SCÈNE XIII LA REINE, MARGUERITE, KALDEN
KALDEN
Cette jeune fille, madame! Elle pleure.
MARGUERITE, 8e détournanl.
Non, non, monsieur.
Qu'as-tu, mon enfant?
MARGUERITE
Oh! Majesté....
LA REINE
Qu'as-tu?
MARGUERITE, sanglotante.
Rappelez M. de.Stein, dites, madame.... Rappelez-le. Il vous trompe!... Nulle catastrophe n'est à prévoir! Le peuple vous chérit, les troupes vous idolâtrent!... L'Altemberg admire l'Empereur! L'Altemberg le respecte! Napoléon est un héros! un grand homme!... le plus grand, le plus illustre des hommes!
LA REINE, l'embrassant, la caressant.
Pauvre âme naïve, dévotieuse, que son rêve a incendiée peu à peu!
KALDEN
Son rêve?
LA REINE
Ne comprenez-vous point?
KALDEN
J'hésite....
MARGUERITE, avec désespoir.
Oh! tout le monde saura désormais, tout le monde!
LA REINE
Calme-toi, mignonne.
MARGUERITE
N'importe! madame, rappelez M. de Stein.... Je vous en prie... je vous en prie....
LA REINE
Pourquoi le rappellerais-je?
MARGUERITE
Pour Son Altesse, madame, pour votre gloire.
LA REINE
J'eusse déjà vu le prince, je me serais déjà expliquée avec lui, sans tes larmes.
MARGUERITE
Le prince ne peut vous écouter.
J espère qu'il m'écoutera.
MARGUERITE
Soyez bonne, clémente, n'en faites point un parjure.
LA REINE Ah! tu m'impatientes, à la fin! (Elle la repousse presque.)
MARGUERITE
Sainte Vierge! ma gorge se dessèche, ma tête se vide ! Je vous aime, et vous me haïssez, n'est-ce pas, madame? Vous allez me haïr! C'est votre bonheur pourtant, votre loyauté, votre trône que j'essaie de défendre! Napoléon a vaincu ses ennemis, les vaincra toujours! Personne ne lui est comparable! Dieu l'inspire, lui a donné la force, le génie. (Elle tombe à genoux.)
KALDEN
Hein! ce myosotis allemand qui méprise l'Allemagne!
iU DEUX PATRIES.
LA REINE, durement.
Laisse-nous, retourne au palais.
MARGUERITE, avec des sanplols.
Sainte Vierge! Sainte Vierge!
(Apparaît le prince de Siserach.)
Tais-toi.
(Marguerite se relève.)