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Remarque 3. Dans certains cristaux

ou observe une attraction de l’axe , et dans d’autres une répulsion. C’est une découverte de M. Biot ( 1 ).

D’où que proviennent ces forces , une telle variété ne peut étonner dans une théorie qui suppose que l’attraction et la répulsion naissent ensemble et peuvent se surpasser mutuellement

$. go. A la suite de ces remarques, je vais présenter une conception, à laquelle il me paroît que l’on pourra s’attacher dans l’application de la théorie aux phénomènes de la double réfraction.

( 1 ) Traité de physique , T. 4, p. 33o et 35o.

Lorsqu’on envisage un rhomboïde de chaux carbonatée d’une grandeur sensible , tel que sont ceux que nous pouvons soumettre aux expériences , la répulsion de l’axe est une loi reconnue et bien constatée.

Les rhomboïdes élémentaires sont semblables au grand rhomboïde composé ; c’est h» forme primitive de ce cristal (1). Ils sont tous semblablement placés, soit entr’eux , soit par rapport au grand rhomboïde dont ils sont les élémens.

Comme toutes les forces qui agissent sur la lumière ne s’exercent qu’à de très-petites distances; celle qui , dans les observations,. semble émaner de l’axe général , n’émane sans doute que de l’axe particulier d’un seul rhomboïde élémentaire.

D’après ces considérations , il paroît que la

loi , appliquée aux élémens du cristal , aura

deux expressions. On pourra dire , que la mo- *

"lécule de lumière , qui fait partie du rayon extraordinaire, est repoussée par l’axe du rhomboïde ; ou que la molécule est repoussée (on attirée) par quelques parties solides du rhomboïde , tellement que la résultante de ces forces se dirige dans le sens opposé à l’axe.

( 1 ) Haüï , Tableau comparatif etc. , p. îai.

322 2.' 1 TRAITÉ. QUELQUES NOUVELLES $. gt. La première expression , la repulsion de l’axe , est la plus commode en exposant les phénomènes sensibles ; mais lorsque l’on envisage un rhomboïde élémentaire-, on sera disposé à préférer l’expression qui ne parle de l’axe que comme d’une ligne imaginaire. Il s’exerce donc dans l’intérieur de ce rhomboïde des forces, dont la résultante esuune répulsion de l’axe. Les parties solides, auxquelles ces forces sont dues , semblent devoir être principalement les angles solides. Supposons que les deux grands angles solides, auxquels aboutit l’axe, exercent des forces répulsives égales sur une molécule lumineuse; celte molécule paroîtra repoussée par l’axe. Sans entrer dans un détail de l’action de toutes les parties solides , détail dont je ne suis pas en état de me rendre compte , j’attribuerai la répulsion il ces deux grands angles solides. Et comme, dans nos principes, cette répulsion provient d’une attraction ($. 10), quand des molécules de lumière présenteront de face leurs disques à ces angles, j’en conclurai qu’elles seront repoussées ; et quand elles leur présenteront ces mêmes disques par la tranche , j’en conclurai qu’elles ne seront pas repoussées.

Il faut remarquer que ces répulsions simul-

lances, produites par des attractions égalés à la fois de part et d’autre , sont improbables , même impossibles ; car une même molécule ne peut pas tourner sa poupe de deux côtés à la fois ; mais aussi l’absolue simultanéité ici n’est pas requise. Au contraire , il est trèsnaturel de croire que les diverses forces , qui émanent des parties solides d’un rhomboïde élémentaire, agissent successivement; mais à de si courts intervalles , qu’il n’en résulte qu’une seule direction sensible , parce qu’à chaque nouvel élément du cristal que traverse la molécule lumineuse, elle éprouve les mêmes déviations , décrivant ainsi une espèce de courbe serpentine ou hélicoïdale.

ÿ. Q2. La différence des deux conceptions (îa répulsion de l’axe et celle des deux grands angles solides) a une grande influence sur l'explication des phénomènes. Car lorsqu’un disque est perpendiculaire sur l’axe , if est vu de ces angles en face ; le disque tourne son plan, vers le sommet de ces angles. Et réciproquement , lorsqu’il est parallèle à l’axe, il est vu de ces angles de profil; il leur présente la tranche ; le plan du disque prolongé passe par le sommet de ces angles. De sorte que, si nous rapportons à l’axe la situation de nos disques,

5a4 3 / TRAITÉ. QUELQUES NOUVELLES nous aurons le plus souvent des résultats exactement inverses de ceux que nous aurons en la rapportant aux angles.

Nous parlerons donc de la répulsion comme partant des deux grands angles solides, qui sont aux deux extrémités de l’axe ; et pour abréger, nous nommerons ces deux angles collectivement les angles axais .

$. g3. En transportant la répulsion à ces deux angles , il n’y a , je crois , aucun phénomène qui ne s’explique aussi bien qu’en l’attribuant à l’axe même. Le cas suivant me servira d’exemple, et jusqu’à un certain point de preuve.

Si un rayon lumineux tombe sur un cristal selon une direction parallèle à l’axe de ce cristal ; on sait qu’il ne se manifeste aucune réfraction extraordinaire.

En effet, une molécule de ce rayon éprouvant d’abord l’action de l’un des angles axais , est rejetée Vers l’autre ; et décrit ainsi une ligne serpentine ou hélicoïdale, dont l’axe est l’axe même du cristal. La vitesse de cette molécule ne reçoit d’ailleurs ni augmentation ni diminution permanente , parce qu’elle est alternativement accrue et diminuée de quantités égales , qui se compensent mutuellement.

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