‹ Deux patries: drame en cinq tableaux, dont un prologueChapitre 23 sur 45 · SCÈNE II Les Mêmes, LE PRINCE, LA REINE · texte numérisé non relu

SCÈNE II Les Mêmes, LE PRINCE, LA REINE

(Le prince est en civil.)

LA REINE

Nous voilà de retour.

Oh! le brave pays! Thonnéte peuple! Je lui eusse déjà offert mille gages de bonne volonté, que son accueil ne serait pas meilleur.

LA REINE

N'importe! François, je vous conseille d'écrire le

mémoire dont je vous ai parlé. Vous y expliqueriez voire sollicitude pour ce royaume, et, chacun vous appréciant davantage, nulle méprise ne surgira.

(Marguerite et M"« de Geilz s'éloignent peu à peu.) LE PRINCE

Un mémoire?

LA REINE

11 faut grouper vos intentions, franchir Tabîme qui sépare le maréchal Garnier du prince de Siserach.

LE PRINCE, rêveur.

Oui... peut-être... oui! Mon cœur, les charges que j ai assumées, m'ordonnent de ne pas attendre, Farme aux doigts, tel un grenadier la consigne... puisqu'ils marchent la main dans la main, les soldats de mon ancienne et de ma nouvelle patrie! (un court silence.) Une foule de perplexités, du reste, se choquent en moi. Ce sera les mettre au jour, et ma conscience dormirait plus tranquille.

MARGUERITE, au moment de sortir avec M"^ de Geitz.

S'il a une seconde patrie pourtant, c'est que l'autre l'avait fait noble!

LA REINE

Venez-vous, François?

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