‹ Deux poëmes [i.e. poèmes] couronnés par l'Université Laval [microforme]Chapitre 30 sur 47 · HOCHELAGA · texte numérisé non relu

HOCHELAGA

Quel rire entendons-nous an fond du noir abime ?

Satan at-il encore inventé quelque crime ?

Un juste est-il tombé ? L'impitoyable mort

A-t-elle d'un pécheur tixé le triste sort ?

Sur son trône brülant qu'entourent ses ministres, Démons aux veux de flamme, aux figures sinistres, Lucifer tient conseil, Contre le roi du ciel [ décoche en riant des mots remplis de fiel.

Son esprit infernal ne reste jus inerte :

Il a l'espoir encor de consommer la perte

Du marin valeureux que le Seigneur guidu Vers les bords éloignes du vaste Canada.

Les échos de l'enfer répètent ses blésphémes :

—* Nobles amis, ditil, n'étesvous plus les memes?

+ Etes-vous sans courage en face des revers ? Avez-vous peur de Dieu? N'éetesvous plus pervers? Le protégé du ciel a traverse les ondes :

+ [voit du Canada les campagnes fecondes,

Notie ennemi content dort au fond de ses cieux.

* Et ses adulateurs Fappellent * glorieux.”

+ Mais tout n'est pas fini. Courage ! amis, courage !

+ Cartier a bien voulu venir sur cette page :

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+ Qu'il v reste à jumais, et sos marins aussi ! + Qu'elle soit leur sépulere ! Et nous verrons ainsi + Où seront les plus forts, et qui se fera gloire + D'avoir pu remporter la derniere victoire ! + Voiei qu'approche entin Ia saison des frimus, L'hiver, si rigoureux dans ces lointains climats, * Vu pendant bien longtemps, sous sa neige entassée, * Enchainer le grand fleuve et la terre glacce, ‘ Les serviteurs de Dieu voudront partir en vain ; ‘ [ne trouveront plus pour S'entuir de chemin : * Leurs vaisseaux enchaines resteront sur la grove ! Alors, 6 mes amis, point de paix ! point de treve! : Soyons rusés, actifs ! soyons audacieux !

* Gloritions l'enfer ! Humilions les cieux !

Du sauvage éveillons et la haine et Fenvie.

+ Craignant d'être captits sur sa terre asservie,

Qu'il attache au bûcher ces pieux matelots,

= Ou leur peree le-eœur de ses longs jalevots !

+ Ou qu'avec les hivers d'étranges maludies Achévent d'épuiser leurs mes engonrdies :

+ Et qu'ils succombent tous au milieu de ces bois,

+ Regrettunt leur pays, muudissant leurs exploits 17

Ainsi parla Satan, Les démons applaudirent, De leurs couches de feu les damnés entendirent Les insolents discours de leur orgueilleux roi,

Et leurs membres brüalants frissonnérent d'effroi,

Un vent s'est élevé qui souffle de l'aurore, Aux ravons du soleil un nuage se dore : Comme un flocon de laine il roule mollement Et séme ses lambeaux au bord du firmament.

Sur le fleuve orgucilleux dont les ondes gonfiées

De l'ombreux Canada fécondent les vallées.

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S'avance en re berçgant un élégant bateau.

ruse en quelqu'endroit le pied d'un vert cotean ; [vogue plus souvent éloigne de lu rive ;

Et quand le jour s'éteint et que la nuit arrive, Is'urréte attendant du matin la elurte.

Vogue, 6 joli vaisseau, sur le fleuve indompte ! Pour te conduire mit une etoile benie !

Ta course, fier vaisseau, sera bientot tinie ! Les arbres agites par le soute du vent Enelinent devant toi leur feuillage mouvant ! Les gnis petits oiseaux à Feclatant plumage Ont pour te saluer un plus tendre ramage !

Et l'Indien surpris, dans son fréle canot,

Pour te voir pl près, brave le sombre flot!

I vogue le navire ! et ta tot il approche

D'un traitre bane de sabl :u d'un écueil de roche

Où les flots vont se tordre avec nn bruit aftreux Que répète l'écho des rivages ombreux.

Il remonte avec peine un courant trop rapide, Où sillonne plus vite nne nappe limpide.

Ici, comme un géant sur les eaux renversé.

Le rivage tout nu semple s'être affaissé :

Et là, tout de verdure, en conrbe il se déploie Comme un bras arrondi qu'enveloppe la soie ; Et comme les grains d'or d’un collier égrené. Sur le flanc du coteau d'érables couronné,

Sur la cime du cap, à l'ombre des platanes,

Des chasseurs Indiens s'élèvent les cabanes.

Ce vaisseau qui courait sur le fleuve surpris Effleurant, tour à tour, deux rivages fleuris. C'était l'Emérillon ! Des chants mélancoliques

Comme le bruit du soir dans les forêts antiques,

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UCS,

Du pont couvert de monde au ciel d'azur montaient.

C'etaient les matelots qui chaque jour chantaient

Leurs pénibles ennuis et leurs amours tideles.

uand le vent s'apaisait, replitnt ses deux ailes.

Comme un énorme oiseau fatigué de voler,

Le bateau s'arrètait, Ké pour le voir aller

Quand la brise gonfiait ses voiles éclatantes,

Les sauvages tremblants accouraient de leurs tentes,

Cependant tout à coup le fleuve s'élargit ;

[I torme un lac superbe où le vent qui mugit

Soulève étrangement ln vague plus mobile.

Mais où le flot doré s'ouvre

en nappe tranquille

‘omme un miroir d'argent encadré dans l'azur,

Quand nul vent ne s'élève et que le ciel est pur.

Centiles au front vert du sein des ondes naissent :

Leurs bords dans le

lointain lentement àpparaissent.

De vastes bancs de sable en dangereux reseaux Nerpenñtent en tous sens sous le voile des eaux. C'est là sur ce beau lac où le ciel bleu se mire Que. les voiles au vent, s'avance le navire.

Cartier se réjouit du merveilleux succès

Qui couronne déjà ses sublimes projets.

Jamais sous le solcil une telle contrée

À ses regards surpris ne s'est encor montrée.

Mais la barque soudain vogue plus lentement : Les voiles et les miûts s'inclinent taiblement : Dans le léger sillon qu'avec peine elle trace Le sable en bonillonnant remonte à la surface. On entend un bruit sourd au tond du bâtiment. Nul ecrit ne retentit en ce triste moment Chacun vole à son poste et d’une âme sereine

Attend patiemment l’ordre du capitaine.

ESCIUI X eaux.

mire

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ment :

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