‹ Deux poëmes [i.e. poèmes] couronnés par l'Université Laval [microforme]Chapitre 4 sur 47 · LE VIEUX CHEF INDIEN · texte numérisé non relu

LE VIEUX CHEF INDIEN

x cieux! ”

C'etait l'heure où les bois s'éveillent aux ramages

S Des ruisseaux babillards et des OÏSCAUX SAUVALES ; Où du soleil levant les radieux reflets

Redonnent leur couleur aux feuilles des forêts :

Où le pétrel hardi de la plage s'élance

Vers les flots menac

ants que l'orage balance.

Sur les bords inconnus où le vaillant Cartier,

A Dieu comme à son roi se vouant tout entier, Etait venu naguère élever la croix sainte,

Un vieillard cheminait jetant au vent sa plainte. La tristesse ridait son visage cuivré ;

Comme un arbre fleuri, comme un tapis ouvré Son corps était orné de tigures bizarres ;

Et nouant ses cheveux, les plumes les plus rares

S'élevaient sur sa téte en panache éclatant, HUE

Sur les vagues d'azur son œil allait flottant le }

Comme le frèle jonc, comme l’algue légère, Los

Et paraissait chrreher une rive étrangère.

Mai:

Et, quand il était las de regarder les flots,

Pron Le vieillard exhalait de lugubres sanglots ;

La h

Et d’une main tremblante armant son arc de fréene..

ÿR Q . Q Q Q Pour Vers une haute croix qui dominait l2 plaine,

' Ù ; , à Il de:

IT lançait, furieux, un trait empoisonne.

De son audace alors il semblait étonne,

Et reprenait pensif sa marche solitaire.

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; de frene.….

Cet homme au regard sombre, au cœur pleindecoltre, C'etait Findien dont lu frémissante voix, Pour repousser Cartier et renverser la croix, Avait jadis tiché sur ces mèmes rivages, D'éeveiller les soupçons des peuplades sauvages. Muis de l'homme des bois l'inutile fureur Dans l'ame du marin ne mit point la terreur ; Et Cartier s'éloigna de cette étrange plage Emmenant du vicillard les deux fils en otage. Le père infortuné suivit longtemps des yeux Le vaisseau qui portait ses fils sous d’autres cieux. Maintenant il revient, au lever de l'aurore, Promener ses chagrins sur la rive sonore.

La haine et la douleur se peignent sur ses traits : Pour lui la solitude a seule des attraits.

Il demande ses fils au soleil qui se lève !

Il les demande aux flots qui roulent sur la greve !

Mais sur le sein des mers, comme une aile d'oiseau.

22 DÉCOUVERTE Il ne voit point s'ouvrir ln voile du vaissein Qui doit Ini rnmener les tils de su tendresse ! —" Vaillant Domagavu, dit-il, dunxs su détresse, Noble Taiguragny, me serez-vous rendus ?

‘Ah! si mon bras plus fort vous avait défendus

‘ Contre lu cruauté de ces Visages-Pales,

‘Je ne pleurernis point ! Et comme les ratules

Chussent dans les jours froids les feuillages légers, l'o Nous aurions de nos bords chassé les étrangers ! Toi A ves rochers déserts pendunt combien de lunes Le * Raconterai-je encor mes tristes infortunes ? "Ant * Quand viendrez-vous reprendre, Ô filsque j'ai perdusf Ou “ Vos carquois pleins de traits et vos ares détendus?"T Les La L AE LP Et

Pendant que sur la rive où déferle lu lame PEUR PTE 2 à Ava

Le vieux chef Indien épanche de son âme

Te le

Une haine inutile et des regrets amers,

Un esprit malfaisant envoyé des enfers

a KILLER ]

fundus

atules

iuus légers, vangers de lunes

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détendus ;

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À pris d'un vieux jongleur la hideuse figure,

Et ln démarche lente, et lu haute stature,

I s'approche aussitot du chef de la tribu :

Ils sont amis d'enfance ; ils ont ensemble bu,

Au milieu des foréts, à lu meme fontaine ; Ensemble ils ont fait plus d'une chasse lointaine : —* Pourquoi te consumer, ditil, en vains regrets, + Toi le premier guerrier de nos vastes torëts ? Ton corps est décharné comme un arbre qui sèche, ‘Le chevreuil ne craint plus ln pointe de tu flèche, * Attends-tu que les Blancs te raumenent tes fils ?

