PROLOGUE
rences, méthodiquement et scientifiquement, un système de gouvernement, des institutions politiques et sociales pouvant et devant rationnellement garantir la France contre tout risque de révolution, d'oppression et de catastrophé, quelle que puisse être d'ailleurs l'ineptie ou la capacité des* gouvernants, leur honnêteté ou leur perversité.
Commençons par dégager les principes, et posons nettement la question .
Depuis le 20 août 1789, jour où l'Assemblée constituante adopta, sur la proposition de Mounier, le troisième paragraphe de la Déclaration des Droits de l'Homme- et du Citoyen, ainsi conçu :
Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément (1)*..
la souveraine té nationale est devenue la base unique et essentielle, la source et le pivot de notre droit natio-
(1) Voir aussi le rapport, fait par Mounier, au nom du Comité dô Constitution, dans la séance du 9 juillet 1789;
mil, politique et social. L'esprit le plus extravagant ne saurait concevoir aucun système, aucun gouvernement monarchique ou républicain prenant son point d'appui ailleurs que dans la Nation reconnue et proclami3e souveraine par toutes nos constitutions sans exception. Supprimez la souveraineté nationale, que feste-t-il de notre société sceptique, plus athée encore en politique qu'en religion ? — Il n'existe plus ni ordre, m loi, ni justice, ni droit, ni devoir, ni famille, ni propriété. C'est la décomposition ; c'est l'anarchie. Au nom de qui et de quoi les juges rendront-ils la justice? Dieu n'a pas conservé parmi nous assez de crédit et de prestige pour que ça puisse être en son nom. En vertu de quel droit les gendarmes et les sergents de ville arrêteront-ils les criminels, protégeront-ils Tordre, la propriété, le travail et la vie des citoyens? A quelle effigie frappera-t-on les pièces de iïipnnaie et les billets de banque ? Quelle sera la raison sociale de la société française? Que deviendra la France, désemparée, ayant perdu ce qui lui-reste de boussole?
Heureusement que de pareilles hypothèses sont inutiles à discuter. La souveraineté nationale est pour la société -française, comme elle sera bientôt pour le monde entier, le Verbe nouveau que tous les Français confessent, depuis le plus modeste élec-