‹ Deux poëmes [i.e. poèmes] couronnés par l'Université Laval [microforme]Chapitre 16 sur 47 · AB · texte numérisé non relu

AB

LetiX SSEAU X.

‘our'age,

Et deji le navire avec rapidité

Souvre un large chemin sur le flot argente.

Le ciel veille sur toi ! vogue charmant navire ! Vogue, favorisé pur un tiède zéphire !

Le démon de la mer, honteux et confondu, Dans son antre de boue est déjà descendu.

Le Seigneur a parlé, les esprits des ténèbres Se sont précipités dans les goutfres funèbres, Lucifer a senti comme un soufflet sanglant

Qui lui tit devant Dieu courber son front tremblant. Vogue, 6 joli navire, avec ta noble troupe!

Un pilote divin s'est assis à ta poupe !

Pour veiller sur ton sort, l'Ange du Canada,

Dans l'orage et la nuit, sans cesse te guida !

Longtemps, longtemps ainsi vogue ‘ La Grande Her- [mine.”

I sillonne tantôt une mer qu'illumine

Les reflets chatoyants du paisible matin, Fantôt les flots dorés par l'éclat incertain

De l'astre de la nuit qui monte sous la nue.

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Agenoux sur le pont, les marins, tête nue,

Viennent avec respect prier matin et soir. i

Et demander encor le courage et l'espoir. ÿ

‘ : , À Cependant deux vaisseaux sont perdus sur les ondes. K La

il Q 0 : Ù à à Sont-ils ensevelis sous les vagues profondes ; , Au Ou sans voiles, sans mäts, sous un ciel inconnu, | Les Est-ce en vain que pour eux le calme est revenu ? Epr L'ange du Canada, comme un débile athlète, » Leu Nest-il done contente d'une gloire incommiète ? Dan

Au démon de la mer demi-victorieux A-t-il abanconne ce butin précieux ?

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Fininobile, de bout au pied du mat de hune, Cartier verse des pleurs sur Ta triste infortune Des braves compagnons de ses nobles travaux. [x devaient avec lui fouler ces bords nouveaux Que le ciel éboune promit à son audace !

Vainement de lu mer parcourant la surface.

Son humide regard cherche quelque point noir Qui pourrait un moment tromper son désespoir :

\ ur les ondes. | Lu imer de toute part est limpide et déserte !

; S ; \ Au dessus de ses flots nulle aile n'est ouverte ! onnu. Les matelots aussi, touchés de ce malheur ‘venu ? f Eprouvent dans leur âme une tinère douleur : Ë e, hi Leurs propos sont moins gais ; leurs chansons plus doî [lentes bte ? Dans l'air calme du soir trainent leurs notes lentes,

Le flot se ride et tremble à l'haleine des vents

Comme un front de vieillard sous le souffle des ans,

Le soleil est entré dans su couche pudique.

De nouveau sur la mer la nuit mélancolique Avec son noir manteau se promène sans bruit, Et sur son front d'ébènce une étoile d'or lTuit. Et le navire vogue let sa coquette voile

Sur la vague d'azur tremble comme Petoile !

Endormis sur le pont, la pluspart des marins

Ont pour quelques moments oublié leurs chagrins.

Cartier veille toujours. Une douce espérance Soutient son énergie et calme sa souffrance, [lui semble que Fonde en ses replis profonds Berce de verts rameaux et de flexibles jones :

Et que l'air est rempli d'un arûme sauvage

Comme celui qu'exhale un jeune et chaud feuillage ;

Et sur l'aile des nuits son cœur reconnaissant

S'élève avec amour vers le Dieu Fout-Puissant.

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La nuit Sest envolée et le vent souttle encore, k AU fond de l'Orient la matineuse aurore È

Lève son front orné d'un éclat chaste et doux.

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. Le soleil qui la suit comme un fidèle époux, D'une poussière d'or, de mille traits de flamme Emaille et fait briller la vagabonde lame, ; Poussant d'étranges cris, de superbes oiseaux LS J

Rasent dans le lointain la surface des eaux.

| Où planent dans les airs au dessus du navire.

‘C Ë | Un doux pressentiment ranime et fait sourire Lies marins réunis sur le gœaillard d'avant.

ds | | Le mousse dans le mat remonte plus souvent,

prove

: Éspérant chaque fois que de l'onde azurée | Son œil verra surzir la terre désirée.

uillage; \ Le vent fraichit toujours, et le fier batiment

4 Vers le monde nouveau marche rapidement,

Et Cartier tout ému, l'œil rempli de lumière.

À Rogurde l'eau qui vole ainsi qu'une poussière.

84 DÉCOUVERTE Jl aime son vaisseau, comme un vieil écuyer |

Aime, quand il hennit, son vigoureux coursier,

Quel est ce long sillon qui s'élève des vagues ? Il est véetu d'azur et ses formes sont vagues Comme un réve d'amour dans un cœur innocent !

[ s'avance ! IE S'avance DIT va S'elargissant !

RE > DS RM SE cr st cl + da in M PES

Est-ce un monde réel ? Ou n'est-ce qu'un mirage

| Qui brille comme un songe aux veux de lequipage ? 4 Soudain une clameur s'élève jusqu'aux cieux : \ « Terre ! terre ont crié les matelots joyeux, Et le vaste Océan a redit : Terre ! terre 17 :

Et Cartier, tout en pleurs, courbe son front austere,

Adore dan: l'amour le Dieu de sainteté | | À Lei Qui pour lui fait Si haut éclater sa bonte ! Î x . ce ne | Que Et les pauvres marins transportés d'ailégresse, Oubliérent alors un moment leur tristesse, | 7e S'embrassèrent entre ex, se serrèrent les mains, Le D

Et jetérent au vent mille joyeux refrains |

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