‹ Deux républiquesChapitre 8 sur 49 · PROLOGUE. n · texte numérisé non relu

PROLOGUE. n

8econdefois,pour c( la violence de sapolémiqueetpour ses doctrines anti-sociales» (1); V Avenir national^ pour un article intitulé : A bas Chambordy comme si Chambord eût été roi ; les autres journaux, simple-^

justice. « Nous demandons un exemple, » répétaient sur tous les tons ces députés de combat. « Nous exigeons de M. Thier$ un gage de conciliation. » Crainte que cet effort parlementaire ne suffit pas, la presse réactionnaire et dénonciatrice s'est mise à l'œuvre. Le Constitutionnel, donnant le branle, a déclaré que c'était affaire faite, et que le ministre de l'intérieur s'était engagé à sévir. Après le Constitutionnel, toute la meute bonapartiste s'est lancée à pleine voix sur la piste. Elle s'est vautrée dans la délation et elle s'en glorifie; elle revendique sa part dans la suppression du Corsaire,

« Les journaux bonapartistes ont raison de se vanter, puisque le Gouvernement a l'incroyable faiblesse d'obéir à leurs réquisitions. Voilà où nous en sommes arrivés : le Gouvernement tolère, impassible, les attaques furieuses des feuilles bonapartistes et royalistes qui nient chaque jour le principe du Gouvernement, qui se livrent à un débordement de diffamations et de calomnies, qui provoquent incessamment à la guerre civile, et il frappe un journal républicain coupable d'avoir inséré un article trop coloré de style ! Nous trouvons fort bon que l'administration laisse les bonapartistes en plein état de siège dégorger leur bile et leurs injures et ne leur réponde que par une indifférence dédaigneuse. Nous demandons seulement qu'on ne se venge pas sur les républicains des injures de la presse impérialiste. »

(1) La suppression du Corsaire fut un des premiers actes du gouvernement du 24 mai. Voici le passage principal de l'arrêté du gouverneur de Paris :

« Considérant que le journal le Corsaire, par la violence de sa polémique et les doctrines anti-sociales qu'il professe, est une menace incessante contre la paix publique, et ne saurait être toléré plus longtemps sans danger pour le paya, vu l'avis du conseil des ministres, etc. »

Cet arrêté est signé : Général Ladmirault et contre-signe : Léon Renault.

ment parce que j'étais leur directeur (1). Quand mon dernier journal fut définitivement supprimé, on voulut effacer même le souvenir du trouble que j'avais momentanément apporté dans le jeu ordinaire de la politique. On alla jusqu'à mettre en doute la sincérité des efforts et des sacrifices que j'avais faits pour laRépublique. — Un jour, en 1873, les impérialistes et les républicains s'unissaient dans le Parlement contre le parti royaliste devenu l'ennemi commun par ses audacieuses tentatives de restauration : YAvenir national proposa de réaliser dans le pays, et au besoin, dans la rue, pour le temps que durerait le combat, l'alliance déjà consommée dans l'Assemblée. Il publia un appel aux bonapartistes et, en réponse à cet appel, une lettre d'un prince célèbre par la variété de ses aptitudes et par l'inégalité de sa destinée (2).

(1) Les deux derniers journaux que j'ai publiés à Paris sont : la Ville de Paris, supprimé le 27 octobre 1873, sans motifs, après un seul numéro, et le Nouvelliste, que j'avais acheté à M. Xavier Eyma. Il n'eut également qu'un numéro, paru le 11 juillet 1874. I fut supprimé le même jour.

(2) L'article de V Avenir national était dû à la plume d'un rédacteur d'un talent remarquable qui signait : P. S,

« Une ligue s'est formée, disait l'article, réunissant une partie de cette classe qui se nomme elle-même dirigeante... Elle a la volonté et l'espoir d'accomplir une révolution dont la conséquence et le but ne seraient pas de réaliser certaines réformes, certains progrès dans la constitution politique et sociale de la France, mais bien une ré-

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