PROLOGUE
analogie. On peut étudier l'histoire, et des faits •qu'elle enregistre tirer des conséquences. On peut chercher dans le monde quelles sont les nations reposant sur le principe identique de la souveraineté nationale ; on peut comparer leurs institutions dans le passé et dans le présent ; on peut observer et juger les résultats que ces institutions ont produits; on peut définir les règles générales dont elles sont la nécessaire application.
A défaut de la solution du problème politique et social, indiquer la méthode à suivre pour le résoudre, c'est le but que nous nous proposons en écrivant ce volume.
Au point de vue de la géographie politique et sociale, les nations se divisent en trois grands groupes ou familles principales :
A"* Les nations théocratiques. Dieu est la source unique de la puissance, de l'autorité, de la justice; le monarque règne par la volonté de Dieu dont il est le représentant sur la terre. Tels sont les monarques de l'Orient : l'empereur de Chine, l'empe-
reur de Russie, le Sultan, et, en Occident, dans le domaine spirituel, le chef de l'Eglise catholique, le Pape, dont l'institution est, d'ailleurs, d'origine orientale ;
2° Les nations aristoci^atiques, La souveraine puissance appartient, en vertu d'un prétendu droit de conquête et d'hérédité, à un certain nombre de familles dont le monarque est le chef, et qui forment ce qu'on appelle une aristocratie. Cette aristocratie a partout concédé au Peuple des droits plus ou moins étendus et des libertés qui peuvent être plus grandes que dans les pays démocratiques. Exemple : l'Angleterre, l'Autriche, l'Allemagne, etc.
3° Les nations démocratiques. La souveraine puissance appartient au Peuple. L'autorité, la loi, la justice découlent directement du Peuple. Tels sont la France, les Etats-Unis et la Suisse, qui, malgré l'exiguïté de son territoire, a toujours mérité de marcher au premier rang par l'originalité de ses institutions. En dehors de ces trois pays, on peut dire qu'il n'existe pas dans le monde de nation démo-^ cratique jouant un rôle prépondérant et digne de provoquer l'examen (1).
(1) Nous ne parlons pas de l'Espagne, de l'Italie et de la Belgique, chez lesquelles existe un système mixte assez semblable à celui sous lequel la France a vécu de 1830 à 1848. Le sufifrage uni-