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clairs.
Se sont épanouis sous une tiède haleine,
Autant de blancs frimas ont argenté la plaine Depuis que s'est passé le grand événement
Dont je te fais, Cartier, l'histoire en ce moment, Qu'il passe sur nos mers, en hiver, de bruines,
Que le chène a de nœufs et le houx vert, d'épines !
Polanina la brune était donc autretois La plus belle des fleurs écloses sous nos bois, Ses veux étaient plus noirs qu'une nuit sans étoiles Et ses cheveux épais dépliaient leurs longs voiles Sur son flanc gracieux comme le jeune ormeau ; Son chant était suave autant qu'un chant d'oiseau ; Elle allait si légère à travers le feuillage Que l'herbe se courbaït à peine à son passage ; La vague de la mer qui s’enfle au point du jour
N'avait pas de son sein l’harmonieux contour.
Elle était jeune encore et comptait moins de neiges Qu'un habile chasseur à la fois dans ses piéges
Ne prendrait de Castors, Elle venait souvent Quands les flots n'étaient pas soulevés par le vent Se bercer comme un evgne at murmure du flenve : La vague lui faisait une parure neuve
Toute de diamants qui luisaient au soleil
Et vuisselaient le long de son beat corps vermeil
Areskout, Fesprit qui nous souffle là guerre, Qui se plait à verser un sang pur sur la terre, Areskout, esprit dont l'asile sacre Etait ce roc qui semble un grand vaissean sombre,
Areskouï sentait pour la vierge riense
Un penchant violent, une ardeur sérieuse,
Et quand elle venait se jouer dans les flots
[lui faisait toujours entendre de doux mots
de boues
logos ent
"le vent
u flenve :
ermeil,
nnbre,
ue Pindiserote brise allait ailleurs redire,
Elle seule pouvait voir st boucle sourire,
Nouvent il Sauvancçait de lauriers couronne Pour saisir son beau brus au flot abandonné, Mais la tille des bois se sauvait au rivage Et cuchait sa pudeur sous le manteur sauvage Des sapins résineux jaloux de sa beaute, Alors Areskouï s'enfuvait irrite Dans su retraite sombre où, comme un long tonnerre,
On cutendait l'echo de sa sourde colcre,
Cependant quand le jour versait sur les forets De ses feux bienfaisants les suprémes reflets
Sous les traits d'un chasseur an front jeune et superbe
Un esprit plus heureux sortait des toutfes d'herbe
Qui lèvent au-dessus des vagues leurs fronts verts, Et nageant avec grâce, il se dirigeait vers
La fille des gucrriers qui paraissait l'attendre, Elle ne fuyait pas. Son regard vif et tendre Comme un rayon tombait sur son beau compagnon. Elle ne fuyait pas, et de son pied mignon
Elle fouettait la mer qui volait en rosée.
Lu gorge bondissante, et la tête posée
Sur les gerbes de jonc que le flux apportait. Comme sur un coussin d'édredon, elle était
Belle comme l'amour à son premier doux rève.
Quand on la regardait en secret de ia greve
On se sentait brulé d'un feu terrible et doux.
La tète bourdonnait, on devenait jaloux.
Un jour Areskouï de sa sombre demeure
Avec son jeune amant l’aperçut. C'était l'heure
its Verts,
Npagnon.
Ve,
le
VU CANADA 119 Où la rive n'a plus que de faibles echos, Où la brise et la fleur se livrent au l'Epos. Le ciel était Juisant Comme un cristal, Les nues Qui déployaient au ciel des formes ingénues Passaient avec orgueil sur ce vaste miroir.
Le vent harmonieux qui s'élève Le soir Faisait de tempsen teMpS avec un doux murmure Frissonner mollement cette onde fraiche ct pure, Les amants S'ébattaient Sur Ce cristal uni.
