui n'auront plus que trois kilogs d'orge pour toute nourriture ; les montures du colonel sont toutes deux blessées atrocement, un des chevaux de Masson est dans le même éfat. Le colonel prend le cheval disponible de Masson, à qui je prête ma monture que je remplace par un grand méhari blanc qui n'est pas utilisé; Lechâtelier, dont le cheval est également blessé, monte à méhari depuis quelques jours.
25 avril, — Nous suivons une direction un peu différente de l'itinéraire par lequel nous sommes arrivés le 6 avril à Aïn el Hadjadj ; on met le camp à 1 heure 1/2 dans le thalweg d6
la vallée des Ighargharen. Toute la soirée et une partie de la nuit le siroco souffle avec violence, la température est très élevée et dépasse encore 30° à minuit.
26 avril. — J'ai demandé au colonel Tautorisation d'aller au sud à la recherche d'une lorgnette que j'ai perdue le 5 avril au cours de la reconnaissance que j'ai faite avec Roche.
Accompagné de Saci ben Sliman, je gagne le pied de la montagne pour le suivre et tâcher ainsi de retrouver les traces que nous avons dû laisser et que le A^ent n'a peut-être pas encore effacées.
Un peu avant d'atteindre le pied de la montagne je remarque une foule de petits sentiers qui semblent converger vers un monticule sablonneux couvert de verdure, c'est* une sorte de petite dune dominant le sol environnant d'environ 5 mètres, elle disparaît sous des touffes de jonc et de diss (1). On voit au sommet deux petits entonnoirs dont l'un peu profond est envahi par les joncs, tandis que l'autre contient une jolie source dont le niveau est
(1) Diss; irrvperaia cylindrica, graminée très commune en Algérie, très rare dans le Sahara.
supérieur de 3 mètres environ à celui de la plaine.
Du côté est existe une sorte de déversoir qui doit donner passage au trop-plein de la source au moment des grandes pluies, époque où le niveau de Teau s'élève suffisamment pour que la source déborde et coule dans la vallée.
A 6 ou 8 kilomètres de cette source je retrouve les traces que je cherche, et en les suivant je ne tarde pas à rentrer en possession de ma lorgnette; il est 9 heures quand je reprends la direction de Tebalbalet où nous devons camper aujourd'hui.
Le vent se lève de Pouest très brusquement et tourne en quelques instants à Touragan, chassant des nuages de sable et de gravier tellement épais que par moments on ne voit plus le sol où Ton marche; il faut prendre des précautions pour ne pas être jeté à bas de sa monture.
Aussi mon compagnon et moi marchons-nous fort lentement et il est une heure quand nous atteignons Tebalbalet où on n'a pu dresser les tentes; les chameaux sont couchés et ne cherchent pas à pâturer, ils se cachent la tète sous leurs pattes et ne bougent pas ; les Chaamba se sont enveloppés de leur burnous et s'abritent
derrière les bagages de la mission qu'ils ont rangés pour se préserver du vent.
Les membres de la mission s'abritent comme ils peuvent, mon ordonnance m'a fait avec le support de la tente fixé sur une caisse et la toile une sorte de niche où Roche s'est installé et où nous passons toute la journée couchés par terre.
Au coucher du soleil le vent tombe un peu, les tentes peuvent être dressées non sans peine, le calme ne s'établit que vers 11 heures et demie du soir.
27 avril. — Séjour. — Abd el Hakem, Hanndeboul et Dob ben Maheza nous quittent; les deux premiers pour retourner chez eux, le troisième pour aller au Hoggar porter une lettre que le colonel envoie à Ahitaghel amenokal (chef suprême) des Hoggars, afin de lui annoncer qu'il a l'intention d'aller dans son pays l'hiver prochain.
En partant les Touareg nous donnent ou nous vendent leurs armes ou les harnachements de leurs mehara ; j'ai pu me procurer ainsi une selle de méhari (ghala) qui remplacera avec avantage le bât très incommode qui me sert de selle depuis que j'ai adopté cette monture.
Le colonel, désirant profiter du retour pour
reconnaître un itinéraire différent de celui que nous avons suivi à l'aller, décide que nous regagnerons El Byodh sans passer par Timasslnin, Saïa connaît un itinéraire direct entr.e ces deux points; il y aurait quatre bonnes journées de marche sans eau.
