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CHAPITRE IV

Application de la théorie precedente à quelques phénomènes.

article i.

Des éthers.

10 1 . Dans ce qui va suivre nous parlerons peu des fluides dont on peut concevoir les particules comme entièrement convexes et qui ne sont agités que par la première cause que nous avons remarquée (i) , c’est-à-dire, parce que les corpuscules ultramondains ne les atteignent pas précisément en même temps. Ce ne peut être , avons nous dit , que des fluides trèssubtils; on pourroit, pour les distinguer des autres, les nommer éthers. On peut presque toujours, par la seconde cause (a), expliquer tous les effets que l’on pourroit concevoir comme produits par la première. Au lieu que l’inverse

(i) Au chap. Il de ee livre, (a) Chap. III.

l 4 o 1." TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE n’est pas vraie ; c’est-à-dire, que les effets explicables par la seconde cause ne le seroient pas tous par la première ; puisque les éthers ne peuvent être admis que sous la condition d’une extrême subtilité ou ténuité des particules.

Du reste il y a dans les éthers une cause toujours subsistante de mouvement. C’est une partie considérable des moyens que nous avons en main pour appliquer la théorie aux phéuo- „ mènes. On verra dans le traité de la cohésion (l) que ce grand phénomène est probablement l’effet d’un éther ou du moins d’un Quide élastique très-subtil. Ce même éther, ou quelque éther analogue, produit probablement les phénomènes de l’élasticité dans les corps solides.

Petites atmosphères.

§. 102. Il est connu que l’air mouille tous les

(i) Ce traité de la cohésion ne fait pas partie de l’ouvrage actuel. 11 existe , mais no» rédigé , dans les manuscrits de l’auteur. — Les phénomènes de l’élasticité des corps solides dépendent probablement de l'éther qui produit la cohésion et seront discutés avec plus d’avantage à la suite du traité de la cohésion. Je donnerai toutefois dans uil supplément l’esquisse de celle explication. ( Note de l’éditeur.)

Mi G. L. LE SAGE. LIV. III. l4l corps; on entend par-là, qu’il forme autour d’eux de petites atmosphères; ou, en d’autres termes, qu’il est autour et tout près des corps solides, dans ud état de condensation. 11 se peut que dans Lien des cas cela provienne de quelque afliuilé particulière, laquelle, comme on le verra, est elle-même, produite immédiatement ou d’une manière médiate , par les corpuscules. Mais la généralité des phénomènes doit faire chercher une cause plus générale. Or, elles’offre ici d’ellemême. Les particules venant choquer les corps, y perdent leur mouvement en tout ou en partie et ne le recouvrent que peu-à-peu. Donc , elles doivent abonder davantage dans le voisinage de ces corps et y former de petites atmosphères.

article 5 .

De rengagement des particules des fluides élastiques dans les pores des grands corps et en particulier des liquides.

§. io3. Les grands corps contiennent dans leurs pores beaucoup d’air; surtout les liquides, et l’eau en particulier. Une partie de cet air peut être retenue par quelque affinité, dont la cause est bien finalement mécanique , mais

l4a 1." TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE plus cachée ; c’est ce qui peut avoir lieu j par exemple, dans quelques cas où se manifeste une préfe'rence très-marque'e , comme dans celui où on pre'sente à l’eau du gaz acide carbonique; et même en ce cas, comme on le verra bientôt, l’affinité pourroit tenir à la cause dont nous nous occupons. Quoiqu’il en soit, écartant pour le moment les cas particuliers et les causes plus obscures , voyons si la théorie que nous venons d’exposer ne donne pas la clef du phénomène général.

1. ° Les particules condensées autour d’un corps doivent s’engager dans ses pores, plus fréquemment qu’elles n’auroient pu faire sans cette circonstance. Et plusieurs particules, venant heurter le corps par la proue , s’y enfonceront; en particulier, elles s’insinueront entre les parties très-mobiles des liquides.

2 . ° Une particule douée de concavité , une fois entrée dans un pore , y sera captive, heurtant contre ses parois et arrêtée dans ses mouvemens à chaque fois qu’ils renaîtront ; si ce pore est trop petit pour que la particule y parcoure sa carrière d’accélération , cette particule heurtera foiblement les parois du pore et ne pourra forcer sa prison.

$. io4. On a un bel exemple de cette espèce

DE G. D. EE SAGE. EIV. III. i43 de détention, dans l’air que l’eau retient engagé. Si on fait le vide au-dessus de l’eau, beaucoup d air se dégage. Car alors la pression , qui maintient les élémens de l’eau les uns sur les autres, cessant ; l’ouverture des pores peut être forcée par la moindre force ; en sorte que les particules captives se dégagent, quoiqu’elles n’aient parcouru qu’une partie de leur carrière d’accélération.

§. io5. On peut remarquer qu’il doit y avoir quelque correspondance entre la figure des particules et la grandeur des pores qui permet ou ne permet pas qu’elles y parcourent leur carrière d’accélération. C’est ce que nous avions en vue tout-à-l’heure lorsque nous disions que celle cause pourroit expliquer seule , au moins à un certain point , la préférence marquée de quelques corps pour certains gaz, en particulier de l’eau pour l’acide carbonique (§. io5).

Des fluides , élastiques très-subtils dont Vagitation est due d la seconde des deux causes mentionnées , c'est-à-dire , d quelque concavité de leurs particules.

§. 106 . La lumière , que nous envisageons

l44 1." TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE comme une émission , est mue. d’un mouvement très-rapide et rectiligne. Il n’y a pas d’explication plus claire d’un tel mouvement, que celle qui dérive de la théorie précédente. Chacune de ses particules a une concavité' , d’où résulte une proue et une poupe , et par-là même un mouvement tel qu’on l’observe.

Les autres Suides subtils , tels que le fen , l’électricité, le magnétisme , sont sans doute des fluides discrets élastiques ou expansifs : niais on connoît moins la vitesse de leurs éléruens.

De la rotation des particules.

$. 107. Les impulsions que reçoivent ces particules doivent (selon leurs figures) produire chez elles des mouvemens de rotation ; et de ces mouvemens résultent des routes variées, en hélices, etc. Peut-être quelque jour la contemplation de ces mouvemens pourra-t-elle éclaircir certains phénomènes.

Du renouvellement des mouvemens.

§. 108. C’est un grand phénomène général

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