CHAPITRE PREMIER
De l’affinité' des homogènes.
Exposé du fait ,
$• no X , 5 substances de même nature s’ap« prochent et s’attachent mutuellement avec plus de force que les substances de nature différente.
Ce principe général est sujet à beaucoup d’exceptions: mais, dans sa généralité, il ne paroît pas pouvoir être contesté; par exemple, deux gouttes d’eau ou deux gouttes d’huile se réunissent ; une goutte d’eau et une goutte d’huile ne se réunissent pas,
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L’eau dissout les gommes sans dissoudre les résinés , et l’esprit de vin dissout plutôt les résines que les gommes.
Généralement les matières aqueuses se lient plus aisément avec les matières aqueuses, et les grasses avec les grasses , que celles-ci avec celles-là.
La cochenille , qui est une teinture animale , s’attache parfaitement à la laine, qui est aussi une matière animale , et ne s’attache point du tout au coton, qui est une matière végétale.
Les liqueurs alcalines montent plus haut que les autres liqueurs, dans des tubes capillaires de verre , et même leur hauteur est plus grande lorsque le verre contient davantage d’alcali.
Quand ou a dissout deux sels neutres difîérens dans la même eau et qu’on prend toutes les précautions nécessaires pour que la cristallisation se passe bien tranquillement, ils cristallisent séparément.
Les différentes parties du lait, et encore plus celles du sang , se séparent les unes des autres, et leurs parties semblables s’unissent , d’une façon qui paroît bien n’être pas due uniquement à la légère différence qui est entre leurs densités et à celle de leurs pesanteurs spécifiques.
ni. Dans les cas où le mélange des corps
l 54 I." TRAITÉ. PHYSIQUE MECANIQUE ne diminue pas la somme de leurs volumes ; il faut moins d’efforts pour diviser ce mélange, qu’il n’en falloit pour diviser chacun de ces corps séparément. C’est ainsi que le bismuth et le plomb , qui sépare’s se fondent plus difficilement que l’étain , re'unis se fondent plus aisément que lui ; et qtie le mélange de ces trois corps se fond plus aisément que deux quelconques d’ent’reux , comme M. Newton l’a expérimenté. ( Voyez les Transactions philosophiques pour 1701.)
A pesanteurs spécifiques égales , les corps sont d’autant plus durs qu’ils sont plus homogènes.
Plus la chimie s’est perfectionne'e, et plus on s’est persuadé que l’effervescence des acides avec les alcalis n’étoit l ieu moins qu’un combat de corps hétérogènes et antipathiques , mais bien plutôt au contraire une affinité de corps homogènes et sympathiques (1).
(1) Les grands progrès qu’a faits la chimie depuis l’époque, déjà reculée, où écrivoit l’auteur, nous engagent à supprimer des détails et des citations à l’appui de celte assertion, citations, qui pourroient paroitre surannées, et que tout lecteur, versé dans ces matières, peut aisément suppléer. ( Note de l’éditeur .)