FAUBOURG DE SAINT- SEURIN AU DOYENNÉ
(Allées Damour.)
Le frère de Montesquieu, Joseph- Secondât de Montesquieu, prenait possession du Doyenné de Saint-Seurin le 30 juillet 1725; deux mois après environ, le Président logeait avec lui dans la vaste maison du Doyenné. Cette maison, située sur remplacement compris entre la rue du Manège et la rue Ségalier, d'après les plans retrouvés par M. Lapierre, géomètre de la Ville, était sur le point placé vis-à-vis de la statue de Vercingétorix.
Au Parlement, Montesquieu prononce le 12 novembre 1725 un discours, resté célèbre, Sur V équité qui doit régler les jugements et l'exécution des lois. A l'Académie, il disait, trois jours après, un Discours sur les motifs qui doivent nous encourager aux sciences.
Montesquieu aimait les voyages; il allait presque tous les ans à Paris passer quelques mois, qu'il employait à faire des observations, à servir les intérêts du Parlement et plus particulièrement
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ceux Je l'Académie. Afin de suivre plus Librement ses goûts, il
lit sa charge de président à mortier à M. d'Albessard, le 8 juillet 172 >, à lt condition que cette charge reviendrait à son 1îls, à la mo t de L'acquéreur, qui avait alors cinquante et un
Marie -Josèphe- Denise de Secondât, fille cadette de Montesquieu, naquit à Bordeaux le 23 février 1727. On sait qu'elle aida son père dans ses travaux, en lui lisant les livres que sa main aise vue ne lui permettait plus de lire lui-même sans fatigue; il l'appelait son cher secrétaire et eut pour elle une vive affection.
Le 24 janvier 1728, Montesquieu est élu membre de l'Académie française ; la même année il commença ses voyages en Allemagne, en Hongrie, en Italie, en Hollande et en Angleterre. Il a laissé la relation d'une grande partie de ses voyages, dont le manuscrit remplit six cent trois pages petit in-40. Cette précieuse relation sera prochainement publiée par M, le baron Albert de Montesquieu.
Les Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains parurent en 1733. Montesquieu avait déjà lu à L'Académie de Bordeaux, en 17 16, une dissertation sur la Politique des Romains dans la religion.
Le 30 janvier 1737, le fils de Montesquieu, J.-B. de Secondât, est reçu conseiller au Parlement de Bordeaux. Il n'avait aucun goût pour les fonctions judiciaires. Il refusa de prendre la charge de président à mortier à la mort du président d'Albessard. Montesquieu, qui lui avait réservé cette charge, lut sur le point de la reprendre lui-même ; il le déclarait à son ami l'abbé de Guasco, le 28 mars 1748: <; Je souhaite ardemment de vous trouver de retour à Bordeaux quand j'y arriverai, lui écrit-il, d'autant plus que je veux que vous me donniez votre avis sur quelque chose qui me regarde personnellement. Mon fils ne veut pas de la charge de président à mortier que je comptais lui donner. Il ne me reste donc que de la vendre ou de la reprendre moi-même. C'est sur cette alternative que nous conférerons avant que je me décide; vous me direz ce que vous pensez après que je vous aurai expliqué le pour et le contre des deux partis à prendre ; tâchez donc de ne pas vous faire attendre longtemps. .> Il ne put se résoudre à aliéner de nouveau sa liberté; il vendit sa charge à M. le président Le Berthon, pour la somme de cent trente mille livres, et il continua à séjourner tour à tour à La Brède, à Bordeaux et à Paris.
Marie de Secondât, fille aînée de Montesquieu., épouse, le h) novembre 1738, Vincent de Guichaner d'Armajan, chevalier d'honneur de la Cour des Aides de Bordeaux. Joseph de Montesquieu, le doyen de Saint- Seurin et abbé de Faize, célébra le mariage de sa nièce dans la chapelle du château de La Brède.
Je suis ù Bordeaux depuis un mois v.t j'y dois rester trois ou quatre mois encore) écrivait Montesquieu à l'abbé Nicolini, le (> mais [740. H dut rester Longtemps en ville cette année-là: le :\ août 17 jo, il signait dans L'hôtel de M. de Mous le contrat de mariage de son fils qui, sis jours après, épousait Marie-Catherine- Thérèse de Mons. Le frère de Montesquieu eélébra cette union, assisté de M. (). Sullivan, prêtre irlandais attaché à la paroisse
Saint- Christoly.
Montesquieu rassemblait depuis plusieurs années les matériaux qui devaient lui servira composer VEsprit des Lois. Ses leetures, ses conversations, les observations faites pendant ses voya l'avaient préparé à rédiger son œuvre. Il écrivit de La Brède à L'abbé de Guasco : «Je serai en ville après-demain. Ne vous engagez pas à dîner, mon cher abbé, pour vendredi; vous êtes invité chez le président Barbot. Il faudra y être arrivé à dix heures précises du malin, pour commencer la lecture du grand ouvrage que vous savez. On lira aussi après dîner; il n'y aura que vous, avec le président et mon fils. Vous y aurez pleine liberté de juger et de critiquer. >
Le 11 mars 1745, Montesquieu marie sa fille cadette, Denise, avec Godefroy de Secondai, qui devint baron de Montesquieu à la suite de la cession que lui fit J.-B. de Secondât en 1756 en lui remettant, selon la volonté de son père, la baronnie de Montesquieu, en échange d'une partie de la dot de Denise. De ee mariage est né Joseph -Cyrille de Secondât de Montesquieu, grand-père des descendants actuels du Président.
Montesquieu préparait toujours la publication de V Esprit des Lois; il écrivait à l'abbé Nicolini : <: Depuis deux ans que je suis ici, j'ai continuellement travaillé à la chose dont vous me parlez, mais ma vie avance et l'ouvrage recule, à cause de son immensité ; vous pouvez être bien sûr que vous en aurez d'abord des nouvelles. »
En 174S parut enfin V Esprit tins Lois.
Le doyen de Saint- Seurin avait fait d'excellentes études au collège de Juilly. Montesquieu, logeant avec lui au Doyenné, dut lire à son frère, dès qu'il les composait, les pages de V Esprit îles Lois, avant même de les communiquer à son ami Barbot et à l'abbé de Guasco. Le président de Gascq, membre de l'Académie, dont le jardin touchait celui du Doyenné, dut aussi être consulté; on en trouverait peut-être la preuve dans les papiers que sa famille a pu conserver.
Un bail de location passé, le 15 janvier 1749, par Montesquieu avec un chanoine de Saint- Seurin, Jean de Lachausse, pour un appartement situé rue Margaux, pourrait faire croire que Montesquieu était revenu loger rue Margaux. La modicité du prix de