L'HIVER
Emportés par le vent, de grands nuages sombres Sur la cime des bois trainent sans bruit leurs ombres ; Le ciel est dépouillé de sa robe d'azur.
Le fleuve en gémissant roule un flot plus obscur.
C’est novembre qui vient. Et la blanche gelée
Sous ses baisers de glace a flétri la fouillée l
Et d'un cercle d'argent parsemé de cristaux Elle a partout orné la rive des ruisseaux.
Les bois ne sont plus verts, mais ils charment encore Par le feuillage sec, léger, multicolore,
Qui couvre leur sommet d'un voile diapre:
Près du sombre sapin c'est l'éerable empourpre ; Le hètre de safran près du tilleul verdaätre,
Et près du blanc bouleau, le platane rougeitre : Les brises au hazard confondent ces couleurs
Et le soleil y joint de subtiles lucurs.
La forét n'entend plus d'amoureux babillages, Et les petits oiseaux vers de plus doux rivages
Sont allés du printemps attendre le retour,
Bien hâtive est la nuit, et bien tardif le jour !
C'est la saison des vents, l'époque des tempêtes : Des flots impétueux vibrent les blanches crêtes ; Les brises de la nuit ne se taisent jamais :
Sur les bords de lu mer les brouillards sont épais.
pt encore
tre :