‹ Deux poëmes [i.e. poèmes] couronnés par l'Université Laval [microforme]Chapitre 33 sur 47 · AS · texte numérisé non relu

AS

À l'uspect menaçant de l'hiver qui s'avance, Cartier voit s'envoler une douce espérance, L'espérance d'aller vers son roi promptement Lui dire ses succès, lui révéler comment Lu France avait acquis avec bonheur et gloire, Par-delà l'océan un vaste territoire, n'ose point voguer sur ces flots orageux Que soulèvent toujours des vents impétueux ; Feraint pour ses vaisseaux un terrible naufrage Aux rigueurs de l'hiver qui règne en cette plage Ne sont pas endurcis ses vaillants matelots, Déja les Indiens n'osent dans leurs canots Mepriser les dangers des ondes en furie.

Dans cette angoisse amère il s'agenouille et prie.

Près de Stadaconé, dans un vallon charmant,

Une rivière au fleuve unit son flot dormant,

Au bateau fatigué son étroite embouchure

Offro contre l'orage une retraite sûre :

Là déjà sont entrés les deux plus grands vaisseaux. Bientôt l’Emérillon vient sur les mémes eaux

Pour attendre, captif, la saison printanière,

Devant lui sur 1e fleuve une étrange barrière

N'est cievée un jour ; mais à Stadaconeé

Une brise fid£ie enfin l'a ramené,

Cependant le héros n'est pas sans quelque crainte. Les sauvages souvent agissent avec feinte ; On ne voit de leur cœur jamais que l4 moitie ; Ils vendent chérement leur changeante &mitie. Pour se mettre à l'abri de leur perfide atteinte Cartier fait aussitôt élever une enceinte.

Et pendant plusieurs jours les marins soutieux,

Pour élever ce fort plantent d'énormes pieux

e Auprès de leurs Vaisseaux, dans la terre durcie : Par ces travaux prudents leur crainte eat adoucie,

VAÏSSCAUX.

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