Ou bien regrettestu d'avoir craint leurs défis ?

Les feuilles jauniront et laisseront les branches,

* La neige bien souvent tendra ses nattes blanches, Et les petits oiseaux tisseront plusieurs nids, Avant que tes enfants soient ici réunis,

Te le dirai-je, 6 chef, oui j'ai vu, dans mes réves,

Cette fatale croix s'étendre sur nos grèves,

24 DÉCOUVERTE + Dominer nos foréts, écraser nos hameaux !

+ Et sur ses larges bras se perchaient les oiseaux ; + Etnos traits aiguisés ne pouvaient les atteindre : + Etnostiersennemis semblaient ne plus nous craindre! + Et j'ai vu sur nos bords venir lés guerriers blancs : : Nous étions devant eux stupéfaits et tremblants. Je t'ai vu le premier, (qu'au moins nul ne le sache.) + Porter le calumet, puis enterrer la hache.

* Pour détourner les maux qui nous menacent tous, J'ai consulté déjà les puissants manitous.

+ [faut bannir la croix de nos forêts antiques. * La croix où sont gravés des mots cabalistiques !

+ C'est alors seulement que sous nos bois épais.

* Sans craindre d'ennemis, nous chasserons en paix !”

Ainci parle au vieux chef le malfaisant génie.

Sa voix 4 du torrent la sauvage harmonie.

+ Et s

à Cac]

[mn

DU CANADA Et dans ses fauves veux luit la duplicité, ISCAUX ; I s'enfonce aussitôt avec rapidité

teindre : Sous les arbres touffus qui bordent le rivage.

us craindre "EE L'Indien dans son cœur sent S'eveiller la laure,

rs blancs: TL jette sur la croix un reg courroucé

mblants. Et se laisse tomber sur un tronc renversé,

1e le sache) Alors un noir corbeau perché sur un érable

[CR Fit entendre trois fois son cri désagréable,

cent tous, Et sur l'oiseau sinistre, aussi prompt que l'éclair,

. Un épervier cruel fondit du haut de Fair.

iques.

istiques !

épais. Le vieillard plein de trouble entra dans sa cabane ;

ns en paix !° Et sur le seuil couvert de feuilles de platane. Cachant dans ses deux mains son front plein de soucis,

fmmobile, il resta tout un long jour assis.

[ genie.

Quand les ombres du soir noyèrent le feuillage, Apr F1 passa comme un spectre à travers le village, Ava

Ordonnant aux anciens de tenir leur conseil

Avant que de la mer s'élevat le soleil.

Le

Je Aussitôt les vieillards laissent leurs toits d'écorce. Æ: Ces Sur les pas de leur chef une invisible force L. [ls Les pousse tour à tour avec docilite. + Cep Leur sagesse souvent et leur fidélité [ls :

Ont gardé la tribu contre un danger probable. {Ils : Leurs calumets remplis d'un tabac détectable Car L Exhalent la fumée en orbes gracieux. Ets Pendant qu'assis en cercle et tout silencieux, ‘ Pou: Ils écoutent le chef dont l'ardente parole, ‘Ils v Plus souple qu’au matin le ramier qui s'envole, Et c

Leur dépeint à grands traits son trouble et sa douleurf De 1,

Et son long entretien avec le vieux jongleur. C'est

uillage, lage,

eil

s d'écorce.

able.

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