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CHAPITRE VIII

Des accès, et du mouvement oscillatoire

» que tous les phénomènes qui dépendent des » accès de facile transmission et de facile ré- » flexion pourroient se représenler avec la » fidélité la plus parfaite , en attribuant aux w molécules lumineuses deux pôles , l’un at- » tractif, l’autre répulsif, qu’elles présenle- » roient alternativement aux surfaces des corps » en tournant d’un mouvement uniforme au- » tour de leur centre de gravité. Les molécules » lumineuses et les surfaces des corps seroient )> alors dans le cas de deux aimans , qui s’ap- » procheroient l’un de l’autre par leurs pôles » amis ou ennemis. Quand la molécule lumi- )) neuse , parvenue à une petite distance de « la surface , présenteroit son pôle ami , )> l’attraction qui en résulteroit , s’ajoutant à

de l’axe de polarisation.

l’opinion de Biot ( 1 ) ,

(i) Phys., T. 4 , pag. 245. — Yoy. aussi Ne/rr. Opt. Qu. 26 et 29.

APPLICATIONS. LIV. II. 35g

» sa vitesse propre , augmenteroit sa tendance » à la transmission , sans la rendre toutefois w inévitable , si la force réfléchissante étoit « assez vive pour vaincre ces forces réunies. » Quand, au contraire , la molécule se présen- » teroit à la surface réfléchissante par son » pôle ennemi , la répulsion qui en résulteroit 3) afloihliroit d’autant la tendance à s’introduire )) que lui donne la direction de sa vitesse et elle )) en deviendroit plus propre à être réfléchie. » Dans celte manière de voir, l’intervalle des » accès ne seroit autre chose que le temps 3) écoulé entre deux retours consécutifs des )> molécules lumineuses à une même phase de 3) leur rotation ; et les longueurs des accès 3> seroient les espaces décrits par la molécule 3) entre les époques de deux phases corres- 3) pondantes ».

§. il 5. Cette importante généralisation facilite notre travail , ou plutôt rend toute explication inutile.

$. 116 . Biot continue : « Puis donc que, » d’après l’expérience , les longueurs des accès 3) sous l’incidence perpendiculaire , sont réci- 3) proquement proportionnelles aux rapports 3> de réfraction des diverses substances , et par )> conséquent aux vitesses de la lumière dans

346 2.* TRAITÉ. QUELQUES NOUVELLES » ces substances là; il faudra que les temps » absolus des rotations de chaque molécule » soient réciproques aux carrés des vitesses , » étant d’autant plus rapides que les milieux » traversés par la lumière seront plus rëfrin- 3 >v gens ».

$. 117. Je n’entreprends pas d’expliquer celte loi ; parce que je ne me sens pas en état de suivre , d’une manière exacte, les mouvemens de la molécule lumineuse soumise à l’influence de plusieurs forces, qui se combinent ou se succèdent avec rapidité. J’ai d’ailleurs fait , par cette raison même , abstraction des mouvemens rotatoires sur deux axes et me suis borné à considérer une rotation sur un seul axe (§. 35 ). Il se peut que ce soit précisément dans ces élémcns négligés que se trouve la solution du problème , qui s’offre à nous en ce moment. Je ne laisserai pas toutefois d’indiquer quelques sources d’explication.

$. 118. Nous avons vu que la réfraction s’opère en rangeant les molécules lumineuses dans le plan d’incidence , de manière que leur axe de rotation soit perpendiculaire à ce plan (§. 69. Rem.). Mais, dans le nombre des molécules ainsi disposées , il doit s’en trouver plusieurs tellement exposées à l’influence du

courant attractif, au moment de leur entre'e , que leur rotation soit convertie en oscillation. Si cette supposition est admise , on remarquera : l.° Que chaque oscillation offre une époque de facile transmission et une époque de facile réflexion , à peu près comme faisoit la rotation entière ; a." Que ces oscillations donnent plus aisément prise à la réflexion , que ne faisoit la rotation; 5.® Que ces oscillaiious seront d’autant plus courtes et plus rapides, que la force sera plus grande.

Or , l’effet de l’accourcissement des oscillations est de disposer la poupe d’une manière plus favorable à la réflexion, ou de faire croître la force répulsive. Il faudroit donc comparer l’effet de cette augmentation de répulsion avec celui de l’attraction accrue. La première étant comme le sinus, et la seconde comme le cube du cosinus d’un même angle ($. 3a) ; il semble bien que cet angle croissant doit donner beaucoup d’avantage à la répulsion , ou , en d’autres termes , que la réflexion doit être hâtée , comme on l’observe.

§. ng. 11 faut peut-être considérer en même temps l’effet que peut avoir , sur le phénomène des accès, le mode d’accélération de la lumière réfractée.

Celle accélération ne produit pas une vitesse constante , mais constamment renouvelée ($• 4g) ; c’est-à-dire , que la molécule qui traverse un milieu matériel est lour-à-tour retardée et accélérée (§. 45). II résulte, de cette succession de ralentissemens et d’accélérations, une disposition à être réfléchie ou transmise.' Celte disposition seule seroit sans effet ; mais jointe à la rotation des molécules puppiformes, elle doit produire les phénomènes des accès.

Ainsi, dans le vide, il n’y a qu’une cause d’accès (la rotation); dans le milieu matériel, il y a deux causes combinées. Si une particule a sa poupe dirigée de manière à lui imprimer une vitesse rétrograde ; elle sera disposée à la réflexion : elle sera au contraire disposée à la transmission, lorsque sa poupe se dirigera de manière à accélérer le centre de gravité.

Il faut joindre à cette remarque une considération d’une autre nature , qui pourroit influer sur le phénomène dont nous nous occupons. Dans un milieu plus réfringent , il y a probablement un plus grand rapprochement de ces particules, dont les attractions successives 'retardent et accélèrent successivement la molécule lumineuse.

§. 120 . Du reste, j’abandonne ce sujet, ainsi

Dit

que la loi de variation des accès par le changement d’incidence ; loi remarquable , mais complique'e , et dont je ne me flatte pas de démêler les causes.

$. 121. Sur les oscillations de l’axe de polarisation , je me borne à rappeler ce que j’ai dit toutà -l’iieure ($. lit, 112). Dans les cas où les oscillations se manifestent , la rotation est peut-être interrompue. Il reste à examiner cependant si une seule rotation , entièrement exécutée , n’auroit pas le même effet que la simple oscillation.

122. 11 est à remarquer que, conformément à ce qu’indique la théorie que j’expose, les molécules les plus réfrangibles ont des oscillations plus rapides (§§. X12, 84 ).

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