DE G. L. DE SAGE. DIV. I
cloignée ; ils y seront donc d’amant plus serre's que celle-là sera moins étendue que celle-ci. Or, les surfaces des sphères sont entr’elles comme les carrés de leurs diamètres , ou de leurs demi-diamètres, qui sont ici les distances de ces surfaces à la particule. Donc les densités de ces corpuscules ultramondains, à diverses distances de la particule , suivent la
raison inverse du carré de ces distances. Donc
enfin leurs impulsions efficaces, pour entraîner avec eux vers cette particule les corps qu’ils rencontrent sur leur passage, suivent la raison inverse du carré des distances de ces corps à cette particule.
§. 7. Celte dernière conse’quence est la seule proposition de laquelle Newton a déduit les lois de Keppler, tous les phénomènes célestes qui se renouvellent (1), et les marées. Les lois de la chute des corps sublunaires ne sont
( 1 ) Quant aux phénomènes qui peuvent se continuer en vertu de la seule inertie , sans avoir besoin de nouvelles impressions , il faut les rapporter immédiatement à un mouvement imprimé, une fois pour toutes, par la cause première. Telles sont la grosseur et la densité des planètes, leurs distances au soleil, la direction et l’excentricité de leurs orbites, la direction et la vitesse de leurs rotations, etc. ...
lO 1 TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE cju'iin petit corollaire de cette proposition (1).
Il seroit inutile de retracer ici les conséquences de ce grand principe, puisque je ne pourrois différer que par quelques expressions 'des nombreux auteurs qui les ont déduites.
J’appellerois , par exemple , imperméabilité , interception , impulsion et approche , ce qu’ils appellent force attractive, attraction , sollicitation et gravitation. Et je parlerois de particules imperméables et de polygones , au lieu de points attractifs et de courbes.
Il régnerait assez de régularité dans les conséquences déduites de cette théorie, nonseulement pour satisfaire à la re'gularité apparente qui tient à l'imperfection de nos organes , mais même pour satisfaire à une régularité beaucoup plus grande encore , s’il étoil nécessaire , c’est-à-dire , si nous avions quelque certitude qu’il en règne effectivement une plus grande. On y trouveroit autant de précision , par exemple , que dans l’optique , où l’on rai-
(i) Ces lois se réduisent essentiellement à la direction des graTes (déterminée par la loi des distances. Newton, Prine . , lib. 1 , prop. J\), et au théorème de Gaulée, qui, dans des distances sensiblement égales, est la conséquence de l’égalité des chocs du fluide gravifique. ( Voyez l’article 7 .)
DE G. L. LE SAGE. LIV. I. Il,
sonne sur des lignes physiques , comme si c’e’toient des lignes mathématiques.
Ayant ainsi expliqué , par les corpuscules uhramondains , la loi de l’attraction neutonienne qui est relative aux distances , il est temps de passer à celle qui est relative aux masses. Mais ceci exige que nous nous arrêtions un instant à considérer la constitution des graves.
De la constitution des graves .
$. 8. Plusieurs faits attestent la grande porosité des corps. Il faut de plus concevoir ces pores tellement construits , qu’ils permettent aux corpuscules uhramondains un passage facile ; en sorte qu’ils soient tous fort perméables à ces corpuscules.
On doit donc concevoir les ële'mens rangés de manière à laisser entr’eux des interstices fort grands , par rapport au diamètre de ces élémens.
Et de plus, on doit concevoir ces élémens eux-mêmes comme très-perméables; comme étant des espèces de cages , composées de barreaux d’un très -petit diamètre , par rapport à leur mutuelle distance.
13 l. w TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE
De ces conceptions il résultera , que les grands corps (le globe terrestre, par exemple) n’arrêteront ou n’intercepteront qu’une trèspetite partie des courans de corpuscules qui se présenteront pour les traverser.
AKTICIiE 6.
Explication de la loi des masses.
g. II suit de cette constitution des graves, que le nombre des corpuscules , qui arrivent aux premières et aux dernières couches d’un corps , est sensiblement le meme , malgré la grosseur de ce corps; et par conséquent, que les interceptions sont proportionnelles à la quantité de matière; en d’autres termes, que la pesanteur est proportionnelle aux masses.