2S avril. ~ Nous nous mettons en route à 6 heures pour marcher au nord nord-ouest, laissant à Test le cap rocheux au pied duquel est creusé le puits de Tebalbalet, la caravane suit rétroite vallée qui est à Touest de cette hauteur ; à 10 kilomètres environ de Tebalbalet, on gravit une croupe rocheuse en longeant un ravin profond dont les berges ont une dizaine de mètres de hauteur et sont absolument verticales. Un sentier bien tracé circule entre les roches énormes qui surmontent les bords de ce véritable abîme, c'est le passage le plus difficile que la caravane ait eu à franchir depuis que nous sommes en route; les chameaux marchent avec une prudente lenteur tout en semant un peu leurs chargements, mais tout se passe sans accident grave.
A la tète du ravin, qui est à 12 kilomètres de Tebalbalet, l'itinéraire traverse une dhayat à fond argileux couverte de buissons épais d'une
plante appelée nelhil que nous n'avons rencontrée qu'en ce point, elle porte de jolies fleurs violettes panachées de blanc ; quelques gommiers poussent dans cette dhayat qui a un kilomètre de longueur environ.
Au sortir de la Dhayat Nethil nous descendons dans un large couloir appelé El Antak, compris entre des berges rocheuses très inclinées couvertes de sable et qui va en se rétrécissant beaucoup au fur et à mesure que nous avançons, A 4 kilomètres du point où nous Pavons abordé, ce couloir n*a plus qu'une centaine de mètres de large et fait un coude brusque vers l'ouest; nous le suivons encore pendant 4 kilomètres au bout desquels nous débouchons dans une vaste dépression de reg dirigée nord-est-sudouest, qui est bordée par la montagne à l'est et par des dunes élevées à l'ouest.
C'est ici que nous recevons les adieux de deux Touareg Aoulimmidens que le colonel avait engagés comme sokhars à Ouargla, où ils étaient détenus, ayant été faits prisonniers à la suite d'une ghazzia tentée sur les Chaamba par une troupe composée de Touareg Hoggars et Aoulimmidens. Ces deux hommes ont servi la mission avec un zèle infatigable et se sont tenus en dehors
des disputes de nos Chaamba qui nous ont amené tant d'ennuis.
Le colonel les a rendus à la liberté et leur a donné un chameau pour regagner leur pays qui est au sud du Hoggar dans la vallée du Niger, ils nous font de longs adieux en protestant de leur reconnaissance, tous deux ont les larmes aux yeux et Tun d'eux pleure fortement; ils ne se mettent en roule vers le sud que lorsque la mission disparaît à leurs yeux.
Le passage des dunes est assez difficile, elles forment une chaîne de deux kilomètres d'épaisseur et ayante un relief de cent mètres environ ; de Tautre côté de cette chaîne est une immense plaine de nebkat largement ondulée où le seffar forme de véritables prairies.
Au moment où nous entrons dans cette plaine, nous reprenons la direction nord-ouest que nous avions dû abandonner dans le passage d'El Antak.
Vers 2 heures nous campons dans la nebkat, nous sommes ici à une journée de marche sudouest du Khanfousa dont on aperçoit le sommet dans la dune; vers l'ouest à une dizaine de kilomètres, est un plateau rocheux assez élevé, en forme de gara qui porte le nom de Tanelagh,
il y a une source au pied et au sud de ce plateau.
29 avril. — En route à 6 heures nous sortons de la nebkat qui disparaît peu à peu, laissant à découvert le -sol sous-jacent qui est d'abord argileux puis pierreux; c'est le terrain reg d'une nudité absolue et de couleur noirâtre.
Nous sommes ici dans Toued Igharghar dont le lit s'élargit jusqu'à avoir 40 à 50 kilomètres de largeur; la vue s'étend sans limites sur cette immensité, sauf vers le sud-ouest où on voit quelques hauteurs rocheuses couvertes de sable qui terminent de ce côté le Djebel Iraouen.
Nous campons à 2 heures 1/2 près d'un assez beau gommier isolé au milieu de la plaine, l'horizon forme un cercle parfait autour de cet arbre; le sol caillouteux ne porte pas un brin d'herbe, les chameaux se passeront de manger aujourd'hui.
30 avril. — Nous sommes en route avant le lever du soleil; il s'agit de gagner un point où il y ait un peu de pâturages pour les chameaux qui ne pourraient rester plus de deux jours sans manger; la caravane suit une direction nordouest dans la plaine qui a toujours le même aspect ; vers 8 heures nous passons à côté d'un
groupe de trois gour appelés Gour Beïdha. Le ciel se couvre et la température s'abaisse beaucoup (21° à 8 heures) ; le pays que nous traversons prend un aspect d'une tristesse navrante sous ce ciel gris que renforce la sombre livrée du sol, on le croirait couvert de scories de haut fourneau.
