‹ Deux pages de l'histoire d'Amérique [microforme]Chapitre 3 sur 4 · SES · texte numérisé non relu

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qui aient atteie | doute, l’on pofrrait dire 3 chose contre certaines | particularités &e de syst ais dit moso Cortez,

toute forme de gùu GES parpioù des objections ;

il n’y a point de gouvë offre que des incon-

véniens,—il n’y en a pas non plus qui n’offre que des avantages. Il suffit pour défendre le régime des Incas, je ne dis pas aux yeux des socialistes et des communistes, —car ce système, où il n’y avait de propriétaire que l’état, et où les individus n’étaient qu’usufruitiers, n’était ni le socialisme ni le communisme, bien que Montesquieu lui-même s’y soit trompé,—mais aux yeux des publicistes, que tous les élémens de cette utopie, si l’on veut bien l’appeler ainsi, se conviennent, que toutes ses parties s’enchaînent, et que l’on puisse dire avec le Comte Carlo Carli, qu’elle n’aurait pu être réalisée si on eût omis une seule peut être des précautions qu’on y prenait. Et c’est bien ce qui fait voir que les Espagnols n’auraient jamais pu imaginer après coup un pareil ensemble.

Sir William Blackstone a comparé à ce systême le gouvernement d’Alfred le Grand. Mais sans m’arrêter

aux travaux de la critique moderne,— aux coups que Sir James Mcelntosh et d’autres chercheurs ont porté à cette multiplicité de belles institutions que la renommée attribue à Alfred ;—en me rangeant même du côté de la tra-

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dition contre la critique, qui est toujours plus prompte à démolir qu’à édifier, ce grand prince avait oublié la seule institution à l’appui de laquelle un système ressemblant à celui des Incas aurait pu se maintenir :—il avait laissé subsister la liberté des contrats. Lycurgue n’avait guères été plus prévoyant. Les Incas tinrent dans un parfait équilibre les parties qui composaient la société au Pérou, parce qu’ils n’admirent point les conventions. Celà est si vrai que Locke nous dit, dans son traité du gouvernement, que les hommes se sont tacitement soumis à l'inégalité des fortunes en fesant entre eux des conven. tions. Puisque, ajoute-t-il, l’or et l’argent qui, comparés à la nourriture et aux vêtemens, sont moins utiles à la vie, empruntent toute leur valeur des conventions des hommes, il devient évident que ceux-ci ont consenti à reconnaître l’inégalité et la disproportion dans la possession de la terre. Ils ont créé en effet pour chacun ile moyen de possèder légitimement plus qu’il m'était nécessaire à son usage, en recevant en échange pour l'excédant cet or et cet argent, qui peuvent être amassés sans faire tort à personne. Le partage des choses et Pinégalité des possessions privées, les hommes les ont pratiqués en dehors même des liens de la société et sans .<ontrat par le seul fait qu’ils ont attaché une valeur à Por et à l’argent.”-—Seuls donc les Incas obtinrent l’équilibre, et comme conséquence, le bien-être de chaque famille, de

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chaque individu, ce à quoi n’a jamais pensé aucun législateur, aucun philosophe de l’autre hémysphère. Mais personne en effet ne pouvait imaginer un plan de gouvernement totalement opposé aux idées universellement reçues. Domat et Pothier, parmi les jurisconsultes, avaient concentré leur génie dans le cercle des contrats du droits romain, et ne s’imaginaient pas qu’il pût exister uu ordre de choses différent ; quant à Blackstone, il n’a mentionné le système des Zncas qu’à force d’érudition. Rien ne pouvait lui échapper entièrement ; mais il n’avait point étudié ce système.

Non, personne n’a imaginé un semblable gouvernement. C’est pourquoi il ne pourrait être question de mettre en pratique une utopie opposée à toutes les institutions existantes. Mais en rappelant un fait historique si intéressant et si instructif, il m’est permis de chercher parmi les matériaux encore bruts de l’histoire de ce continent, si personne n’a encore su tirer parti de cette antique législation de l'Amérique, qui n’est plus aujourd’hui qu’au rang des souvenirs; —nous pouvons jeter un regard de complaisance sur cette institution du passé. Elle aurait plu à Jean Jacques Rousseau lui-même, quand ses inspirations ne l’entrainaient pas trop avant dans les bois, car la pensée que je vais lire est bien de ce génie que je rangerais parmi les génies colosses, si j’y trouvais plus

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de consistence,—de ce génie, le seul que l’Europe ait à mettre en comparaison avec le génie indigène de l’Amérijue, qu’elle a laissé s’éteindre au lieu de le cultiver. | Il n’y a que Rousseau qui soit aussi éloquent selon moi, comme il n’y a que Démosthénes et Cicéron selon le Président Jefferson*.

L'état social, dit Jean Jacques, n’est avantageux aux hommes qu’autant qu’ils ont tous quelque chose et qu’aucun d’eux n’a rien de trop.”

* 11 met des harangues improvisées de nos grands-chefs à côté des discours étudiés de ces orateurs.

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