REMARQUES
La pièce se trouve dans le ms. C, au fo 383. Une partie est publiée dans Raynouard, Ch. V, 64 et reproduite dans Mahn, Werke der Troubadours, nr, 369.
Nous n’avons rien pu découvrir sur l’auteur de ce sirventes énergique et d’assez belle facture. Le nom qui s’en rapproche le plus est celui de Bernardi de Albainhana, in Blanc, J. Olivier, 11, p. 333. On trouve dans le même volume, p. 789, un Raimundus Alanhant ou de Alanhano ciuis narbonensis. Tous ces personnages sont du xt siècle. Un Germain d’Alanh, archiprêtre de Narbonne, commissaire épiscopal pendant l’Inquisition, et dont le nom apparaît souvent dans Douais, Doc. p. servir à l'histoire de l’Inquisition dans le Languedoc, porte un nom pareil: Alanhani, c'est-à-dire sans doute originaire d’Alaigne, {Alanhanum/ dans l’Aude, arr. de Limoux.
M. Appel a remarqué que le rythme de cette pièce est emprunté à Guillem Adémar, Gr. 8, troubadour qui vivait au début du xx siècle. (Cf. Maus, n° 697). L’imitation des rimes n’est pas moins évidente que l’imitation du
mot mètre : cays, Adémar, str. 1, Alanhan, str. D; Trigua, Ad. Str. 2, AL. str. 2 et 3; manhta, Ad. str. 2, Al. str. 5 : plays, Ad. str. 2, Al. str. 9 ; Mays, Ad. st. 2, Al. str. 5: s’avantü, Ad. str. &, Al. str. 1; irays, Ad. et AI. Sir. 4; frays, Ad. Sir. 5, Al. str. 6: bays, Ad. str, 5. A]. Sir. 6; anta, Ad. Sir. 7, Al. str.1 > VErAYS, Ad. str. 8, AL. str. 1.
Mais il faut remarquer aussi que l’imitation semble avoir été amenée par ce fait que la poésie de Guillem Adémar a été composée Pour un vicomte de Narbonne (sans doute Aimeric II), comme le prouve la tornade. C'était une poésie connue à Narbonne, Puisque, parmi tant de modèles qui s’offraient à lui, c’est elle que Bernard Alanhan a imitée. (Le troubadour Raimon de Castelnou, Ur. 4, a imité lui aussi Guillem Adémar, mais il se sert dans toute Ja Strophe du vers de 7 syllabes),
V. 3. Gayssar est encore usité dans le sens de pousser en parlant de plantes, mais le mot est vieilli.
V. 13. Triga métathèse P. tigra. Sur les mœurs de la tigresse, voici ce que dit un bestiaire provençal : « De la trida. Can la trida a sos cadels, e‘ls cassadors la Casson, que’ volon emblar sos tridos, els meton miralh per aqui que els van e prendo sos tridos. E cant la trida à per-
4 dutz sos cadels, ela torna forssenada e sec per esclau 108 cassadors e troba los miralhs e mira se, et a tal gaug, | Can Se Ve, que tota sa dolor perl, et aisi s’oblida de sos : tridos ». Appel, Prop. Chrest. 1° édit. p. 202.
: V. 24, « NO'YS — noie S; ais qui se trouve traité dans A Diez, Et. W. I sous ansia — aisse, asse, ais, ause, chez | Mistral, » (Appel). | |
V. 25. Guarriga est aujourd’hui une colline plantée de Chênes verts, les seuls dont les feuilles soient piquantes. | V. 26. Faissar ne s'emploie aujourd’hui que dans le sens suivant : emmailloter. | V. 29. Fes — fetz, 2e pers. plur. parf. de l'indicatif.