Vers 11 heures, nous traversons une dépression allongée couverte de sable, où poussent quelques gommiers, un peu de sefifar et de neci(l); à midi, le camp est établi dans une dépression pareille, où les chameaux trouveront un peu de nourriture.
A peine nos tentes sont-elles dressées que la pluie se met à tomber jusqu'à 2 heures de l'après-midi, elle reprend pendant la nuit et tombe avec force jusqu'au lever du soleil le lendemain.
j?**" mat. — Nous sommes en marche à 6 heures, il tombe une pluie fine qui ne cessera pas pendant toute la matinée, la température est retativement basse; le pays est toujours le même aussi triste et aussi plat, on commence
(1) Neci, artratherum plumoswn^ graminée très goûtée des chameaux et surtout des chevaux.
à apercevoir les berges de TOued Igharghar vers le nord-ouest.
A 15 kilomètres de notre cannp d'hier, notre itinéraire coupe le medjebed de Ghadamès à Iil Salah, sentier parfaitement marqué dans la plaine; vers 11 heures, nous franchissons les berges de Toued qui sont peu élevées et très découpées. Au delà s'étend un plateau rocheux, mouvementé, parsemé de petites dhayat argileuses qui sont couvertes de betthina.
Vers 1 heure 1/2, après avoir contourné une gara blanchâtre, en forme de cône tronqué, nous venons camper dans un ravin profond qui contient une végétation assez vigoureuse ; il y a en particulier beaucoup de dhomran sur lequel nos chameaux se jettent avec avidité, car les pauvres betes n'ont pour ainsi dire pas mangé depuis trois jours.
Du haut de la gara on aperçoit très distinctement les dunes d'El Byodh, dont nous sommes éloignés de 25 kilomètres environ.
2 mai. — Nous suivons le fond du ravin, où nous avons campé hier; il s'élargit beaucoup en se creusant profondément et débouche bientôt dans une vaste dépression dont le fond est mouvementé d'une façon très curieuse.
Le sol est couvert de monticules coniques, de gypse en forme d'ampoules, dont la partie supérieure est crevassée comme s'ils avaient éclatés sous l'action d'un gonflement lent. Dans quelques-uns de ces monticules, qui ont 1 mètre à 1"»50 de relief, le sommet a disparu et laisse voir, sous une couche peu épaisse formée de gypse cristallisé en aiguilles accolées, une masse d'argile sablonneuse de teinte jaune ou blanchâtre.
Dans la partie la plus basse de la dépression, les monticules deviennent plus rares; ils se sont complètement désagrégés pour former un banc épais de cette terre savonneuse ressemblant au kaolin et que les nomades appellent terba.
Au sortir de cette dépression, nous retrouvons le plateau rocheux d'hier; de ce côté il est sillonné de nombreux ravins qui sont des affluents de la sebkhat El Byodh, que nous ne tardons pas à aborder à une certaine distance à l'ouest du point où nous sommes passés à l'aller.
Vers midi, nous mettons le camp sur l'emplacement où nous avons stationné les 25 et 26 mars; dans la journée, nous sommes assaillis par un orage violent, il tombe une pluie diluvienne pendant plus d'une heure.
5 mai. — Séjour. — Le colonel a décidé que je serai chargé de diriger, avec Béringer et Roche, une reconnaissance dans le gassi de Molihanza, par lequel passe la route directe d'El Byodh à Ouargla, itinéraire que ne peut suivre toute la mission à cause du manque de points d'eau.
Je procède dans la journée à l'organisation de ma petite caravane qui doit comprendre deux guides, Mohamed ben Maatallah et El Arbi ben Salem des Chaamba, Saâd ben Mohamed, l'ordonnance de Béringer, indigène de Biskra, et trois solchars; j'emporterai de Teau pour 10 jours et des vivres pour 15, le tout sera porté par 5 chameaux de bât, choisis parmi les plus vigoureux de la caravane, qui, joints aux 6 méhara qui doivent nous servir de montures, formeront un total de 11 animaux que Ton n'a pu dépasser.
Mohamed ben Maatallah, qui connaît cet itinéraire, assure, en effet, qu'il ne faut pas compter trouver beaucoup d'eau à Hassi el Mokhanza.