DE G. D. DE SAGE. LIV. IV
particulièrement à l’art. 2 de ce dernier chapitre , qui traite de la perméabilité des élémens , et encore au chap. X , où la constitution des graves est discutée avec soin , mais surtout au §. 11 5 que l’on vient de lire).
On se souvient que Le Sage s’arrête à la conception d’éléraens en forme de cages dont les barreaux sont d’un diamètre incomparablement plus petit que la distance des deux barreaux parallèles les plus rapprochés.
Je m’attends que des déterminations , en apparence si précises , seront envisagées par quelques personnes , sinon comme une objection , tout au moins comme une difficulté; et que l’on trouvera cette apparente régularité invraisemblable.
Je remarquerai à ce sujet: i.° que les phénomènes exigent moins de régularité dans cette construction qu’il ue semble au premier coup-d’œil ; et que, pourvu que la moyenne d’une immensité d’éléineus donne les résultats observés , on peut sans inconvénient supposer entr’eux quelque diversité; 2 .° que si Le Sage s’est arrêté à la conception des cages , c’est sans doute parce qu’étant parfaitement déterminée , elle est susceptible d’être aisément soumise au calcul. Des élémens de formes diverses dans l’origine n’ont-ils point pu , en se rapprochant par l’impulsion corpusculaire, construire des espèces de cages ? Ne se pourroit-il point que les élémens fussent dans un mouvement oscillatoire, qui les tînt à d'assez grandes distances les uns des autres? Cette dernière
178 1 ." TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE constilulion ne scroil-ellc pas analogue à celle qu'admettent les physiciens, qui pensent qu’aucun des élémens n’est en contact réel avec d’autres ( 1 ) ? — Mais en ouvrant de telles vues, je me garde de les adopter; et je pense , qu’à moins qu’on ne les appuie par de solides raisonuemens , ou qu’on n’en ouvre de nouvelles et de plus probables , il sera bien d’imiter la sagesse de l’auteur de toute celte théorie , en s'en tenant à la construction qu’il a donnée.
Puisque j’ai touché ce sujet et que j’ai fait mention de l’opiuiou des physiciens , qui envisagent les éléînens des corps comme n'étant pas en contact réel ; il ne sera pas hors de propos de montrer en passant la foiblesse du seul argument que j’ai vu proposer en faveur de cette opinion ; et je le ferai en transcrivant ici la note que j’envoyai sur ce sujet aux Annales de chimie en ibo4, qui y a été insérée, n.° i+8> 3i germ. 12 , p. 58 ( 2 ).
( 1 ) N’auroit-elle pas quelque ressemblance avec la constitution des élémens considérés chimiquement, selon les conceptions de M. Ampère ( Ann. de ckim. , août i8l4. Lettre à Berthollet , p. 5, etc. ) ; et avec les élémêns considérés optiquement ( Biot , phys. , t. IV , p. 123 )?
(a) Il n'est pas hors de place de dire que je l’adressai directement à M. Bebthou-et ; et que ce fut ce célèbre chimiste qui voulut bien se charger de la faire insérer dans le journal auquel elle éloit destinée.