‹ Deux républiquesChapitre 9 sur 49 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Jouet d'une étrange fatalité , ce Napoléon a été consacré, depuis , républicain orthodoxe. Il a été

volution qui a pour programme et devrait avoir pour effet de restaurer, au profit d'une sorte de nouvelle féodalité nobiliaire, parlementaire et réactionnaire, la royauté de droit divin, réalisant dans le domaine politique les doctrines de l'Eglise romaine. — Ce n'est pas seulement contre une forme gouvernementale, contre certains hommes politiques, contre une fraction de l'opinion publique ou l'un des partis qui ont pris leur origine dans le mouvement national de 1789, que la lutte est engagée. C'est contre une Nation entière. C'est contre la Révolution elle-même. A cette ligue formée pour combattre et pour anéantir non-seulement les constitutions de la Révolution française, mais jusqu'à son idée exprimée par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, il est nécessaire d'opposer une ligue nouvelle, autrement nombreuse et puissante, formée de tous les partis qui ont pris leur origine dans la Révolution, qui [en ont accepté les principes et qui prétendent, par des moyens différents, réaliser les espérances du Peuple, de la Démocratie française. »

En réponse à cet article, celui qui devait être successivement le candidat républicain de M. Gambetta et l'empereur de M. Paul de Cassagnac avait adressé à V Avenir r^ational une lettre publiée dans le même numéro et dans laquelle il s'exprimait ainsi :

« Le devoir de tout citoyen, à l'heure grave où nous sommes, est de ne pas sortir de la cité en péril, comme les neutres de l'antiquité. Non, je ne suis pas neutre, et je ne déserterai pas la lutte.

« Je ne puis parler qu'en mon nom ; mais comment croire que ceux dont les cœurs vibrent au nom de Napoléon me désapprouvent ?

« Soutenons notre drapeau en face des menaces du drapeau blanc étranger à notre France moderne, et que le prétendant ne saurait abandonner que par un compromis et un sacrifice fait aux habiles de son parti. Que vaudrait d'ailleurs cette concession de la dernière heure? Le règne des Bourbons ne saurait être que le triomphe d'une politique réactionnaire, cléricale et anti-populaire. Le drapeau de la Révolution abrite seul, depuis près d'un siècle, le génie, la gloire et les douleurs de la France ; c'est lui qui doit nous guider vers un avenir vraiment démocratique. ^

« Entre nous, les défenseurs de la souveraineté du Peuple, beau-

inscrit sur le livre d'or des candidatures officielles de la République française (2). Le front haut, au premier rang de la phalange républicaine, on a vu ce Bonaparte marcher contre les bonapartistes du 16 mai. Il était un 363. Il est tombé sur le champ de bataille électoral de la Corse, battu par le candidat de l'Empire et du duc de Broglie, le drapeau de la République opportuniste à la main. Puis, par un de ces revirements soudains auxquels la fortune terrible se plaît à exposer la constance des princes et les convictions des républicains, l'ancien député républicain d'Ajaccio, le champion malheureux de la République, le protégé de M. Gambetta, se trouva tout à coup proclamé empereur en personne — et en expectative. Effectivement, il devint le chef du parti qui, après l'avoir toujours vilipendé,

coup diffèrent sur les moyens de l'appliquer. Mais une entente commune à l'heure actuelle, sur le principe même de cette souveraineté, est nécessaire et patriotique. Nous tous, citoyens de la société moderne, nous devons chercher à établir, par le suffrage universel, la vraie liberté, basée sur les réformes qui sont la condition du salut de la France.

« Oui, il faut oublier les dissentiments, les attaques, les luttes, les souffrances réciproques, les insultes même, pour affirmer le principe de la souveraineté nationale en dehors duquel il n'y a que dangers, discordes et nouveaux désastres. Soyons unis pour déjouer des tentatives funestes, et formons ainsi la Sainte-Alliance des patriotes. »

« Sigi\é : Napoléon (Jérôme) . »

(2) Voir la République française des 6, 7 et 8 octobre 1877.

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