‹ Deux versions de la vie de saint Eustache en vers français du Moyen Âge. Édition critiqueChapitre 30 sur 34 · CXIX-1002 et les f. —. CXX-1008 de manque · texte numérisé non relu

CXIX-1002 et les f. —. CXX-1008 de manque

220 Holger Petersen (172)

En luy disant: «Mon amy, comme Endures tu de mal tel somme? [Fol. 30 1°] 1030 Las, obeys a l’empereur!»

CXXIV Adonc luy furent amenez Ses enfans bien morigenez 1033 Et sa loyalle preude femme A qui l’empereur dict: «Venez, Et se vous ne le retournez, 1036 Morir vous feray en diffame.

CXXV Dictes luy qu’il aoure noz dieux, Et il luy en sera de mieulx, 1939 À luy et a vous, par ma foy, Ou, par tous ceulx qui sont aux cieulx, Je vous feray devant mes yeulx ivi2 Tous morir, sans plus de delay.»

CXXVI La bonne dame respondit Et vertueusement luy dict, 1014: En le regardant face a face:

»sFaulx tirant, empereur mauldict, [Fol, 31 r] Voeulz tu que son Dieu benedict to4s Maintenant renier luy face?

CXXVII Celluy sans qui on ne peult riens, Celluy dont nous viennent les biens, 105: Le vray Dieu qui morut pour nous, Aveucque luy de sa loy tiens, Et ses deux enfans, qui sont miens, i:: Car nous sommes christiens tous.»

CX2AVIII Les enfans luy dirent aussy Qu’ilz ne demandoient pas mercy

1n:7 De ses menaces et tourmens,

Et que promiz eurent aussy

Servir Jesus sans quelque fy

uso Et faire ses commandemens.

CXXIX Lors l’empereur se va lever Et cuida de rage crever, is Tirant sa barbe et ses cheveulx. [Fol, 31 v°|

Fa

(173) Deux Vies de saint Eustache

En escumant ainsy qu’ung ver, Criant: «Seigneurs, il fault trouver 10686 Quelque grand martire pour eulx!»

CXXX Et. en poursuivant cest affaire Il fist ung grand boeuf d’arain faire 1069 Et au tour grand feu alumer, Puys tous quatre, pour les deffaire, Comme la legende refere, 1072 Les fist lyer et enfermer,

CXXXI Cuydant que la chaleur horrible De l’arain leur fut impossible 1075 D’endurer sans morir soudain.

Mais Dieu, le victeur invincible, Leur fist ceste douleur paisible 1078 Et fut leur secours et gardain.

CXXXII Lors commença a parler Li bon sainct plain de science, [Fol. 32 r°| Pour sa femme consoler Et ses enfans recoler 1083 Qu'’ilz prinssent en pacience, Et. après Qu’ilz auroient eu victoire, En sa gloire 1087 Dieu les mettroit de luy près.

CXXXIIT «J’ay, dict il, ouy sa voix, Et treuve bien a ceste heure Ce qu’il me dict une fois, Quand le cerf chassay au bois 1092 Et fist sur ung roch demeure, Croyez tous, Et que le tresnoble sire Voulut dire, 1096 Maintenant le trouvons nous.»

CXXXIV Adonc mercierent Dieu, Et ne leur estoit pas paine: [Fol. 32 v | Ce ne leur sembloit que jeu D’estre en sy merveilleux licu,

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