IX
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Comme un athlète heureux qui remporte la palme. Le navire s'arrète au fond d'une anse calme Que le rivage eeint de ses bras arrondis,
Dans les flots de eristal Les arbres reverdis
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Se plaisent à mirer leur grande et sombre image: À
4 Lt d'agiles oiseaux au chatoyant plumage
s6 DÉCOUVERTE
Ornent comme des fleurs les feuillages touffus :
Et du fond des forets des chants gais et confus S'elèvent tout à coup ponr saluer les hôtes
Que le ciel a conduits sur ces lointaines côtes,
Les marins agites d'indicibles transports Descendent cependant sur ces sauvages bords, Tourmentés par la erainte et par l'inquiétude, Leur cœur S'ouvre à la joie en cette solitude Où l'orgucilleuse mer vient humblement mourir. Ils foulent le gazon ; se plaisent à courir Sous le dome ondoyant des arbres séculaires : Réveillent les échos de ces lieux solitaires
Par leurs cris d'allégresse et leurs couplets joveux ;
D S'enivrent du parfum des arbres résineux ; :
Las Escaladent les rocs ; montent dans les feuillages | A |’
('omume ils montent sur Peaux dans leurs tremblants dCi
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Ainsi jusques au soir, d'un pied souple et leger, Ils parcourent gaiment le rivage étranger :
Mais quand l'oiseau des nuits S'enfuit de sa cellule, Quand aux cimes des pins tremble le crépuscule, A la voix de Cartier, sur le pont du vaisseau Avec empressement tous montent de nouveau ; Puis ensemble à genoux, ils élévent leur âme Vers celui qu'en tout lieu la nature proclame : Et cette mer tranquille, et ces immenses bois Entendent louer Dieu pour Et prenriéere fois ! Pour leurs frères aimés que les vents dispersérent
+ Avec ferveur et foi les matelots prierent,
é Deux hommes, pur leur geste et sur leurs fronts Ë [euivres.
Luissent voir le bonheur dont ils sont enivrés
A l'aspect imprevu de la rive deserte,
Leur âme si longtemps froide, insensible, inerte,
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À retrouvé la vie et repris sa guité,
A leurs esprits urdents sourit lu liberté,
Paurcils à deux oiseaux dont la prison s'entr'ouvre, [ls prendront leur essor vers le bois qui recouvre La cabane où jadis ils virent de beaux jours,
Les os de leurs aïeux et leurs tendres amours.
Le lendemain matin, au lever de l'aurore, Quand la grive chanta sa cantate sonore, Quand la fleur entr'ouvrit son calice odorant, Et que l'onde efHleura le sable en murmurant. Cartier et ses marins revinrent aux rivages
Amenant avec eux les deux captifs sauvages.
Ils marchèrent longtemps, tantôt au bord des eaux.
Tantôt sur les rocs nus ou sur les verts coteaux.
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