10. Du reste, je conviens que, d’après ce système , celle loi ne doit pas être rigoureuse ; mais aussi rien ne prouve qu’elle l’est. Les observations les plus exactes ne l’ont démontrée qu’à i:/0£>o m ” près (1) dans le voisinage de la terre, et peut-être à i’,ioooo m ° près dans les corps célestes. On peut dire que les atomes passent sans doute très - librement à
(i) JSeivtoni , Princip., lib. S, prop. 6.
DE G. Ir. DE SAGE. X,rV. X. l5
travers tous les corps pesans ; aussi librement, par exemple, que la lumière passe à travers» le diamant $• et la matière magnétique à travers l’or ; quoique l’un de ces corps soit le plus dur , et l’autre le plus pesant de tous les corps connus ( ce qui prouve qu’ils ont moins de pores que la plupart de ces corps); de sorte que le nombre de ceux qui sont intercepte's par les premières couches d’un grave, est absolument insensible relativement au nombre de ceux qui parviennent aux dernières couches (i) : et que ces premiers ont cependant la force de produire une action sensible sur les premières couches de ce grave, parce qu’ils obtiennent, au moyen d’une vi-
(1) Quelque considérable que soit le nombre n des couches horizontales, qu’on jugera à propos de concevoir dans un grave dont la densité est uniforme ; à chacune desquelles cependant le nombre (et par conséquent l’effet ) des atomes gravifiques est réduit selon le rapport du volume entier de la couche précédente à la somme des passages dont elle est percée; et quelque «pprochans que soient de l’égalité les nombres a et b , qui expriment le rapport qu’on présume avoir lieu entre le poids de la couche la plus haute de ce grave , et le poids de la plus haute couche d’un grave placé au-dessous de ce premier (ces deux couches étant supposées égales en volume et en den-
l 4 1." TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE tesse immense , la vigueur qu’ils ne peuvent pas tenir de leur masse.
Accélération des graves.
Ç. 11. La loi d’accèléraiion des graves s’ex- ' plique aussi dans ce système avec tout le degré d’exactitude que les phénomènes exigent.
Il faut se rappeler que les corpuscules ultramondains ont tous la même vitesse ; que cette vitesse est très-grande par rapport à toutes les vitesses connues et observées ; que chaque corpuscule .est d’une petitesse extreme par rapport aux moiudres particules dont les grands corps sont compose’s , et à plus forte raison par rapport aux moindres aggrégals de ces particules.
sité); on pourra cependant toujours exprimer, en
nombres finis, le rapport du volume entier au vide
qui en fait partie: car ce sera celui de y a à y b ;
et l’on obtiendra un tel rapport au moyen de plusieurs
sortes de tissus : par exemple , au moyen de celui que
Newton indique dans son Optique, livre II , partie 111,
Drop 8 ; le nombre des ordres de porcs étant 1 excès
du logarithme de J A sur celui de y a moins yo,
divisé par le logarithme de deux-
DE G. Ii. DE SAGE. LIV. I.
Cela étant , lorsqu’un corpuscule a atteint une particule qui fait partie d’un corps, il ne peut lui imprimer qu’une vitesse extrêmement petite (à très -peu près réciproque de leurs masses). Donc le second corpuscule du même filet venant à atteindre la même particule, lui imprimera un cltoc sensiblement égal au premier; et il en sera de même des suivans. Donc enfin les chocs successifs sont égaux. Or, cela suffit pour expliquer pleinement la loi de l’accélération des graves.
$. 12. II est vrai que cette loi dans ce système n’est pas rigoureuse ; mais elle peut approcher de l’être autant que les phénomènes observés l’exigent ; car il ne faut pour cela qu’une rapidité suffisante dans les corpuscules jointe à la petitesse requise : deux conditions qui ne peuvent être déterminées que par les phénomènes mêmes.
Les chapitres suivans fourniront une exposition plus détaillée des principaux points de ce même système.
l6 1." TRAITÉ. PHYSIQUE MÉCANIQUE