La vierge, en souriant, d'un bras souple et bruni Repoussait Le flot bleu qui baisait son épaule :
Son beau corps se cambrait autant qu'un jeune saule
Sous le fouet de l'orage : et ses épais cheveux
Pordaient leurs noirs ANNEAUX SUP SON COU LTACIeUN. Tous deux ils S'avançaient dans l'élément limpide, Chacun se promettant d'être le plus rapide,
IIS se laissaient par fois emporter au courant :
Des flots voluptueux le voile transparent
Dérobait à demi les grâces de la vierge.
Ils s'avançaient tantôt vers la paisible berge : Tantôt ils se perdaient dans un rayon lointain
Puis paraissaient encor se tenant par la main.
Areskouï jura dans sa jalouse haine De se venger enfin, de briser cette chaine Dont les anneaux dorés liaient si fortement
Le cœur de l’'Indienne au cœur de son amant.
Un soir qu'elle sortait de l'onde, rougissante
Comme un fruit mûr, où comme une rose naissante.
À l’amoureux baiser que sur son front serein L'amant mystérieux avait jeté soudain, Il la suivit. Les bois étaient déjà pleins d'ombres,
Et semblaient revètus de voiles longs et sombres.
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Avant qu'elle eut atteint d'un pied vif et léger
Le vieux WigWam qui seul pouvait la protéger,
Polanina sentit. pareils à des tenailles
Les doigts durs et crispés de l'esprit des batailles
Mordre sa brune épaule : elle entendit sa voix
Dont les sombres accents faisaient trembler les bois.
‘Je suis, dit. Je suis l'esprit de la venweance
* J'ignore la pitié ! J'abhorre Ja clémence !
A moi Polanina! La belle vierge à moi Et
* Mon antre étouttera SOUS Sa large paroi
* Les cris du désespoir ! A moi ces divins charmes
* Qui dans mon cœur jaloux excitaient tant d'alarmes !
La vierge évanouie était tombée hélas :
Areskouï la prend dans ses robustes bras
Et s'envole semblable au hibou des ténèbres
Avec sa riche proie en ses antres funcbres,
122 DÉCOUVERTE Souvent l'Esprit du Fleuve (en effet c'était lui Qui venait sur les eaux quand le jour avait lui Joindre Polanina l'objet de sa tendresse; ) Souvent, l'Esprit du Fleuve, à l'heure où sa maitresse
Avait accoutumé de venir sur les bords.
Se jouait sur la vague avec de doux transports ;
Mais chaque fois en vain il attendait l'amante ; Elle ne venait pas. Était-elle inconstante ?
Avait-elle oublié tant d'instants de bonheur ?
Un doute amer. parfois, empoisonnait son cœur,
Un jour qu'il reposait sur onde molle et claire, Tout à sa peine, au pied de lantre solitaire. Il entendit la voix de l'adorable enfant ; [Il entendit ses pleurs et le eri triomphant À
Du génie infernal qui la tenait captive. qe
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sa maitresse
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Il pousse une clameur que le fleuve et la rive
Repétent bien longtemps. Tous les Esprits des eaux
EN'elancent à la fois des joncs et des roseaux,
Lu base du rocher est bien vite sapée.
Et du Dieu des combats lu force alors trompée Devient vaine. Le roc S'ébranle et disparait. Seul le sombre gite où le Dieu se retirait Restait encor debout enveloppe par l'onde, Mais un instant s'écoule, une porte profonde, La même que tu vois, transperce le rocher
Et le jour et la mer vont tout à coup lécher
De leurs reflets joyeux le fond de la tannière
Où gémissait toujours la belle prisonnière.
Areskouï pour fuir prit l'aile d’un corbeau,
Nous les traits redoutés de ce lugubre oiseau
Il revient chaque jour sur ces débris célèbres,
Cronsser vers la nuit des menaces funébres,
Avec Polanina dans les plis des flots d'or
L'Esprit du fleuve vient souvent jouer encor
lébres,
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