‹ Deux poëmes [i.e. poèmes] couronnés par l'Université Laval [microforme]Chapitre 19 sur 47 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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“ Les Blancs t'ont-ils chez-cux fait subir quelqu'ou- [trage ?

# Et les vieillards sensés n'ont-ils donc pas eu tort

“ De me dire traitresse et d'exiger ma mort ? ” —" Nuïa, que dis-tu ? Que dis-tu, mon amie ?

“ Je suis Domagaya plein d'amour et de vie !

“ Les guerriers de l’Aurore ont un cœur généreux : ‘ A travers le grand lac je reviens avec eux.

“ Le vent nous a jetés sur cette petite ile :

+ Notre vaisseau là-bas, dort sur l'onde tranquille: ‘ Mais toi, dis-moi comment tu te trouves ici,

‘ Comment tu fus traitresse et condamnée aussi, —** Non! non! ta Naïa ne fut point insensée !

* Son crime n'existait qu'au fond de la pensée

* De ces vieillards pervers qui désiraient du sang ! + Asseyons-nous plus loin, au bord de cet étang ; “Je vais en quelques mots te dire mes misères.” Tous deux s'étant assis sur les molles fougères,

Auprès des flots d'azur d’un petit lac dormant,

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ir quelqu'ou-flile tit ce récit à son fidèle amant :

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“ Quand des Blancs le navire eut laissé notre plage,

: Un sombre désespoir, une bouillante rage

: S'emparèrent du cœur de ton père attristé.

‘ [l'accusa longtemps les Blancs de cruauté,

: Et demanda les fils ravis à sa tendresse.

* Un perfide jongleur, plein de haine et d'adresse ‘ Lui dit de se venger en renversant la croix.

‘ Le conseil des vicillards l'aurait "lu je crois : * Muis j'arrive soudain pendant qu'on délibère :

* J'avais du Dieu des Blancs vu l'adorable mère ; * Au pied de la croix mème elle m'avait parlé.

‘ Je redis son discours au grand chef désolé :

‘ Il sentit se calmer son eourroux et ses peines : ‘ La croix resta debout au milieu de nos plaines.

* Mais en vain notre chef, dans les pleurs nuit et jour,

De ses fils bien aimés attendit le retour.

‘ Le jongleur nourrissant une haine farouche

“ Se plut à me souiller du venin de sa bouche.

‘ [| me traqua partout, jusqu’au fond des forêts ;

“ Pour me perdre il forma mille infâmes projets.

‘ Il m'accusa d'avoir par des bruits ridicules, Surpris la bonne foi des vicillards trop crédules.

‘ Et ceux-ci s'indignant de ma témérite,

* Et d’avoir devant moi manqué de fermeté,

& Crurent couvrir leur honte et servir la justice

‘ En me faisant du feu subir l’affreux supplice.

€ J'étais-Là dépouillée ct liée au poteau,

& A l'heure où le soleil derrière le coteau

‘“ Semble se reposer dans un lit de feuillage.

‘ Autour de moi pleuraient les femmes du village.

‘ Mais le jongleur riait ; et son rire moqueur

Comme un trait acéré me déchirait le cœur.

“ Pour narguer mes bourreaux à cette heure terrible

“ Je n'aurais pas chanté d’un ton calme et paisible ;

‘ Mais j'étais innocente et je mourais sans peur.

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+ Un instant s'éloigna le barbare jongleur ;

‘ [l revint brandissant une torche enflammée :

‘ [| me sourit encore ! et soudain la fumée

‘ Fit monter jusqu'au ciel ses épais tourbillons,

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